Par Mc McGill {JPEG}

Les incendies, c’est comme toutes les catastrophes. Il y a ceux qui en ont vĂ©cu un, et puis il y a les autres. Moi, mon premier incendie, c’était il y a presque deux ans, en novembre 2018. Avant cela, j’avais vu des images Ă  la tĂ©lĂ©vision et de la fumĂ©e dans mon bout de ciel de Californie. Mais ce n’était rien du tout – pas mĂȘme un avant-goĂ»t.

Comme dans toutes les catastrophes, il y a l’insouciance de l’instant d’avant. Ces choses anecdotiques qu’on ne peut s’empĂȘcher de se rappeler lorsqu’on fait le rĂ©cit de « sa catastrophe Â». On sait ce qu’on faisait lorsqu’on a appris que le feu menaçait. Moi, je me souviens surtout de ne pas avoir cru au danger ; j’échangeais des plaisanteries avec mes Ă©tudiant‱es – qui ont fini par me convaincre de rentrer chez moi.

Ensuite, je me souviens de cette interminable file de vĂ©hicules arrivant Ă  Chico (oĂč j’habite) par la route de Paradise, une ville de 28 000 habitants Ă  une vingtaine de minutes de lĂ . Je me souviens de mon effroi et de n’avoir pas su dĂ©cider si je devais m’enfuir Ă  mon tour. Je me souviens aussi des nouvelles qui arrivaient au compte-goutte et d’avoir peu Ă  peu compris que Paradise avait Ă©tĂ© totalement dĂ©truite en l’espace d’une journĂ©e.

Puis il y a eu cette liste terrible ment longue de personnes disparues et, sur les parkings des supermarchĂ©s et des Ă©glises, des milliers de rescapé‹es. Mais aussi un Ă©lan spontanĂ© de solidaritĂ© pour faire face au dĂ©sastre. Il y a les gens qui ont pu partir de Chico et s’éloigner davantage de l’incendie, et nous, qui avons dĂ» nous habituer aux masques N95 [2] et Ă  un dĂ©cor post-apocalyptique, avec cette Ă©paisse fumĂ©e et sa lumiĂšre jaune. Je ne sais pas le bruit que font les flammes, mais j’ai entendu les cris des oiseaux qui, chassĂ©s par le feu, trouvaient refuge dans nos cours et nos jardins.

Il y a eu la ronde des Canadairs et l’attente. L’attente de revoir le bleu du ciel et le vert des arbres.

Je me souviens enfin de la premiĂšre pluie et d’avoir fait comme dans les films : je suis sortie dehors sentir l’eau me dĂ©gouliner sur le visage.

Ma saison des incendies

Mon premier incendie a un nom : Camp Fire. Il a dĂ©truit plus de 18 000 bĂątiments et fait 85 morts – c’est un miracle qu’il n’en ait pas fait plus, compte tenu de la rapiditĂ© avec laquelle le drame s’est produit. En tout, il a dĂ©placĂ© 52 000 personnes. Chico, une ville de 90 000 habi tant‱es, en a comptĂ© du jour au lendemain 20 000 de plus.

Camp Fire m’a appris qu’un incendie, ce n’est pas que des flammes. C’est aussi les cendres qui s’infiltrent partout et la fumĂ©e qu’on respire. Ce sont des souvenirs qui s’envolent et d’autres qu’on ressuscite en recherchant dans les photos d’avant ce qui n’existe plus. Un incendie, c’est aussi ces larmes qui viennent au souvenir des visages fatiguĂ©s des pompiers. C’est aussi un immense sentiment de vulnĂ©ra bilitĂ© et un traumatisme individuel et collectif.

