Janvier 14, 2022
Par Union Syndicale Solidaires
221 visites


Le gouvernement met en place un revenu d’engagement jeunes. En subordonnant l’obtention d’une indemnitĂ© trĂšs en deçà du seuil de pauvretĂ© contre l’acceptation d’un emploi, le gouvernement esquive une nouvelle fois la mise en place d’un RSA pour les moins de 25 ans ainsi qu’un vĂ©ritable salaire Ă©tudiant. Ces revendications seront au coeur des mobilisations sociales Ă  venir pour nos salaires, pensions et minimas sociaux, notamment le 27 janvier prochain


OpposĂ© Ă  l’attribution du Revenu de SolidaritĂ© Active (RSA) aux jeunes de moins de 25 ans au motif de totale mauvaise foi que celui-ci n’inciterait pas assez Ă  vouloir trouver du travail, le gouvernement ne cesse de multiplier les dispositifs pour, selon sa formule, « rapprocher de l’emploi Â» ceux qu’il considĂšre comme les plus mĂ©ritantes.

A la garantie jeunes, censĂ©e aider financiĂšrement pendant un an les jeunes Ă  dĂ©crocher un emploi mais qui n’a visiblement pas atteint son but, succĂšde maintenant un « contrat d’engagement jeunes Â» qui n’est certainement pas un revenu comme l’a rappelĂ© la SecrĂ©taire d’Etat chargĂ©e du dossier, mais un contrat liant le « jeune Â» Ă©loignĂ© de l’emploi Ă  l’Etat pour lui permettre d’en trouver un, avec pour objet de lui assurer une formation de 15h Ă  20h par mois moyennant une indemnitĂ© de 500 euros.

Contrairement Ă  la prĂ©sentation qu’en avait faite Elisabeth Borne qui avait hĂątivement Ă©voquĂ© un « revenu universel Â» pour plus d’un million de jeunes, ce contrat ne concernera tout au plus que la moitiĂ©. Il s’agit donc de faire croire qu’on agit contre le chĂŽmage tout en limitant fortement la dĂ©pense et en liant l’indemnitĂ© Ă  l’obtention d’un emploi sous un an. Le contrat ne cible que les personnes trĂšs Ă©loignĂ©es de l’emploi et de la formation : les autres, comme les jeunes en emploi trĂšs peu payĂ©s, les jeunes en recherche d’emploi mais qui n’ont pas besoin d’accompagnement et les Ă©tudiant-es obligĂ©-es pour beaucoup de financer leurs Ă©tudes en occupant des emplois prĂ©caires et dĂ©classĂ©s ne sont pas concernĂ©-es.

Alors qu’ils et elles avaient Ă©tĂ© reconnu-es comme les premier-es Ă  subir la crise sanitaire et basculer dans la grande pauvretĂ©.

En subordonnant l’obtention d’une indemnitĂ© trĂšs en deçà du seuil de pauvretĂ© contre l’acceptation d’un emploi, ce gouvernement entend en rĂ©alitĂ© satisfaire uniquement le patronat et les capitalistes. Ce contrat d’engagement en rappelle d’ailleurs un autre dit « rĂ©publicain Â» ou, lĂ  aussi, il s’agit de subordonner une aide publique contre l’assurance qu’une association qui dĂ©plait ne trouble pas « l’ordre public Â». Au final ce sont de mĂȘmes procĂ©dĂ©s autoritaires. A contrario de ces mesures antisociales qui seront sans doute vite remplacĂ©es par d’autres car ne rĂ©pondant pas aux enjeux sociaux, l’attribution d’un RSA aux moins de 25 ans et la mise en place d’un vĂ©ritable salaire Ă©tudiant pourraient certainement empĂȘcher la misĂšre de progresser de maniĂšre alarmante.



C’est une exigence de justice sociale et de plus juste rĂ©partition des richesses pour permettre de vivre dignement et intĂ©grer sereinement le monde du travail. Elles sont donc au coeur des mobilisations sociales Ă  venir pour nos salaires, pensions et minimas sociaux, notamment le 27 janvier prochain.

Documents à télécharger

Article publié le 14 janvier 2022




Source: Solidaires.org