Novembre 13, 2021
Par Rennes Info
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Appel Ă  manifester pour le droit au logement et la protection des terres en Bretagne

La RĂ©gion Bretagne affiche son ambition d’accueillir 400 000 nouveaux habitants d’ici 2040. La mĂ©tropole de Nantes et le dĂ©partement de Loire-Atlantique sont dans la mĂȘme logique d’attractivitĂ© forte et donc de pression immobiliĂšre forte. De plus, l’envolĂ©e des prix de l’immobilier constatĂ©e avec la crise du COVID accentuera encore les difficultĂ©s d’accĂšs au logement, notamment pour les plus jeunes et les plus modestes et accentuera donc les inĂ©galitĂ©s sociales. Autres effets secondaires, ceux de l’accĂšs aux services publics, Ă  l’éducation, Ă  la santĂ©, aux transports, Ă  la culture, Ă  la mobilitĂ©…

Il sera donc de plus en plus difficile de se loger en Bretagne. Le mal-logement en lui-mĂȘme n’est pas nouveau, mais la hausse des prix et la pĂ©nurie de biens en location et Ă  l’achat s’aggravent et s’étendent. En plus d’ĂȘtre un dĂ©sastre social, l’envolĂ©e des prix de l’immobilier aggrave la crise Ă©cologique, en forçant les actifs Ă  s’installer plus loin de leur lieu de travail, et en poussant Ă  la destruction de nouvelles terres agricoles pour produire des logements. Il nous faut affronter le problĂšme globalement et nous donner la force localement, ici, en Bretagne, de rĂ©pondre Ă  cette problĂ©matique.

Nous ne percevons pas de volonté politique des institutions locales, notamment de la Région Bretagne, pour faire face à ces défis et nous les interpellons à travers notre mobilisation sur ce sujet qui concerne tous les bretons et toutes les bretonnes.

On ne peut pas apprĂ©cier de la mĂȘme façon la demande rĂ©sultant de l’installation de nouveaux arrivants et la demande en rĂ©sidences secondaires ou en placements financiers. Des centaines de milliers de logements sont vides pendant la majeure partie de l’annĂ©e en Bretagne, ou gelĂ©s pour des locations touristiques.

En pĂ©riode de pĂ©nurie installĂ©e, nous affirmons avec force que le droit Ă  un logement est un droit fondamental, qui doit primer sur la rĂ©sidence secondaire ou la location touristique. LĂ  est le seul chemin pour concilier l’urgence sociale et l’urgence Ă©cologique, pour loger correctement une population croissante sans dĂ©truire nos terres agricoles et naturelles, pour accueillir les personnes d’oĂč qu’elles viennent sans discrimination d’origine.

Les 20 et 21 novembre prochains, nous proposons un week-end de mobilisations ouvert Ă  toutes et Ă  tous, pour le droit au logement et la protection des terres en Bretagne, sous les revendications suivantes :

