La France est une « lacrymocratie »


  • C’est sans doute le pays occidental qui utilise le plus massivement le gaz lacrymogĂšne contre sa population. Les commandes de centaines de milliers de grenades passĂ©es par le gouvernement Macron en tĂ©moignent. Les dĂ©comptes officiels des munitions tirĂ©es aussi. Plus de 10 000 grenades tirĂ©es rien qu’à Paris le 1er dĂ©cembre 2018 contre les Gilets Jaunes. 13 000 grenades lacrymogĂšnes tirĂ©es en une semaine, au printemps 2018, sur la ZAD. Des milliers de grenades tirĂ©es Ă  chaque grosse manifestation Ă  Nantes, Toulouse, Rennes ou Montpellier. Des dizaines Ă  la fĂȘte de la musique. Sans parler des tirs dans les quartiers populaires. L’usage est massif, systĂ©matique, inconditionnel. Encore assez rare il y a 20 ans c’est devenu un acte automatique. A la moindre tension : une ou plusieurs grenades.
  • Un rapport de la sociĂ©tĂ© de toxicologie-chimie de Paris, qui vient de sortir, pointe les dangers du gaz lacrymogĂšne sur la santĂ©. Selon le rapport, les gaz lacrymogĂšnes utilisĂ©s par les forces de l’ordre seraient trĂšs nocifs. Alors que « la plupart des Ă©tudes sur le sujet sont rĂ©servĂ©es au domaine militaire », ce rapport d’utilitĂ© publique rĂ©alisĂ© par Alexander Samuel pointe les dangers de ce gaz. En cause, le cyanure, une molĂ©cule toxique pour l’homme. Selon l’étude, les molĂ©cules “CS” prĂ©sentes dans le gaz lacrymogĂšne se mĂ©tabolisent une fois absorbĂ©es par le corps humain en deux molĂ©cules de cyanure. Cette absorption se fait notamment par voie respiratoire, mais aussi en grande quantitĂ© par voie cutanĂ©e.
  • Cette guĂ©rilla chimique n’a pas lieu partout au mĂȘme niveau. Il suffit de regarder les conflits sociaux Ă  l’internationale. Il y a du gaz, certes, mais pas utilisĂ© avec une logique de saturation et de punition comme en France. D’autres moyens sont utilisĂ©s pour repousser une foule. MĂȘme aux États-Unis, le gaz lacrymogĂšne fait dĂ©bat, considĂ©rĂ© comme chimique et dangereux. En Allemagne comme en GrĂšce ou en Angleterre, son usage est trĂšs limitĂ©, et parfois inexistant.
  • Une fois dans le corps, le cyanure peut provoquer des intoxications et des blocages dans la chaĂźne respiratoire. Il touche le cerveau, le foie, les reins et impact aussi le systĂšme nerveux, respiratoire, cardiovasculaire ou les yeux. La molĂ©cule peut aussi entraĂźner des dommages thyroĂŻdiens et gastro-intestinaux, avec des vomissements et des diarrhĂ©es. Les consĂ©quences sur le corps peuvent ĂȘtre multiples en fonction des organes touchĂ©s : cataracte, maux de tĂȘte, Ă©tourdissement, paralysie, tachycardie, hyperventilation
 Et cela sans compter sur les dommages environnementaux importants, eux aussi.
  • Le gaz lacrymogĂšne tue. Des grenades françaises tirĂ©es dans des maisons ont tuĂ© des opposants au BahreĂŻn. Du gaz concentrĂ© a tuĂ© en Palestine ou au Caire. RĂ©cemment, une Ă©tudiante amĂ©ricaine est morte de complications pulmonaires aprĂšs y avoir Ă©tĂ© exposĂ©e. C’est tout sauf un produit anodin. Mais en France, c’est un secret d’État. Il ne fait pas admettre que la police porte atteinte la santĂ© de centaines de milliers de personnes chaque annĂ©e.
  • Ce premier rapport est une Ă©tape, mais il vient briser l’omerta gouvernementale autour de l’usage immodĂ©rĂ© de produits chimiques toxiques contre toute dĂ©viance ou opposition au pouvoir en place.

Pour les plus interressĂ©.es et/ou courageux , 126 pages de chimie , mĂ©decine et mĂȘme d’Histoire !


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Article publié le 27 Juin 2020 sur Nantes-revoltee.com