Avril 11, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Visions d’une CrĂšte, d’une Thessalonique, d’un PirĂ©e du passĂ© et 
 d’un Canada colonisĂ©

DĂ©cidemment, le rat noir ne se lasse pas des Ɠuvres de Nikos Kazantzaki. Si celles-ci sont souvent marquĂ©es d’un nationalisme crĂ©tois exacerbĂ©, irritant, n’en restent pas moins ces petits joyaux de soleil lancĂ©s dans l’azur d’une Ăźle enchantĂ©e. Yorgos Ioannou nous entraine, lui, dans la Thessalonique de son enfance. Aujourd’hui, hĂ©las disparue sous le bĂ©ton, mais dont il reste nĂ©anmoins quelques traces dans ses Ɠuvres et sur les hauteurs de la ville. La joyeuse bande des Enfants du PirĂ©e de Kostas MoursĂ©las, petits voyous et grands rĂȘveurs, en faisaient de belles dans les annĂ©es 60 ! Enfin, Alain Deneault nous emmĂšne dans les arcanes de cette Bande de colons qui peuple aujourd’hui le Canada 


Kazantzakis, « la liberté et la mort »

Kazantzakis, grand Ă©crivain crĂ©tois dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© dans une prĂ©cĂ©dente rubrique. Surtout connu du grand public pour son roman Alexis Zorba, qui a donnĂ© naissance au cĂ©lĂšbre film de Michael Cacoyannis (au titre Ă©ponyme) avec Anthony Quinn dans le rĂŽle de Zorba. Mais aussi connu pour son roman La derniĂšre tentation du Christ (adaptĂ© au cinĂ©ma par Martin Scorsese), qui lui valut une mise Ă  l’index par le pape et l’interdiction par le clergĂ© orthodoxe grec, qu’il soit enterrĂ© dans un cimetiĂšre 


Dans La libertĂ© et la mort, Ă©crit en 1956, Kazantzakis nous plonge au cƓur de la CrĂšte des annĂ©es 1890. DĂšs les premiĂšres pages, on entre dans l’intimitĂ© de tous ces personnages si diffĂ©rents qui peuplent la ville de Candie, encore dominĂ©e par les Ottomans (aujourd’hui devenue HĂ©raklion, la capitale de l’üle). Île qui, selon Kazantzakis, quand on regarde la carte, ressemble « Ă  un animal couchĂ© sur le dos et levant les pattes vers le ciel » ! Dans le Candie de cette Ă©poque, derriĂšres ses Ă©paisses murailles vĂ©nessiennes, plusieurs communautĂ©s tentent le pari de l’impossible « vivre ensemble ». Sur le port, fourmillent marins, dĂ©chargeurs, nĂ©gociants de tous genres, ferblantiers, changeurs. Dans la ville, protĂ©gĂ©e par ses murailles, on croise des CrĂ©tois mal dĂ©grossis, anciens « sauvages descendus de leurs montagnes » pour faire commerce. FrustrĂ©s par l’occupation vĂ©nitienne puis ottomane, baignant entre deux vieilles croyances ancestrales et des pulsions de vengeances et d’autonomie. Le fougueux capĂ©tan Michel, un des chefs chrĂ©tiens, ours aussi mal lĂ©chĂ© que machiste, qui pour dĂ©tourner son sang trop bouillonnant organise dans sa cave des bacchanales orgiaques oĂč il se moque des moins bien lotis que lui. Turcs occupants, le plus souvent inactifs, dĂ©bonnaires, jouisseurs et non moins belliqueux que leurs occupĂ©s crĂ©tois. Nouri Bey, le reprĂ©sentant l’autoritĂ© turque se roule dans les parfums de son harem et passe son temps Ă  manger et Ă  boire. Ce qui ne l’empĂȘche pas de chercher des noises aux autres belligĂ©rants du roman, puis de se rĂ©concilier avec eux, au rythme des circonstances et humeurs. Les deux communautĂ©s sont chaperonnĂ©s par « l’autoritĂ© » d’un nĂ©buleux pacha, cĂŽtĂ© turc et d’un aussi dĂ©bonnaire « mĂ©tropolite », cĂŽtĂ© chrĂ©tien, prĂ©fĂ©rant l’un et l’autre la tranquillitĂ© et les « entre deux eaux ». Autour des principaux personnages, s’agite toute une panoplie de bigotes ; d’ivrognes impĂ©nitents de toutes les religions ; de vierges folles ; de mĂąles effĂ©minĂ©s et moquĂ©s ; de vieilles rombiĂšres sur le retour ; de syriotes et juifs mĂ©prisĂ©s ; de perles de harem emmurĂ©es ; de guĂ©risseurs ; de sales gosses aussi bĂȘtes que mĂ©chants, ou encore, un nain que Dieu a maudit « en le fabriquant Ă  moitiĂ©, content de croiser dans la ville des fous, des aveugles, de pauvres gueux et des lĂ©preux faisant la quĂȘte, pour se consoler de son infirmitĂ© » ! Enfin, le pope de Candie, avec « sa soutane tachĂ©e de graisse qui se gonflait et battait dans le vent. Il enterrait, baptisait, bĂ©nissait, empochait et se faisait un nouveau double menton » 


