Mars 8, 2022
Par Cerveaux Non Disponibles
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Contre la guerre, les états de guerre et les impérialismes.
Pour le droit Ă  l’autodĂ©fense.

Beaucoup de choses ont Ă©tĂ© dites sur la guerre en Ukraine. Et comme souvent en pĂ©riode de guerre, les prises de position, mĂȘme les plus nuancĂ©es, engendrent des rĂ©actions binaires et disproportionnĂ©es. Dans ce climat d’incomprĂ©hension et alors que nous sommes sujets Ă  des manipulations mĂ©diatiques de tous les cĂŽtĂ©s, ce texte a pour objectif d’éclaircir notre position sur ce conflit.

Oui, le poids de la domination mondiale amĂ©ricaine est supĂ©rieur Ă  celui du reste du monde, notamment par son complexe militaro-industriel. Oui, l’armĂ©e amĂ©ricaine, c’est plus de 800 bases dans le monde, 35% des dĂ©penses militaires mondiales Ă  elle seule et c’est le modĂšle impĂ©rialiste amĂ©ricain qui semble le plus diffusĂ© partout sur la planĂšte et par tous les moyens possibles.

Oui, l’impĂ©rialisme de l’Occident et ses alliĂ©s est, de loin, celui qui a le plus dĂ©stabilisĂ© le monde et qui provoque la majoritĂ© des catastrophes sur cette planĂšte. Oui, le poids et la prĂ©sence de l’OTAN n’est comparable avec aucune autre armĂ©e, ni la Chine, ni la Russie. Enfin, oui, les États-Unis ont participĂ© Ă  une ingĂ©rence Ă  MaĂŻdan puis par la suite sous fond de guerre Ă©nergĂ©tique et d’hĂ©gĂ©monie militaire, et cette guerre en est une consĂ©quence directe.

Cependant, c’est le prĂ©sident russe qui a fait le choix dĂ©libĂ©rĂ© d’envahir militairement un pays souverain dans son intĂ©gralitĂ©. Les civils sont les victimes et il n’y a absolument pas de justification Ă  trouver Ă  cette invasion criminelle dĂ©cidĂ©e par Poutine. La population ukrainienne dans son intĂ©gralitĂ© en paye le prix. Elle subit les bombardements, ses habitants peuvent mourir qu’ils soient dehors ou chez eux. Nous les soutenons de maniĂšre inconditionnelle.

Aussi, nous sommes solidaires des Russes victimes de la rĂ©pression du Kremlin sur son sol, Ă  l’image des mobilisations anti-guerre partout en Russie. Mais Ă©galement Ă  l’étranger, par son ingĂ©rence dans certains pays comme le Kazakhstan et la BiĂ©lorussie, oĂč les hommes de Poutine ont participĂ© Ă  mater des mouvements sociaux.

Soyons clairs : le rĂ©gime de Poutine n’a pas de leçons Ă  donner concernant l’extrĂȘme-droite vu les liens qu’il entretient au niveau international avec cette mouvance, allant jusqu’à son financement et Ă  confier des missions au groupe Wagner. Les fascistes sont trĂšs divisĂ©s sur la question ukrainienne et se trouvent des deux cĂŽtĂ©s.

Le rĂ©gime du parti Russie Unie est celui des oligarques mafieux, et mĂȘme s’il a su redresser Ă©conomiquement un pays humiliĂ© par la prĂ©sidence de Boris Eltsine, son fondement demeure capitaliste et trĂšs autoritaire. Nous n’oublions pas non plus les nombreux crimes de guerre dans le Caucase en TchĂ©tchĂ©nie, Ingouchie ou encore au Daghestan durant les annĂ©es 90/2000.

Ceci est dit, maintenant, il ne s’agit pas de tomber dans le “ni, ni” simpliste, ou Ă  l’inverse dans le campisme. TĂąchons donc de voir plus loin et d’essayer de saisir quelques enjeux de ce conflit et leurs consĂ©quences.

État de guerre depuis 2014

Le conflit ukraino-russe tient aussi ses racines du dĂ©coupage hasardeux durant l’époque soviĂ©tique, puis au moment de l’indĂ©pendance de l’Ukraine en 1991. L’Est du pays est trĂšs russophone et possĂšde des communautĂ©s russes trĂšs importantes. L’Ukraine est en proie Ă  des luttes entre russophiles et pro-europe depuis longtemps.

Les premiĂšres tensions entre les axes pro-russes et atlantistes prennent de l’ampleur durant la rĂ©volution orange en 2004 aprĂšs l’élection contestĂ©e de Viktor Ianoukovitch, successeur de LĂ©onid Kouchma (ex prĂ©sident pro russe) face Ă  Viktor Louchtchenko (pro-Europe soutenu massivement par l’occident), qui sera finalement Ă©lu. Ce dernier perdra Ă  son tour en 2010 contre le candidat pro-russe. Contrairement Ă  2004, les Ă©lections de 2010 se seraient dĂ©roulĂ©s sans irrĂ©gularitĂ©s, Ianoukovitch en sort vainqueur.

En 2013, peu avant Maïdan, le pays peine à se développer économiquement, criblé de dettes et en récession.
La Russie, qui reprĂ©sente une part forte de son endettement, lui accorde un prĂȘt de 15 milliards d’euros et baisse le tarif de son Ă©nergie, l’Union EuropĂ©enne lui ayant refusĂ© la somme de 20 milliards mais lui aurait elle aussi proposĂ© une aide consĂ©quente. Les deux camps possĂšdent des accords importants avec l’Ukraine, notamment dans le secteur agricole.

