Ces dernières semaines, c’était pour celleux d’entre nous qui sont impliquées dans les cultures le moment des récoltes. Arrachage manuel du champ collectif de haricots puis mise en tas dans le hangar des vaches, pas loin des gerbes de lin stocké au grenier depuis le mois d’août. Installation de la vieille batteuse à courroie dans la cour de Bellevue, pendant que des camarades installant la scène et les barnums pour la fête des récoltes. Pendant ce temps une camarades référente d’une culture de tournesol s’affaire à faire marcher le séchoir pour la récolte qui est trop humide et risque de pourrir, tandis que l’équipe sarrasin essaie de caler la venue de la moissoneuse batteuse, la grosse machine moderne cette fois entre deux averses. On a peur de la pluie, alors on couvre la batteuse avec un gros barnum en métal qui servira à rien parce que finalement il ne pleut pas. Battage des haricots et du lin, mais aussi d’un peu de soja et de pois chiches avec une chouette équipe pour filer un coup de main. Quand on a presque fini, le vieux tracteur qui tombe en panne, zut on devra finir demain, mais finalement on réussit à le réparer et à finir avant la nuit. Après on mange des burgers végétaliens avec des frites des patates de la ZAD préparées par des camarades d’une cantine venue d’un peu plus loin, et discussions, et danse, et il est tard. Et puis la galère de tout ranger sous la pluie le lendemain quand on est fatigué-e-s, et de faire sécher les haricots blancs trop humides – heureusement les marrons vont bien et c’est les plus nombreux. Finalement une semaine plus tard le tournesol est sauvé, et le sarrasin récolté, et on galère un peu à resemer des engrais verts et des prairies sur toutes les parcelles gérées collectivement. Pas mal de monde est occupé à essayer de construire la suite pour que quand on gagne contre l’aéroport, ces dynamiques puissent continuer. Grand sujet en ce moment qui occupe pas mal de monde, fait l’objet de pas mal d’enthousiasme mais aussi de conflits sur la façon d’y arriver, les priorités, les limites… Envie qu’il continue à y avoir de la place pour toutes les formes d’agricultures collectives non-marchandes ou plus classiques, pour les bois et les friches aussi, pour tou-te-s les habitant-e-s, occupant-e-s ou historiques, et pour tou-te-s celleux qui n’ont leur place nulle part dans ce monde.

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Haricots en cours de séchage

Source: http://zad.nadir.org/spip.php?article4801 -