DĂšs les premiĂšres pages, dont l’action pourrait tout aussi bien se passer dans une Corse mythique, nous sommes emportĂ©s dans un tourbillon de rivalitĂ©s et jalousies entre communautĂ©s, signe d’une rĂ©volte sous-jacente qui peut se transformer Ă  tout moment, en une terrifiante irruption volcanique. Et mĂȘme, quand un vrai tremblement de terre vient interrompre un instant la cacophonie ambiante, il ne rĂ©ussit Ă  calmer ce petit monde que quelques instants. DĂšs que les choses rentrent dans l’ordre, et c’est reparti, mon Kiki ! « La CrĂšte est une chose vivante, elle remue. Un de ces jours, vous verrez, elle ira se coller toute seule contre la GrĂšce » 
 Le calme revenu, il fait bon se promener dans les rues du quartier commerçant, passer devant les Ă©choppes des artisans et commerçants qui regorgent d’odeurs orientales. Sauf le dimanche, car ce jour-lĂ  « Pas de commerce, les magasins n’ouvraient pas et le plus fameux des marchands, Satan lui-mĂȘme, dominait toute la journĂ©e. On n’avait donc qu’à aller entendre la parole de Dieu, c’était gratuit, on n’y perdait rien, et le lendemain de bonne heure, on reprendrait le mĂštre ou la balance. On recommencerait Ă  marchander et ce sera Ă  qui roulera l’autre. Six jours sont consacrĂ©s au diable et un Ă  Dieu, allumez un cierge Ă  chacun et vous serez tranquilles. » ! Et puis, fleurit au printemps en pleine ville, cette nature qui offre sans compter ses gĂ©nĂ©reux parfums, chĂšvrefeuille, jasmin 
 Ville qui aurait toutes les qualitĂ©s d’un paradis sur terre, si tout-Ă -coup elle ne sombrait, Ă  cause de la bĂȘtise humaine, dans l’horreur, la haine et alors : « C’est Ă  qui bouffera l’autre » !

La libertĂ© ou la mort est une longue suite ininterrompue de scĂšnes, tour Ă  tour dĂ©sopilantes, romantiques ou Ă©piques, selon les Ă©vĂ©nements et rancƓurs mues par les circonstances historiques. Kazantzakis, ne déçoit jamais, Ă©mergĂ© dans l’HĂ©raklion de son enfance, pas une seule page oĂč l’on s’ennuie. Le tout agrĂ©mentĂ© d’une histoire crĂ©toise on ne peut plus tourmentĂ©e, au pays oĂč « mĂȘme les pierres vivent » ! Kazantzakis rĂ©serve au lecteur une fin « Ă©pico-tragico-idyllique » de pur-jus crĂ©tois. Dernier dĂ©tail, aprĂšs avoir Ă©crit son roman, Kazantzakis revint sur son titre La libertĂ© ou la mort. Il le transforma alors, conformĂ©ment Ă  la destinĂ©e de son hĂ©ros, le capĂ©tan Michel inspirĂ©e de celle de son pĂšre : La libertĂ© ET la mort. A dĂ©guster sans modĂ©ration.

