Novembre 27, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
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Après avoir tabassé les exilé.e.s et les personnes venues les soutenir sur la place de la république à Paris, le ministère de l’intérieur a rendu public le rapport de synthèse de l’IGPN concernant la violence de cette expulsion. Si le geste du flic qui a fait un “croche-pied” à un éxilé qui tentait d’échapper à la violence de la scène est bien considéré comme un “usage disproportionné de la force”, l’IGPN ne se penche que sur ce cas individuel mais ne dit rien de la violence de l’évacuation en général, de son inadéquation avec le fait que les personnes rassemblées sur la place de la République ne menaçait personne. De ce fait, en sacrifiant un de ses membres (dont on se demande bien s’il aura une quelconque sanction) l’IGPN et donc la police justifie la violence de l’expulsion.

Par ailleurs, les conclusions sur l’agression de Remy Buisine, journaliste de BRUT, sont à la limite du burlesque…



Et donc, comme si de rien était, la machine s’est remise en route. Ce jeudi soir, à Paris encore, un nouveau camp d’exilé.e.s à la rue a été expulsé par les flics. Les bourreaux continuent leur tâche.

Ajourd’hui on a aussi vu sortir une vidéo, qui a fait le tour des réseaux et des médias, jusqu’à provoquer quelques récations chez des politiques soucieux de leur image… Michel, un producteur de musique, a été tabassé par trois policiers samedi dernier à Paris. Insultes racistes, lacrymo dans son studio d’enregistrement, braqué avec une arme… La vidéo est édifiante, et démontre à nouveau combien la loi qui vient de passer interdisant, entre autres horreurs, de filmer les flics est dangereuse, tant sans celle-ci, la victime serait très probablement en prison au vu des accusations ubuesques de la police contre lui.

Et voilà le témoignage de son avocate :

Alors même que Christophe Castaner, son prédecesseur au ministère de l’intérieur, déclarait sur Twitter être choqué de la violence du passage à tabac de Michel, producteur de musique dans le 17eme arrondissement de Paris, Gerald Darmanin, lui, annonçait aujourd’hui son soutien inconditionel à la police…

Le magazine en ligne BRUT, dont Remy Buisine est journaliste, nous rappellait ce soir dans une vidéo que le racisme et la violence de la police ne datent pas d’hier…

Alors bref, ce mercredi soir, il y avait du monde contre la loi sécurité globale, à Toulouse, suivies par le Collectif Automédia Enervé :

A Grenoble aussi,

Et probablement dans plein d’autres endroits.

Alors que même les institutions françaises commencent à critiquer l’autoritarisme du gouvernement macronien, à l’image de la CNCDH qui dans un communiqué publié le 13 novembre,

regrette profondément à nouveau que les pouvoirs publics s’engagent sur une voie toujours plus répressive et optent pour des moyens accrus de surveillance, sans concertation avec la société civile et sans aucun égard pour le respect des droits fondamentaux.

La comission publiait ce 26 novembre la suite de son analyse :



Des appels tournent pour se rassembler partout en France ce samedi.

A Paris la manifestation a été interdite par la préfecture qui n’autorise qu’un rassemblement statique par “précaution sanitaire”. Voici le communiqué de réponse de la coordination #StopLoiSécuritéGlobale :



A Marseille ce samedi, le rendez-vous est à 14h30 sur le Vieux-Port. Il sera l’occasion de souhaiter la bienvenue à Marseille de la nouvelle préfète de police de Marseille. Car Emmanuel Barbe, en poste depuis neuf mois (ce qui fait de lui le recordman de la rapidité à se casser) a été remplacé mercredi 25 novembre en Conseil des ministres par Frédérique Camilleri.



Sa bio Linkedin précise

Dans la “préfectorale” depuis plus de 10 ans, j’ai exercé mes fonctions dans plusieurs préfectures, à l’administration centrale du ministère de l’Intérieur et au cabinet des ministres de l’Intérieur et des Armées, où j’ai notamment développé des compétences en matière de sécurité intérieure, de gestion de crise et de direction de services de soutien (RH, budget, immobilier, SIC, logistique) des forces de sécurité intérieure.

Je crois en une administration moderne, pragmatique et performante, et au courage dans le leadership public.

En détail, elle est née le 29 juin 1984 à Beyrouth, Frédérique Camilleri est une ancienne élève de l’École Nationale d’Administration (ENA), promotion « Émile Zola ». En juillet 2010, elle débute sa carrière comme sous-préfète, directrice de cabinet du préfet des Pyrénées-Orientales. Puis, est nommée directrice de cabinet du préfet de la Corse-du-Sud en juin 2011. Elle y restera 1 an. En juillet 2012, elle réintègre l’administration centrale comme directrice adjointe de cabinet du Secrétaire général du ministère de l’Intérieur. En 2014, elle est nommée directrice de cabinet du préfet de la région Bretagne, préfet de la zone de défense et de sécurité Ouest, préfet d’Ille-et-Vilaine. Elle rejoint en 2016 le cabinet du ministre de l’Intérieur, où elle occupe successivement les fonctions de conseiller sécurité civile et de chef de cabinet. Avant sa nomination au poste de secrétaire générale de la zone de défense et de sécurité Sud, Frédérique Camilleri était, depuis juin 2017, chef du cabinet civil de la ministre des Armées. Ensuite elle a été secrétaire générale de la zone de défense et de sécurité Sud, puis directrice adjointe de cabinet du préfet de police de Paris Didier Lallement.

Il semblerait qu’elle vienne remplacer un Emmanuel Barbe jugé un peu trop mou… Ca promet…




Source: Mars-infos.org