« L’objectif réaffirmé du Gouvernement est qu’aucune personne ne se retrouve à la rue, d’autant plus dans le contexte sanitaire actuel »

(communiqué de presse du 2 juillet 2020 du Ministère de la cohésion des territoires)

Pourtant, nous, nous risquons de nous retrouver à la rue bientôt, car les pouvoirs publics refusent de prolonger nos nuits d’hébergement à l’hôtel ou en centres d’accueil.

Nous, les délogé·es du squat Saint Just, nous vivons dans la peur et le stress de devoir retourner à la rue depuis l’incendie criminel de notre squat le 8 juin. Les hôtels qui nous hébergent temporairement nous disent que nous nous devrons sortir le 10 juillet. Nous n’avons pas d’endroit où aller. Nous avons des enfants, nous sommes malades, enceintes, nous sommes des mineur·es isolé·es, des mères et des pères, des jeunes enfants, des demandeurs·euses d’asile, des étudiant·es, des êtres humains simplement. Certain.e.s d’entre nous ont des droits ouverts pour un logement, en vertu de la loi européenne d’accueil des personnes en demande d’asile, d’autres en vertu du droit au logement inconditionnel. Enfin, comme beaucoup d’habitant.e.s de Marseille, nous avons été délogé.e.s de notre foyer en raison de l’incendie.

NOUS AVONS TOUS ET TOUTES LE DROIT A UN LOGEMENT POUR NOUS PROTÉGER.

Nous pensons à toutes les personnes dans la même galère que nous, qui se retrouveront elles aussi à la rue dans quelques jours. Nous pensons également à celles et ceux qui y vivent déjà.

Nous demandons le maintien de la trêve hivernale jusqu’en octobre prochain pour garantir les hébergements provisoires dont nous bénéficions, ainsi que l’ouverture de nouveaux centres d’hébergement adaptés aux familles, aux adolescent.e.s, aux femmes seules.

Nous demandons l’ouverture des SIAO à tous et toutes, afin que nous puissions nous inscrire sur les listes des hébergements et logements qui nous attendent.

Nous demandons à la commission DALO de statuer sur les quantités de dossiers restés sans réponse jusqu’ici.

Nous demandons la mise à l’abri sans délai des mineur.e.s isolé.e.s par le département.

Nous appelons les habitant.e.s de cette ville, marseillais·es ou pas, à venir nous soutenir jeudi prochain, nous et tous les autres qui subissons cette injustice de ne pas avoir la garantie d’un toit.

Les délogé·es de Saint Just

Rassemblement à l’initiative de :

Coordination des sans papiers Marseille, Collectif 59 st just, Collectif du 5 novembre… (en cours)



Article publié le 05 Juil 2020 sur Millebabords.org