Le sarcophage
de Yorgos Ioannou

Yorgos Ioannou est un poĂšte et Ă©crivain grec nĂ© en 1927, de parents chassĂ©s de Turquie en 1922 et rĂ©fugiĂ©s dans un quartier pauvre des hauteurs de Thessalonique. Il est reconnu aujourd’hui comme l’un des plus originaux auteurs grecs contemporains. Il dĂ©bute sa carriĂšre littĂ©raire avec des poĂšmes d’un lyrisme tourmentĂ©. Ils annoncent toute la profondeur des thĂšmes qu’il dĂ©veloppera plus tard dans son Ɠuvre en prose : le monde perdu de l’enfance et la beautĂ© sauvage d’une ville oubliĂ©e, transformĂ©e.

Le Sarcophage (Ă©d. Le miel des anges, traduit par Michelle Barbe, NoĂ«lle Bertin et Michel Volkovitch, 12€) est un recueil de petites nouvelles. Souvent trĂšs courtes, marquĂ©es par un fond autobiographique, elles se dĂ©roulent pour la plupart, dans le Thessalonique d’avant-guerre, sous l’occupation et juste aprĂšs-guerre. Le petit Ioannou, tĂ©moin des drames des pauvres gens, s’y improvise « professionnel du sevrage des enfants » (une courte nouvelle fascinante) ou « ressusciteur de morts » ! Dans toutes les nouvelles coule un humour grinçant, pince sans rire, cachant difficilement une terrible rĂ©alitĂ© vĂ©cue. Univers d’enfants livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes, qui inventent des jeux parfois bien innocents, parfois bien dangereux. BalancĂ©s au grĂ© des caprices de l’histoire. Lorsque les choses s’accĂ©lĂšrent en 1942, la ville pullule de mouchards et de pleutres. De femmes rangĂ©es qui, une fois dĂ©barrassĂ©es de leurs maris devenus encombrants s’acoquinent, temps d’occupation oblige, avec des miliciens pour amĂ©liorer leur quotidien. Lettres anonymes, espiĂšgleries de gamins, au tout venant. Moral Ă  Ă©clipse, donc, pour la plupart de ces MacĂ©doniens des quartiers pauvres, opportunistes, ou simplement suiveurs, au grĂ© des circonvolution de l’histoire ! On ne peut citer pour l’exemple, cette petite nouvelle Ă©voquant la rafle des juifs de Thessalonique, particuliĂšrement bouleversante et vue Ă  travers les yeux d’un enfant (en l’occurrence, Yorgos lui-mĂȘme). L’histoire de son voisin juif espagnol, Izos, dĂ©portĂ© comme 98 % des juifs sĂ©farades de Thessalonique le furent en ce funeste printemps 1943. AprĂšs la rafle, la seule chose qu’il reste dans la chambre de son jeune ami, c’est ce lit dĂ©glinguĂ© dans lequel, on le devine, ils ont connu leurs premiĂšres pulsions Ă©rotiques. MalgrĂ© le matelas oĂč grouillent les cafards, Yorgos rĂ©ussit Ă  convaincre sa mĂšre de le garder « parce que dans les cafards, reste peut-ĂȘtre encore un peu de sang d’Izos et du sien » ! D’autres nouvelles dĂ©crivent les conditions de survie dans la Thessalonique d’aprĂšs-guerre. La dĂ©brouille, les errances du Yorgos adolescent qui frĂ©quente les bains-douches du port pour mater les ouvriers jouer Ă  des « jeux virils ». Ou encore, lorsqu’il Ă©coute lors d’une visite dans la prison de Skiatos, les secrets intimes des prisonniers, une nouvelle qui fait penser Ă  l’univers d’un Jean Genet.