J’ai appris Ă  craindre la saison des incendies, comme ailleurs on craint celle des ouragans ou les crues d’un fleuve. Je me suis habituĂ©e aux messages de prudence, Ă  l’éventualitĂ© de ma propre Ă©vacuation et mĂȘme, un peu, Ă  l’idĂ©e de la disparition de ce que je possĂšde. Je connais dĂ©sormais ce qui accompagne un incendie : les appels aux dons de sang, les collectes de vĂȘtements, les messages pour recueillir les animaux domestiques, la peur des « pilleurs Â», l’arrivĂ©e de volontaire de tout le pays et parfois mĂȘme de l’étranger…

Cette annĂ©e, la saison des incendies a commencĂ© autour du 15 aoĂ»t, lorsque quelque 11 000 impacts de foudre se sont abattus sur le nord de la Californie. Ils ont provoquĂ© plus de 600 dĂ©parts de feu dans les vastes forĂȘts de cette partie de la cĂŽte Ouest. MalgrĂ© plus de 15 000 pompiers et pompiĂšres mobilisé‹es, certains incendies qui ont dĂ©marrĂ© mi-aoĂ»t s’étendent encore sur plusieurs comtĂ©s. Ils ne seront pas Ă©teints avant octobre.

Aujourd’hui, le North Complex Fire est l’incendie le plus proche de chez moi : une trentaine de kilomĂštres Ă  vol d’oiseau. Il fait partie des incendies actifs depuis mi-aoĂ»t et s’étend sur plus de 1 500 km2. MalgrĂ© le dĂ©ploiement de plus de 3 000 pompiers, il a tuĂ© 15 personnes, a dĂ©truit 2 000 bĂątiments et n’est Ă  ce jour maĂźtrisĂ© qu’à 75 %.

Vivre la catastrophe

Il y a une chose qui caractĂ©rise Ă  coup sĂ»r une catastrophe : la perte des repĂšres habituels. Pour environ 20 millions de personnes, les immenses incendies de la cĂŽte Ouest se traduisent par une dĂ©gradation majeure de la qualitĂ© de l’air. Ici en Californie du Nord, les indicateurs ont signalĂ© Ă  plusieurs reprises que les chiffres enregistrĂ©s Ă©taient « en dehors de l’échelle de mesure Â».

Il existe peu de moyens de se protĂ©ger. Pendant Camp Fire, des masques N95 Ă©taient assez largement distribuĂ©s, mais ils sont dĂ©sormais rĂ©servĂ©s aux personnels mĂ©dicaux en raison de l’épidĂ©mie de Covid- 19. Il est conseillĂ© de rester chez soi, de fermer les fenĂȘtres et d’activer, si elle comporte une bonne filtration, la climatisation – encore faut-il en ĂȘtre Ă©quipĂ© et avoir les moyens de payer les factures d’électricitĂ© qui vont avec. Le mieux est d’utiliser un purificateur d’air. Autre conseil : Ă©viter de cuisiner ou de pratiquer toute autre activitĂ© qui dĂ©tĂ©riore la qualitĂ© de l’air.

ÉpidĂ©mie de Covid-19 oblige, les cours se font ici en ligne, de l’école primaire Ă  l’universitĂ©. Le confinement de beaucoup d’entre nous, dĂ©butĂ© mi-mars, s’est durci depuis un mois, puisqu’il faut dĂ©sormais vivre fenĂȘtres fermĂ©es et renoncer aux activitĂ©s sociales qui, ces derniers mois, se dĂ©roulaient surtout en plein air. En outre, certains foyers doivent supporter des coupures d’électricitĂ© parfois longues de plusieurs jours et dĂ©cidĂ©es par PG&E, la compagnie d’électricitĂ© locale, pour prĂ©venir les incendies. Parmi les effets psychologiques de ce long confinement, on Ă©voque souvent la « Covid fatigue Â», un Ă©puisement grandissant au fil de ces journĂ©es qui se ressemblent toutes. Pour combler le vide laissĂ© par la rĂ©duction de la vie sociale, beaucoup d’entre nous dĂ©veloppent une hypervigilance qui nous fait traquer les derniĂšres informations sur la progression des flammes, le sens du vent, la qualitĂ© de l’air ou le parcours des Canadairs dans le ciel.

