Nous, Ă©tudiant.e.s de l’UniversitĂ© de Toulouse 1 (UT1) dĂ©nonçons l’hĂ©roĂŻsation de la fonction prĂ©sidentielle ainsi que la place qui lui est accordĂ©e, Ă  la fois dans les mĂ©dias et Ă  l’intĂ©rieur de la sphĂšre publique (circulaire du 26 septembre 2019).

Si la mort est politique et a une place au sein des universitĂ©s alors parlons des 32 669 mort.e.s en MĂ©diterranĂ©e (depuis 2014 chiffres de l’OIM), des 111 fĂ©minicides depuis le 1er janvier 2019, des victimes de l’usine de Lubrizol Ă  Rouen et de toutes les autres dont on ne parle pas.

C’est pourquoi nous avons tenu Ă  faire une minute de silence en leur hommage, afin de les rendre plus visible mais aussi pour rappeler que la vie d’un ancien prĂ©sident (aux politiques meurtriĂšres) ne mĂ©rite pas autant d’attention que celle de tou.te.s les anonymes.

À 15h30 Ă©tait organisĂ©e une minute de silence en hommage Ă  l’ancien prĂ©sident de la rĂ©publique : Jacques Chirac, Ă  l’UniversitĂ© de Toulouse 1. Il Ă©tait prĂ©vu par l’administration de l’UniversitĂ© un amĂ©nagement permettant aux Ă©tudiant.e.s et personnel.le.s le souhaitant, de se libĂ©rer pour assister Ă  cet hommage. Nous sommes montĂ©.e.s sur l’estrade avec la banderole, aprĂšs l’introduction de la prĂ©sidente de l’UT1. TrĂšs vite des personnes de l’administration et du public se sont jetĂ©es sur nous pour arracher la banderole et nous ont physiquement expulsĂ©.e.s de la scĂšne. De notre cĂŽtĂ© nous n’avons pas parlĂ© pour respecter la minute de silence et nous sommes restĂ©.e.s calmes. Ensuite les agents de « sĂ©curitĂ© Â» (dont le rĂŽle et la raison de leur prĂ©sence Ă  l’UniversitĂ© nous semble douteux) sont intervenus pour nous raccompagner vigoureusement jusqu’à la sortie, nous courser et menacer d’appeler la police. Nous tenons par ailleurs Ă  rappeler aux personnels enseignants de la facultĂ© de droit que les propos et injures sexistes (“putes, vous respectez rien, connasses !”, “salopes !”) sont passibles de 12 000€ d’ euros d’amende.

Étudiantes et Ă©tudiants, l’universitĂ© est un lieu politique et doit rester un espace de rĂ©flexion ne l’oublions pas !



Article publié le 01 Oct 2019 sur Iaata.info