  • IntĂ©grer la RĂ©gion Bretagne dans la Zone dite Tendue et permettre ainsi aux communes de la RĂ©gion Bretagne qui sont exclues de ce dispositif de surtaxer les rĂ©sidences secondaires jusqu’à 60%. Les Ă©lu·e·s locaux doivent prendre position puis se mobiliser pour obtenir ces outils, et les utiliser.
  • Le prĂ©lĂšvement de la Taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) partout oĂč ce n’est pas encore fait Ă  l’échelle intercommunale comme la loi le permet dĂ©jĂ  et l’affectation du produit Ă  des services d’hygiĂšne et de sĂ©curitĂ©, dotĂ©s de moyens pour contrĂŽler la salubritĂ© des logements mis en location. La RĂ©gion Bretagne doit accompagner les collectivitĂ©s locales intercommunales sur ce chantier qui palliera les faiblesses de l’ARS (Agence RĂ©gionale de SantĂ©) incapable, faute de moyens de l’État, de remplir sa mission de service public pour faire constater l’insalubritĂ© de nombreux biens mis Ă  la location.
  • Une rĂ©gulation forte de la location touristique et en particulier du systĂšme des plates-formes de location pour particuliers, au-delĂ  des possibilitĂ©s dĂ©jĂ  existantes, en rĂ©servant par exemple ce type de location Ă  la seule rĂ©sidence principale du loueur.
  • Un statut de rĂ©sident rĂ©servant l’achat de logements ou de terrains aux personnes habitant le territoire depuis un certain temps, Ă  l’échelle des pays, lĂ  oĂč les rĂ©sidences secondaires en excĂšs posent de graves problĂšmes. Ce statut, sans aucune discrimination d’origine et sur la seule base de la rĂ©sidence, permettra de faire baisser les prix et de rendre progressivement des pans entiers du territoires Ă  de vĂ©ritables habitant·e·s.
  • L’impossibilitĂ© du vote des rĂ©sidents secondaires, qui peuvent reprĂ©senter un poids Ă©lectoral disproportionnĂ© dans les communes littorales.
  • Un observatoire public du logement en Bretagne capable de fournir et d’actualiser les donnĂ©es fondamentales sur le logement : prix Ă  l’achat et en location, part des rĂ©sidences secondaires et logements vacants dans l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, part des locations touristiques, vĂ©rifications de la lĂ©galitĂ© des annonces

  • L’utilisation du droit de prĂ©emption et d’expropriation en urgence pour garantir le droit au logement, lĂ  oĂč des personnes sans abri ou mal logĂ©es cĂŽtoient des logements vides et oĂč aucune autre solution satisfaisante n’existe ; le renforcement des capacitĂ©s d’action financiĂšre de l’Établissement Public Foncier RĂ©gional qui aide les communes Ă  prĂ©empter et acheter les friches et bĂątiments mis en vente.
  • L’accueil digne et humain des personnes migrantes arrivant en Bretagne, d’oĂč qu’elles viennent, avec l’obligation effective pour les prĂ©fectures de garantir leur droit au logement.
  • Le calcul des minimas de logements sociaux sur l’ensemble des logements des communes, et non les seules rĂ©sidences principales (Ă  l’heure actuelle plus une commune compte de rĂ©sidences secondaires, moins elle doit fournir de logements sociaux).
  • La transparence sur l’impact Ă©cologique d’un tourisme de masse sur la qualitĂ© l’eau et les capacitĂ©s actuelles de traitement, notamment sur le littoral.
  • La facilitation de l’habitat lĂ©ger pour celles et ceux qui font ce choix, moins coĂ»teux, Ă©cologique et plus facilement rĂ©versible que l’habitat en dur.
  • L’application des droits des gens du voyage.
  • L’inscription dans les documents d’urbanisme et de planification de la fin du bĂ©tonnage pour 2030 a plus tard, l’interdiction immĂ©diate d’ouvrir de nouvelles zones Ă  l’urbanisation dans les communes comptant plus de 10 % de logements vacants ou de rĂ©sidences secondaires, et dans les territoires les plus urbanisĂ©s.

Pour défendre le droit au logement et les terres de Bretagne,

soyons nombreuses et nombreux Ă  nous rejoindre

les 20 et 21 novembre !

dans les villes et communes oĂč des rassemblement auront lieu !

Premiers signataires de l’appel : Dispac’h, UDB Union DĂ©mocratique Bretonne, Douar ha Frankiz, Droit Ă  la ville Douarnenez, Collectif Ressac Groix, Agir pour Belle-Ile en Mer, Insulaires Solidaires, CNT interpro Brest, Union des Ă©tudiants bretons USB, DAL 44, UCL Rennes, War-Sav (p)OGI, UDB jeunes, PENECAM en commun, Enez ar Gerveur o stourm, ALCHI, NPA Kreiz Breizh…





Source: Rennes-info.org