Quant aux inĂ©galitĂ©s sociales, elles rĂ©sistent bien aux catastrophes. Il paraĂźt qu’à Hollywood, les riches se paient les services de pompiers privĂ©s. L’envol des prix de l’immobi lier aprĂšs Camp Fire a valu Ă  Chico de figurer sur une liste des meilleures villes de tout le pays oĂč investir. Et puis, il y a ceux et celles qui ne peuvent pas se payer une assurance-incendie, les employĂ©s agricoles (notamment les immigrĂ©s et les sans-papiers) qui doivent continuer de travailler dans la fumĂ©e des incendies. Sans oublier les SDF et toutes les personnes qui ne peuvent pas se permettre le coĂ»t d’une Ă©vacuation, ainsi que celles qui ne peuvent dĂ©cider de leur propre Ă©vacuation, parce qu’elles vivent en institution ou sont incarcĂ©rĂ©es.

Petites causes et grande histoire

Cette annĂ©e, les incendies ont dĂ©jĂ  tuĂ© 26 personnes et ravagĂ© plus de 13 000 km2 – c’est davantage que la surface de la Gironde, plus grand dĂ©partement de l’Hexa gone (10 000 km2). Ce bilan, provisoire, est parcellaire : il ne dit pas la destruction de la flore et de la faune, les consĂ©quences de la pollution de l’air et des sols ou encore le traumatisme des populations, notamment les milliers de personnes qui ont perdu leur habitation et les centaines de milliers qui ont dĂ» Ă©vacuer.
Une chose est sĂ»re : chaque annĂ©e, la situation sur le front des incendies empire et leur saison s’étend de plus en plus tard dans l’automne. La surface qu’ils atteignent augmente sans cesse et parmi les dix plus grands incendies de l’histoire de la Californie, cinq ont eu lieu en 2020. Pour dĂ©signer ces incendies d’un genre nouveau, on a inventĂ© une expression : megafire.

Leurs origines font dĂ©bat. Cette annĂ©e, PG&E n’a pas Ă©tĂ© mise en cause, mais le manque d’entretien de ses Ă©quipements et le non-enfouissement de ses lignes ont Ă©tĂ© souvent incriminĂ©s, notamment pour Camp Fire. MalgrĂ© les rumeurs propagĂ©es par l’extrĂȘme droite selon lesquelles les « antifa Â» auraient dĂ©clenchĂ© les incendies de la mi-aoĂ»t, il ne fait pas de doute qu’ils ont Ă©tĂ© provoquĂ©s par la foudre.

Bien sĂ»r, les causes plus profondes sont Ă  chercher du cĂŽtĂ© de la sĂ©cheresse et du rĂ©chauffement climatique, mais aussi de l’évolution des forĂȘts depuis la colonisation. En effet, celle-ci a Ă©tĂ© marquĂ©e par l’exploitation industrielle du bois, l’introduction de nouvelles essences (comme l’eucalyptus) et l’interdiction du brĂ»lage de la vĂ©gĂ©tation que pratiquaient les AmĂ©rindiens. Tout cela a contribuĂ© Ă  des forĂȘts plus denses et plus propices Ă  de vastes incendies.

Lors de Camp Fire, fin 2018, le prĂ©sident Donald Trump avait menacĂ© la Californie de couper les fonds fĂ©dĂ©raux destinĂ©s Ă  l’entretien des forĂȘts aprĂšs avoir accusĂ© l’État d’avoir failli en la matiĂšre – alors que 60 % des forĂȘts californiennes sont fĂ©dĂ©rales. Si son conseil aux habitants de l’État de « ramasser les feuilles mortes Â» avait Ă©tĂ© large ment moquĂ©, l’entretien des forĂȘts est un sujet rĂ©current de discorde entre l’État fĂ©dĂ©ral et l’État de Californie.

