La journée commence un peu plus tard qu’annoncé initialement. Le rendez vous à 5h30 au dépot de train SNCF a été annulé la veille. La CGT avait décidé (contrairement au 9 mars) de ne pas appeler au piquet de grève, et Sud Rail avait finalement annulé son appel.

Un autre rencard de rattrapage est fixé à 7h30. Petit tour en vélo de repérage en s’approchant, pas vraiment de flics apparents dans le coin. Au lieu de rdv, 3 flics sont à côté du métro, peut être d’autre ailleurs. Je continue mon tour et retrouve le groupe sur la voie de sortie de l’autoroute, sous l’hôtel de région. Une quarantaine de personnes sont présentes, avec fumigène, sono et banderole, et des tracts sont données aux personnes dans les voitures bloquées.

Assez rapidement la police débarque en nombre, quelques-uns se déploient sur un côté du groupe et ça sent un peu l’encerclement quand on voit leurs collègues restés sur le carrefour. On reste quand même sur la route. Au bout de quelques minutes, quelques voitures sont laissées passer pour qu’une ambulance derrière puisse passer. Le groupe est séparé en deux et les keufs commencent à repousser celles et ceux de l’autre côté de la route. Les matraques et boucliers s’agitent et on décampe assez vite, non sans quelques coups.

Le groupe remonte plusieurs dizaines de mètre du boulevard louis XIV par le trottoir puis on se relance sur la route, tandis que les flics suivent derrière. Juste avant d’arriver au parc jean baptiste Lebas, on tourne à droite dans une petite rue. On s’aperçoit assez vite que les flics veulent tenter de nous coincer au bout (ou tout court) en faisant le tour. Ca court, il y en a deux qui sont face à nous et gazent à bout portant, les autres arrivent depuis la gauche (sûrement la fameuse aile gauche du PS). La manif se disloque en plusieurs groupes, 2 personnes se font arrêtées et la sono est emmenée par les flics. Dans l’immédiat, on va se poser dans un square plus à l’abris des keufs, le temps de reprendre souffle et vision.
La sono sera rendu plus tard dans la journée, sur présentation au commissariat de la facture.
Les deux personnes arrêtées seront initialement accusée de violence sur agent puis relâchées dans l’après-midi (sans “suite” pour au moins l’une des deux, voir son témoignage ).

Passé quelques errances après avoir raté le rendez vous post-dispersion, on arrive au lycée Pasteur. 150 (estimation perso) lycéen-ne-s sont là tandis que les pompiers finissent d’éteindre les poubelles. Les keufs sont au coin de la rue. Après quelques discussions, ça semble rouler, on se dirige tranquillement vers l’Institut d’Etude Politique (IEP) où un blocage a lieu. Les lycéen-ne-s de Pasteur iront rejoindre le lycée Faidherbe par la suite.

A l’arrivée à l’IEP, les trois portes sont bloquées. Les flics sont au bout de la rue de Trévise en petit nombre (sans compter les RGs qui rodent). Il y a du monde devant chacune des portes, notamment devant la porte de garage, où le blocage est le plus compliqué à tenir, et du monde sur le trottoir d’en face.
Ca discute dans tous les sens et la question du maintien du blocage est dans l’air. Des profs de l’IEP viennent poluer les discussions régulièrement, emplie de leur sentiment d’autorité et de détenteur du savoir. Les profs tentent de négocier et proposent de banaliser les cours (si j’ai bien compris, une revendication portée par les étudiant-e-s depuis plusieurs semaines) de la journée contre une levée du blocage, en disant que ça a été vu avec l’administration. La crédibilité de leur parole est mise en doute (tu m’étonnes), et des étudiant-e-s demandent un papier signé ayant une valeur légale. Les profs finissent par rejoindre leur quelques soutiens sur le trottoir d’en fasse, soutiens qui sont pour une grande partie des étudiant-e-s de l’IEP voulant aller en cours…
La discussion reprend et dure un moment. Elle se terminera par un (ou plusieurs) votes où il sera finalement décidé de continuer le blocage (pas d’infos sur les détails pratiques). Le combot profs/directeur/étudiant-e-s du trottoir d’en face traversent la route et s’énervent en apprenant la décision. Peu après, le même combot forcera le blocage sur la porte de garage, avec début d’embrouille physique. L’arrivée des keufs est annoncée, ils viennent se positionner devant la porte de garage. L’équipée réactionnaire de l’IEP aura finalement réussi son coup. Les étudiant-e-s rentré-es donneront même de leur énergie pour aider à débloquer l’entrée principale.

On finit par repartir un peu après pour prendre le temps d’aller manger avant la manif de l’aprem, même si tout ça (ajouté à d’autres embrouilles non citées) aurait pu largement nous couper l’appétit…