Septembre 26, 2021
Par Rebellyon
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Appel à rassemblement derrière la Métropole le lundi 27 septembre à 17h30 en soutien aux mineurs isolés et aux familles expulseés.

Majeurs, mineurs, mijeurs, un logement et des papiers pour tous.t’es

Mineurs sans lumière délaissés par la Métropole

Depuis quelques mois un certain nombre de mineurs isolés étrangers sont laissés pour compte par la métropole et la préfecture. Une cinquantaine d’entre eux a campé dans le square Hénon en juin dernier. 37 d’entre eux ont pu trouver un refuge dans un des locaux proposés par la ville de Lyon. Les autres ont occupé un bâtiment inutilisé, baptisé les Chemineurs car ancienne résidence des cheminots appartenant au bailleur ICF.

Comment en est-on arrivé là ?

Seuls 20% des jeunes sont reconnus mineurs à l‘issue de l’évaluation douteuse faite par forum-réfugiés alors qu’a l’occasion du recours auprès du juge pour enfants, ils sont 80% à être reconnus mineurs Trouver l’erreur !

Le problème c’est que la métropole dégage sa responsabilité pour l’hébergement et la prise en charge de ces jeunes pendant cette procédure de recours légal. La préfecture se déclare incompétente et renvoie la responsabilité de la mise à la rue de ces jeunes à la Metropole.

À cause de cette situation kafkaïenne une quarantaine de jeunes s’apprête à passer l’hiver sans électricité ni chauffage au Squat des Chemineurs. Pendant que d’autres installent leur tente montée de la grande côte, à la Croix-Rousse.

Majeurs et familles expulsés

En ce qui concerne le sort des majeurs avec ou sans famille, la situation de leur accueil n’est pas plus enviable : Plus de 800 d’entre eux se sont logés dans des squats dans des conditions plus ou moins précaires vue l’absence de politique d’accueil de l’État malgré les différents dispositifs de « résorption des bidonvilles » mis en avant par la préfecture.

Récemment le jeudi 16 septembre 15 cars de CRS accompagnés de la PAF et des représentants de la préfecture ont expulsé sans préavis environ 80 personnes restant encore présentes (sur 140 habitant.es initialement) au Squat de Feyzin après les diffėrentes pressions de la police cet été. Sur les critères de nationalité et de situation familiale une cinquantaine d’entre eux ont été envoyés vers le centre d’hébergement de l’ancienne caserne Chabal à Saint-Priest que tout le monde connaît pour sa vétusté et les conditions d’entassement auxquelles sont soumis les migrants en transit dans ce lieu.

Environ 90 d’entre eux se retrouvent une fois de plus à la rue, faute de solution proposée par la préfecture.

A Villeurbanne le squat Augustine s’est vu privé brutalement d’électricité par la SEMCODA( bailleur qui n’a de social que le nom) avec la participation de la police municipale, imposant aux 4 familles restantes de vivre dans le noir et sans chauffage.

À Caluire le Squat du Dur A Cuire pour lequel son propriétaire, le Vinatier, avait pris l’engagement d’une démarche de relogement avant toute expulsion, se voit menacé d’ expulsion sans solution à partir du 1er octobre. La direction de l’hôpital du Vinatier a sans doute préféré favoriser la spéculation immobilière plutôt que les aspects humains dans cette situation de détresse.

En ce qui concerne les autres Squats les procédures sont en cours. Lentement mais sûrement.

Des sans-papiers ignorés par la Préfecture

Le parcours pour accomplir des démarches de régularisation devient de plus en plus compliqué, notamment par la dématérialisation des procédures.

La préfecture fait la sourde oreille aux manifestations du CSP 69 qui ont lieu tous les vendredis devant ses locaux. Les participants lyonnais à la Marche des Solidarités d’octobre 2020 attendent toujours une réponse de la Préfecture aux sujet des 19 dossiers déposés.

La criminalisation des sans-papiers va s’intensifier en cette période électorale, par la traque aux frontières et la construction d’un nouveau CRA à Lyon St Exupéry.

Pendant que l’État nous abreuve de discours et de mesures sécuritaires, c’est l’insécurité administrative, sociale et sanitaire qui est réservée aux migrants. Le cynisme va jusqu’à proposer un hébergement provisoire en échange d’un engagement de retour au pays dans le déni des causes qui ont contraint ces personnes à l’exil.

La nouvelle équipe de la Metropole choisi le satisfecit de façade en se glorifiant des mesures qu’elle a prises, en organisant des manifestations culturelles auxquelles elle convie largement les associations et Collectif comme pour la « semaine de l’hospitalité » prévue fin octobre.

Entre ceux qui estiment qu’ils font le maximum et ceux qui trouvent que ce n’est jamais assez il y a beaucoup plus qu’un simple jeu de posture mais c’est surtout une différence de vision des réalités douloureuses liées aux carences de l’accueil. Par exemple, le conventionnement obtenu pour les squats de Arloing et Lafayette ne constitue qu’un répit d’ un an sans garantie de relogement.

Les mots participent à la déformation de la réalité : la préfecture parle de dispositif de « résorption des habitats précaires », d’évacuation des squats, presque d’opération de sauvetage, pour ne pas parler d’expulsion. En réalité, un tiers seulement des personnes expulsées à Feyzin ont bénéficié d’une mise à l’abri provisoire et d’autre part aucune solution n’a été proposé aux habitants des autres squats menacés d’expulsion.

Nous demandons la mise à disposition des locaux vides pour un logement digne et pérenne pour toustes.

C’est contre cette situation indigne que nous vous demandons de vous mobiliser à l’occasion de la séance de rentrée du Conseil Métropolitain.

En soutien ã l’appel lancė par le Collectif Soutien Migrants de la Cx Rousse



Rassemblement lundi 27 septembre à 17 heures 30 devant la Métropole (angle rue Paul Bert – Garlbaldi)

Des membres du Collectif Intersquats exilé.es Lyon et environs.

Contact : [email protected]




Source: Rebellyon.info