Nouvelles Ă  mi-chemin entre autobiographie et fiction, Ă©crites dans un style incisif, mĂȘlant les liens secrets d’Eros et de Thanatos. Dans ses annĂ©es de jeune Ă©crivain, Yorgos Ioannou, occupation, puis dictature oblige, ne fera que suggĂ©rer une homosexualitĂ© impossible Ă  vivre au grand jour. L’autre hĂ©roĂŻne de ces nouvelles est l’ancienne ville adorĂ©e, Thessalonique, aujourd’hui enfouie sous des couches de bĂ©ton 


Les enfants du Pirée de Kostas Moursélas

Kostas Mourselas est né en 1932. Il est auteur de théùtre, romancier, scénariste de cinéma et de télévision. Il doit sa notoriété en GrÚce à sa série satirique Lui & Lui, diffusée pendant les années 1970, qui mettait en scÚne un duo de clochards discutant la situation politique du pays, alors sous le joug de la dictature. Le succÚs de sa série a été dû à son écriture romanesque, empreinte de son talent de dramaturge au style direct et vif qui épinglait les travers de la société grecque. Mais sa consécration est arrivée aprÚs la parution des Enfants du Pirée, en 1989.

A peine embarquĂ©s dans Les enfants du PirĂ©e de Kostas MoursĂ©las (traduit du grec par Martine Bertrand et Vasso Hudelot, Ă©d. Camboukaris, 13,50€), Konstandis, le hĂ©ros du livre, nous fait dĂ©couvrir son meilleur ami, LouĂŻs. Personnage ambigĂŒe et fantasque qui sĂ©vit dans les quartiers populaires du PirĂ©e, dans les annĂ©es noires d’aprĂšs-guerre. Deux mots suffisent Ă  Konstandis pour nous dĂ©crire LouĂŻs : « pas vraiment » ! En effet, LouĂŻs : « Pas vraiment petit, pas vraiment laid, pas vraiment beau, pas vraiment paresseux, pas vraiment illettrĂ©, pas vraiment athĂ©e 
 » Ce dont nous allons nous rendre compte par nous-mĂȘmes, tout au long des chapitres. Autant de petites histoires indĂ©pendantes avec pour fil conducteur : les aventures de LouĂŻs, l’homme « aux trente-six mĂ©tiers, trente-six misĂšres », tour Ă  tour, sĂ©ducteur, revendeur foireux, magicien dans un cirque, etc. Ce dernier a fait la connaissance de Konstandis bien des annĂ©es plus tĂŽt Ă  Corinthe, durant leur service militaire. Dans une GrĂšce qui, Ă  peine dĂ©barrassĂ©e du joug nazi, doit aprĂšs les massacres de la guerre civile, affronter la « terreur blanche » qui ne fait qu’annoncer la prochaine dictature des Colonels. VoilĂ  pour le contexte. Revenons-en Ă  LouĂŻs. On fait sa connaissance alors que celui-ci est skipper sur un navire de luxe amarrĂ© dans le port du PirĂ©e, tandis qu’il essaye de se dĂ©barrasser d’une passagĂšre hippie-hollandaise devenue un peu encombrante. Nous allons ensuite remonter le temps pour suivre les frasques du fameux LouĂŻs et de sa petite bande de voyous du PirĂ©e que Konstandis frĂ©quente lui aussi. Avec LouĂŻs comme leader, qui dĂ©gage un grand charisme, mais surtout capable de n’attirer que des emmerdes, Ă  toujours traĂźner ses guĂȘtres lĂ  oĂč il ne faut pas, dans les bars louches ou en compagnie des ivrognes, des maquereaux et des prostituĂ©es. Mais comme le dit Konstandis : « LouĂŻs, on ne peut ni le haĂŻr, ni lui en vouloir [
] C’était CircĂ©, une vraie sirĂšne, le fils de pute. Une invitation Ă  la rĂ©surrection des morts. Il t’entraĂźnait sur des routes, des chemins, des avenues sans connaĂźtre le bout. » Et il a toujours Ă©tĂ© ainsi de LouĂŻs. Une petite anecdote amusante pour l’exemple : quand celui-ci tente durant son service militaire d’initier le commandant du rĂ©giment Ă  la poĂ©sie ce qui n’a pour effet que ce dernier tombe amoureux de lui et
 d’autres pĂ©ripĂ©ties, toutes plus croustillantes les unes que les autres. On n’a pas une minute pour souffler. Plus le livre avance plus on se prend d’affection pour lui, malgrĂ© son machisme affichĂ©. La seconde partie du roman devient plus sĂ©rieuse, quand les deux amis se retrouvent des annĂ©es aprĂšs et essayent de tirer le bilan de leur vie, chacun avec l’arme de sa propre philosophie. Un livre bien rythmĂ© qui nous fait plonger au cƓur de l’atmosphĂšre bien particuliĂšre des quartiers du PirĂ©e dans les annĂ©es 50.

