Novembre 27, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Manif du 23 novembre.

Andalousie :
La CGT (ConfĂ©dĂ©ration nationale du travail anarcho-syndicaliste) dĂ©crit l’accord mettant fin Ă  la grĂšve des mĂ©tallurgistes comme un « cadeau aux patrons »

Les accords entre les grands syndicats et les patrons ont Ă©tĂ© conclus « dans le dos des travailleurs », entraĂźnant une perte de pouvoir d’achat et marginalisent les travailleurs prĂ©caires, selon la CGT et la CTM (Coordination des travailleurs du mĂ©tal), les syndicats qui ont Ă©tĂ© exclus des nĂ©gociations. AprĂšs neuf jours de grĂšve, de nĂ©gociations et de manifestations Ă  Cadix, la FĂ©dĂ©ration des mĂ©tallurgistes et les CC OO (Commissions ouvriĂšres) et UGT (Union gĂ©nĂ©rale des travailleurs) ont conclu un accord de trois ans prĂ©voyant des augmentations salariales annuelles de 2 %. En 2024, les employeurs s’engagent Ă  examiner l’éventuelle perte de pouvoir d’achat causĂ©e par l’augmentation de l’indice des prix Ă  la consommation (IPC) et Ă  rembourser 80 % de cette diffĂ©rence.

La FĂ©dĂ©ration syndicale CGT des mĂ©tallurgistes dresse un bilan « trĂšs nĂ©gatif » de l’accord conclu Ă  SĂ©ville, qui met fin aux mobilisations, un accord dans lequel « c’est la classe ouvriĂšre qui est perdante ». Selon le syndicat, le pacte se traduira par une perte de salaire rĂ©el pour le secteur de la mĂ©tallurgie Ă  Cadix au cours des trois prochaines annĂ©es, « alors que c’était l’une des revendications qui a le plus mobilisĂ© les travailleurs au cours des derniĂšres semaines de protestation ».

À un mois de la fin de l’annĂ©e, l’IPC a atteint 5 %. L’augmentation salariale convenue est loin de l’IPC et « encore loin » des revendications initiales, et elle est particuliĂšrement prĂ©judiciable aux travailleurs prĂ©caires qui « sont ceux qui souffrent le plus des consĂ©quences de l’instabilitĂ© de l’emploi dans ce secteur », dĂ©nonce la CGT. Les accords de SĂ©ville ont Ă©tĂ© pris, dĂ©nonce la CGT, « dans le secret le plus absolu » sans compter sur les travailleurs et « visent Ă  annuler la grĂšve illimitĂ©e » que les mĂ©tallurgistes de la baie de Cadix mĂšnent depuis le 19 novembre.

Selon les CC OO (Commissions ouvriĂšres) de Cadiz, l’accord a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© ratifiĂ© par la reprĂ©sentation des travailleurs appartenant Ă  ce syndicat et « soutenu par la grande majoritĂ© des travailleurs dans leurs assemblĂ©es ». Comme les CC OO l’ont reconnu le 25 novembre, l’accord a signifiĂ© « un frein aux revendications patronales », mais elles admettent en mĂȘme temps ĂȘtre « conscientes » que de nombreuses amĂ©liorations « ont Ă©tĂ© laissĂ©es de cĂŽtĂ© » pour « des accords futurs ».

La CGT, anarcho-syndicaliste, appelle au maintien de la grĂšve dans les prochains jours et souligne « la lutte exemplaire qui a lieu Ă  Cadix, soutenue et appuyĂ©e par toute la classe ouvriĂšre d’Espagne ». Cette lutte, affirme la CGT, « ne peut et ne doit pas avoir une fin dans laquelle ses protagonistes – ceux qui ont risquĂ© le plus pendant des jours de dure rĂ©pression policiĂšre – perdent avec un accord conclu avec ceux qui ont dĂ©jĂ  suffisamment d’expĂ©rience dans la trahison de la classe ouvriĂšre ». Selon la CGT, l’augmentation salariale convenue est loin de l’IPC et « encore loin » des revendications initiales, et nuit particuliĂšrement aux travailleurs prĂ©caires qui « sont ceux qui souffrent le plus des consĂ©quences de l’instabilitĂ© de l’emploi dans ce secteur ».

La Coordination des travailleurs du mĂ©tal (CTM) critique un « accord pour des miettes » produit d’une « nĂ©gociation vers le bas ». Selon ce syndicat, les dirigeants syndicaux « ont toujours Ă©vitĂ© de convoquer des assemblĂ©es » pour parvenir Ă  un consensus dĂ©mocratique sur les revendications : « comme ils le font depuis de trop nombreuses annĂ©es, les dirigeants syndicaux qui nĂ©gocient avec les patrons nous mettent devant le fait accompli ».

L’accord signifie une perte du pouvoir d’achat, selon le syndicat CTM. « Cela donne aux patrons tout le pouvoir et la capacitĂ© de faire ce qu’ils veulent ». Selon ce syndicat alternatif, la proposition d’augmenter les salaires de 2 % chaque annĂ©e avec des compensations de 80 % de la diffĂ©rence avec l’IPC (indice des prix Ă  la consommation) – et Ă  payer trois ans plus tard – est « simplement une perte de pouvoir d’achat ». Cette diffĂ©rence entre l’augmentation salariale de 2 % et l’IPC – qui est maintenant de 5 % – ne serait rĂ©alisĂ©e que partiellement et seulement aprĂšs la fin de l’accord : « En d’autres termes, les employeurs ont tout le pouvoir et la capacitĂ© de faire ce qu’ils veulent. Et nous savons dĂ©jĂ  par expĂ©rience qu’elle le fera ». La CTM qualifie d’ « inacceptable » le fait que tous les travailleurs prĂ©caires ne verront en aucun cas une augmentation de salaire de plus de 2 %.

« Nous n’avons pas luttĂ© pendant les neuf jours de grĂšve, perdant une grande partie de nos salaires ; rĂ©sistant aux agressions et Ă  la sauvagerie de la police, pour finir par accepter avec rĂ©signation un accord qui est un cadeau aux patrons », rĂ©sument la CTM et la CGT Metal BahĂ­a de Cadix.




Source: Monde-libertaire.fr