Novembre 4, 2020
Par Rebellyon
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Communiqué de presse des enseignant.es grévistes, rassemblés en Assemblée Générale, du collège Jean Renoir de Neuville-sur-Saône (69).

Profondément choqués de l’organisation des hommages à notre collègues Samuel Paty lundi 2 novembre, près de la moitié des enseignant.es étaient grévistes mardi 3 novembre.

Aujourd’hui, mardi 3 novembre un grand nombre d’enseignants du collège Jean Renoir de Neuville-sur-Saône sont en grève. Il s’agit d’une action collective et locale en réaction à l’organisation, pour le moins confuse et changeante de cette rentrée par notre ministre dont nous n’avons été informée que par voie médiatique. Il a été exigé que les professeurs fassent cours de 8h à 10h, reléguant l’hommage à Samuel Paty au second plan. Cela entre en totale contradiction avec nos valeurs.

En effet, la concertation de deux heures, initialement promise par Jean Michel Blanquer, puis retirée, n’a pas été maintenue au collège Jean Renoir. Elle avait pourtant fait l’objet de demandes anticipées et réitérée, auprès de la Direction du collège, de la part du personnel particulièrement choqué et ému. D’autres établissements ont fait le choix de maintenir ce temps de parole afin que les enseignants et les élèves puissent vivre ce temps d’hommage sereinement.

Malgré cette situation, au collège Jean Renoir, c​ hacun s’est efforcé de répondre avec sérénité et gravité à ce temps solennel afin que les élèves investissent les valeurs de Fraternité.

Il n’empêche qu’en tant qu’éducateurs, nos valeurs ont été mises à mal par des injonctions contradictoires : organiser un vrai temps d’hommage ou reprendre les cours normalement. Cette mise en tension a été vécue comme une véritable violence, les enseignants se sont sentis seuls, lâchés par leur Institution. Devant cette indifférence, ils n’ont eu d’autre choix d’être en grève pour manifester notre colère.

Nous ne voulons pas en rester là : pour répondre à la demande institutionnelle de bâtir les questions de laïcité, de liberté d’expression et de valeurs républicaines, sur le long terme, nous continuons de demander un temps collectif de travail auprès de notre Institution afin que notre collègue Samuel Paty ne soit pas mort et aussitôt oublié.




Source: Rebellyon.info