Colons du Canada

Le rat a Ă©galement reçu Bande de colons d’Alain Deneault (Ă©d. Lux 14€). Un petit livre qui explique sur une douzaine de chapitres, l’histoire de la colonisation du Canada. En premier lieu par les Français (Ă  partir de 1608), puis par les Britanniques (Ă  partir de 1760). Une « installation » qui a provoquĂ©, selon l’auteur : « Une catastrophe dĂ©mographique et Ă©cologique d’une ampleur probablement unique dans l’histoire de l’humanitĂ© faisant disparaĂźtre des groupes entiers, des sociĂ©tĂ©s et des cultures raffinĂ©es de la surface de la terre. » Colonisation consistant Ă  « dĂ©gager des surplus matĂ©riels et marchands Ă  partir du vaste rĂ©servoir de ressources qui reprĂ©sentait pour eux le territoire amĂ©ricain. » Ces « bandes de colons », qui encore aujourd’hui, « exaltent de maniĂšre triomphante le racisme Ă  l’origine de la colonisation ». Un Canada restĂ© fidĂšle Ă  la Couronne d’Angleterre et qui ne sait se concevoir autrement que sous sa tutelle. « Le Canada n’est pas un pays, mais un ensemble de terres que se disputent des propriĂ©taires et un droit foncier qui favorise ceux qui peuvent faire partie de la caste. » Loin d’incarner le principe rĂ©publicain, le Canada, en raison de son statut historique de Dominion et de Province « rĂšgne sur un territoire en vertu d’un principe de domination », dĂ©rivĂ© du latin Dominium qui signifie « le maĂźtre » ou « le propriĂ©taire ». TĂ©moin, l’Irvingnie, province totalement soumise Ă  l’autoritĂ© morale et financiĂšre d’une seule famille ayant le droit de vie ou de mort « Ă©conomique » sur la population.
Dans un des nombreux chapitres du livre, Alain Deneault Ă©pingle au passage le mouvement indĂ©pendantiste quĂ©bĂ©cois, « Son irrĂ©solution, son art exaspĂ©rant du tĂątonnement, ses positions alambiquĂ©es, ses chimĂšres et fantasmes » 

Et de poser la vraie question : quel avenir pour un Canada, au premier rang des pays pollueurs, minĂ© par l’épuisement de ses ressources naturelles ? Un dernier arrĂȘt sur image : le chapitre savoureux dans lequel l’auteur dĂ©cortique la portĂ©e du livre L’üle mystĂ©rieuse de Jules Vernes, vĂ©ritable petit « kit » du parfait colonisateur. « La suffisance de ces colons devient telle », nous dit Alain Deneault « qu’on souhaiterait, Ă  l’instar de Gilles Deleuze commentant Robinson Crusoe, qu’un des cannibales vint enfin les manger ! » Bon petit livre qui a pour principale qualitĂ© de nous dĂ©barrasser enfin du mythe mensonger d’un Canada, « Ă©ternelle terre d’accueil » 


Patrick Schindler, individuel AthĂšnes




Source: Monde-libertaire.fr