La nĂ©cessitĂ© d’éclaircir les forĂȘts californiennes est l’objet d’un large consensus politique Ă  gauche et chez les Ă©cologistes. Elle s’impose peu Ă  peu dans les agendas politiques. L’État de Californie a dĂ©gagĂ© un budget de prĂšs d’un milliard pour effectuer des Ă©claircissages durant les cinq ans Ă  venir et cette annĂ©e il a enfin passĂ© un accord avec l’État fĂ©dĂ©ral comprenant un plan d’éclaircissage de 4 000 km2 de forĂȘt par an pendant les deux prochaines dĂ©cennies.

Reste la question de l’amĂ©nagement du territoire. Beaucoup d’habitations sont construites sur des zones Ă  risques ou rebĂąties sur des terres incendiĂ©es. Par exemple, la ville de Paradise est en bonne voie de reconstruction
 Mais dans le nord de la Californie, une rĂ©gion rurale et plus pauvre que le reste de l’État, de nombreuses personnes ne peuvent pas se permettre d’investir dans des matĂ©riaux plus rĂ©sistants au feu et de se conformer aux recommandations telles que le dĂ©broussaillage des parcelles.

Pour une poignĂ©e de dollars

DĂ©but septembre, Diana Jones, une secouriste de 63 ans venue du Texas pour participer Ă  la lutte contre les incendies en Californie du Nord, a trouvĂ© la mort au cours de sa mission. Aux États-Unis, tous les ans, plusieurs dizaines de pompiers meurent en service. Et parmi eux, certains sont des prisonniers.

La Californie est l’État qui recoure le plus aux prisonniers et prisonniĂšres pour prĂ©venir et combattre les incendies. En effet, ils sont plusieurs milliers chaque annĂ©e Ă  participer au Conservation Camp Program, par le biais duquel ils en viennent Ă  constituer un quart de la main-d’Ɠuvre du dĂ©partement de lutte contre les incendies (Cal Fire) californiens.

L’emploi de prisonniers permet Ă  l’État de Californie de faire d’im portantes Ă©conomies – Ă©valuĂ©es autour de 100 millions de dollars. En effet, les salaires des prisonniers sont imbattables : autour d’un dollar de l’heure, avec une prime de cinq dollars par journĂ©e passĂ©e Ă  combattre les flammes.

Ces derniĂšres annĂ©es, les mĂ©dias se sont rĂ©guliĂšrement intĂ©ressĂ©s Ă  l’emploi des prisonniers comme pompiers. Cette annĂ©e, ils avaient une raison supplĂ©mentaire de le faire : cette main d’Ɠuvre fait cruellement dĂ©faut sur le front de la lutte contre les incendies. En effet, prĂšs d’un millier de prisonniers engagĂ©s dans le Conservation Camp Program pendant leur incarcĂ©ration ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une libĂ©ration anticipĂ©e en raison de l’épidĂ©mie de Covid-19. De plus, la plupart des prisonniers toujours engagĂ©s sont confinĂ©s, car l’épidĂ©mie frappe fortement les prisons de l’État : plus de 13 000 prisonniers ont Ă©tĂ© atteints et 60 en sont morts.

Le 11 septembre, Gavin Newsom, le gouverneur dĂ©mocrate de Californie, s’est fait photographier au milieu d’un paysage dĂ©vastĂ© par les flammes en train de signer la loi qui permet aux ex-prisonniers ayant servi dans le Conservation Camp Program d’ĂȘtre embauchĂ©s comme pompiers professionnels. Jusque-lĂ , ils en Ă©taient gĂ©nĂ©ralement empĂȘchĂ©s par leur casier judiciaire


Si Newsom a ainsi mis fin Ă  l’une des polĂ©miques suscitĂ©es par l’emploi de prisonniers comme pompiers, reste que, sur le fond, l’engagement de prisonniers dans des activitĂ©s oĂč leur vie est mise en danger soulĂšve des questions morales, d’autant qu’ils seraient exposĂ©s Ă  davantage de risques que les autres pompiers.

