Une trentaine de personnes étaient réunies mardi à partir de 13h devant la cour d’appel. Au programme de cet après-midi ? 17 affaires prévues à 14h, parmi elles du jamais vu, Xavier passe en appel car il a été condamné en première instance pour « violences aggravées » car « jet de feuilles d’origine végétale » !

Pour rappel, ce procès à lieu un an après l’expulsion et la destruction des cabanes de l’Amassada, un lieu d’occupation et de lutte contre un méga transformateur électrique à Saint-Victor, en Aveyron, sur des terres agricoles. Lors d’une manifestation conviviale de 600 personnes à Rodez le 21 janvier 2017, les gendarmes sur un coup de tête décident de gazer toutes la foules dont les enfants et les personnes âgées. Le camarades sera arrêté dans son camion, il est placé en garde à vu car il détient un opinel sur lui. Cette même année, il sera condamné car un gendarme aurait reçu une feuille d’origine végétale sur le bras.

Le collectif de l’Amassada a donc lancé un appel à rassemblement le mardi 6 octobre devant la cour d’appel de Montpellier, au vu des restriction sanitaire personne ne sera autorisé à entrer pour soutenir leur camarades. Il y aura donc une prise de parole, devant les grilles protégées par les forces de l’ordre, rappelant les faits et rappelant aussi que : « Le ridicule de l’accusation ne fait que mettre en exergue le fossé qui sépare désormais les forces de l’ordre du commun des mortels : un policier porte plainte parce qu’il dit avoir reçu des feuilles sur sa manche de veste quand ses collègues sont responsables de la mort de plusieurs dizaines de personnes chaque années. De plus, porter plainte pour « outrage », « rébellion », ou encore « jet de feuilles d’origine végétale » est une affaire lucrative pour les forces de l’ordre : il s’agit en effet d’une pratique courante leur permettant de se payer un 13ème mois. »

L’affaire sera jugé en premier, le parquet demandant 250€ d’amende (contre 500€ lors du premier procès). La victime a été introuvable, et n’a pas été représentée. La défense a pu mettre en évidence les abus de ces poursuites, et a pu utiliser les vidéos prouvant le ridicule de la situation, aucune feuille d’origine végétale n’étant visible sur la tête du gendarme. Nous espérons que le cirque policier et judiciaire prendra fin avec cet appel, et que la relaxe sera prononcée.

En attendant la justice à Montpellier continue de se faire à huis-clos, permettant la sérénité d’une justice de classe qui condamne, et enferme les plus précaires et les militants


Article publié le 09 Oct 2020 sur Lepoing.net