Par ailleurs, les risques qu’ils ont pris en luttant contre le feu ne garantissent pas aux ex-prisonniers un traitement humain, comme l’illustre le cas de Kao Saelee qui depuis quelques jours dĂ©fraye la chronique. AprĂšs vingt-deux ans de prison, pendant lesquels il a servi comme pompier, il a Ă©tĂ© Ă  sa libĂ©ration envoyĂ© dans un centre de rĂ©tention en Louisiane, d’oĂč il est menacĂ© d’expulsion vers le Laos, un pays qu’il avait fui avec ses parents Ă  l’ñge de deux ans.

Quand le feu est Ă©teint

Un incendie, c’est aussi ce qui subsiste quand le feu est Ă©teint. Par exemple, l’inquiĂ©tude au sujet des effets sur la santĂ© de la pollution de l’air que nous avons respirĂ©, au-delĂ  des symptĂŽmes trĂšs largement expĂ©rimentĂ©s (toux, maux de tĂȘte, fiĂšvre, rougeurs oculaires, etc.). On nous a rĂ©pĂ©tĂ© qu’on ne connaissait pas vraiment les consĂ©quences de cette pollution, hormis qu’elle provoque des accouchements prĂ©maturĂ©s et qu’elle est un facteur aggravant pour tout un tas de personnes « Ă  risques Â». Ce matin, les jour naux rapportent que des scientifiques s’essayent Ă  une Ă©valuation : en aoĂ»t, la fumĂ©e des incendies aurait causĂ© la mort d’au moins 1 200 personnes, peut- ĂȘtre mĂȘme 3 000. À cela s’ajoute la crainte que l’épidĂ©mie de Covid-19 ne s’aggrave, Ă©tant donnĂ©e la possible corrĂ©lation qui la lierait avec la pollution de l’air.

Quand le feu est Ă©teint, la misĂšre est plus que jamais lĂ , frappant toujours les mĂȘmes. À Paradise, de nombreuses personnes ont installĂ© des caravanes ou des tentes sur les ruines de leur maison car elles n’ont nulle part ailleurs oĂč aller. Certains rescapĂ©s n’ont jamais retrouvĂ© de logement car les prix des locations ont bondi. D’autres ont perdu de nouveau leur habitation dans les incendies de cette annĂ©e. D’autres encore ont quittĂ© la Californie aprĂšs avoir perdu leur toit et leur emploi.

Ce qui subsiste quand le feu est Ă©teint, ce sont aussi des dĂ©bris et des cendres Ă  Ă©vacuer, des nappes phrĂ©a tiques dont l’eau n’est parfois plus propre Ă  la consommation. Quand le feu est Ă©teint et qu’on a fini de redouter les incendies, il est temps de craindre la pluie, car la dĂ©gradation de la flore et des sols favorise les inondations et aux glissements de terrain. Quand le feu est Ă©teint, reste le dĂ©sastre environnemental, sans mĂȘme l’assurance d’une vĂ©ritable reconnaissance de l’urgence Ă©cologique.

Il y a quelques jours, Discovery Channel a annoncĂ© le lancement d’une nouvelle sĂ©rie. Avec Cal Fire, elle propose de nous emmener aux cĂŽtĂ©s des pompiers qui luttent en premiĂšre ligne contre les incendies. Elle promet que notre dĂ©sastre sera tĂ©lĂ©visĂ©.

Gwenola Ricordeau (Chico, le 24 septembre)

La Une du n°191 de CQFD, illustrée par Cécile K. {JPEG}

- Cet article a Ă©tĂ© publiĂ© sur papier dans le n° 191 de CQFD, en kiosque du 2 octobre au 5 novembre. En voir le sommaire.

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Article publié le 08 Oct 2020 sur Cqfd-journal.org