L’hiver 2013/2014, un mouvement pro-europĂ©en devient populaire pour une partie de la population lassĂ©e du rĂ©gime Ianoukovitch aprĂšs la rupture brutale d’un accord Ă©conomique facilitant des Ă©changes avec l’Union EuropĂ©enne. Le prĂ©sident ukrainien annonce renforcer ses relations Ă©conomiques avec la Russie.

Ce mouvement social s’amplifie et sera soutenu par toutes les branches du libĂ©ralisme, ainsi que par toutes les franges de l’extrĂȘme-droite. On ne peut cependant rĂ©sumer et essentialiser le profil des manifestants. Il s’agissait aussi d’un ras le bol gĂ©nĂ©ral des conditions sociales contre un rĂ©gime corrompu qui agirait dans l’intĂ©rĂȘt de la Russie, du dĂ©sir de sortir de cette crise, et bien sĂ»r du leurre libĂ©ral agitĂ© par l’Europe censĂ©e ĂȘtre libĂ©ratrice. Des faits graves de la part des nationalistes ukrainiens sont constatĂ©s durant l’occupation de la place MaĂŻdan, Ă©picentre de la contestation.

De son cĂŽtĂ©, le rĂ©gime pro-russe a aussi agi avec la maniĂšre forte, jusqu’à envoyer sa police anti-Ă©meute, la Berkout, tirer Ă  balles rĂ©elles sur les manifestants. Le rĂ©gime emploie des miliciens, la rĂ©pression est inouĂŻe : 103 manifestants seront tuĂ©s ainsi que 17 policiers. Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir commencĂ© ces tirs, et la situation devient hors de contrĂŽle. Le prĂ©sident finira par s’enfuir et sera condamnĂ© par contumace. Il est accusĂ© d’avoir dĂ©tournĂ© plus d’un milliard d’euros pendant son mandat.

Un premier gouvernement d’union nationale sera alors dĂ©crĂ©tĂ© en attendant des Ă©lections. Le parti de l’ancien prĂ©sident sera interdit d’élection ainsi que toutes les tendances communistes dont les symboles seront dĂ©truits. Les nationalistes obtiennent de fait des victoires idĂ©ologiques et des postes importants, mais s’effondrent par la suite Ă©lectoralement au dĂ©triment des libĂ©raux europhiles. Petro Poroshenko est Ă©lu en 2014 puis fragilisĂ© par des scandales de corruption.

Volodymyr Zelensky lui succĂ©dera en 2019. Durant sa campagne Ă©lectorale populiste, il joue son propre rĂŽle dans un feuilleton tĂ©lĂ©visĂ©, sous fond de lutte contre la corruption (son nom est depuis citĂ© dans l’affaire Pandora Papers). Le prĂ©sident ukrainien tente de se rapprocher encore plus de l’Occident et de l’OTAN, mais dit aussi vouloir attĂ©nuer les tensions avec la Russie. Il ira mĂȘme jusqu’à gracier d’anciens policiers de la Berkout.

Paradoxalement, les USA demeurent assez distants. Biden n’a proposĂ© de rencontrer Zelensky qu’en AoĂ»t 2021. Cette proposition intervenait dans un contexte, oĂč Biden avait nĂ©gociĂ© la levĂ©e des sanctions Ă©conomiques sur le Gazoduc North Stream 2 avec l’Allemagne. Zelensky Ă©voquait alors « Une grave menace pour la sĂ©curitĂ© » de son pays. « Nord Stream 2 va priver l’Ukraine de ses approvisionnements en gaz, ce qui signifie nous priver d’au moins 3 milliards de dollars par an
 Nous n’aurons rien Ă  verser Ă  l’armĂ©e ukrainienne » (source le Monde). Rappelons qu’entre 2014 et 2019, Biden fils (Hunter), Ă©tait membre du conseil d’administration de Burisma, le plus important exploitant de gaz du pays.

ParallĂšlement au changement de rĂ©gime en 2014, la Russie intervient en CrimĂ©e, rĂ©gion composĂ©e majoritairement de Russes. Une partie importante de ses habitants semble revendiquer son rattachement Ă  la Russie. Poutine accepte directement de la reconnaĂźtre en tant qu’état russe. Une autre rĂ©gion situĂ©e Ă©galement Ă  l’Est oĂč se trouvent de fortes populations russes, le Donbass, est en proie, depuis, Ă  une situation de guerre civile avec des affrontements rĂ©guliers.

Le Donbass au cƓur du conflit

SituĂ© Ă  l’extrĂȘme Est, le Donbass est composĂ© de deux rĂ©gions (Oblast de Donetsk et Lougansk). Environ 70% de la population y est russophone y compris parmi les ukrainiens. Sa population est russe Ă  environ 38%, il existe d’importantes communautĂ©s musulmanes qui reprĂ©sentent 15 Ă  20% de la population suivant les zones, les ukrainiens constituant la majoritĂ© du reste de la population, environ 40%. Les terres agricoles y sont riches, ses ressources principales sont le charbon et le fer et le sud bĂ©nĂ©ficie d’un accĂšs Ă  la mer Noire.

Les accords du cessez-le-feu de Minsk II signĂ©s en BiĂ©lorussie en 2014 sont constamment violĂ©s par les deux camps. On dĂ©nombre prĂšs de 10 000 morts et un million et demi de dĂ©placĂ©s en 2020 depuis le dĂ©but du conflit (source Vice). Il est constatĂ© des exactions extrĂȘmement graves des deux cĂŽtĂ©s. La population subit une vĂ©ritable guerre de tranchĂ©es, mĂȘme si elle Ă©tait jusqu’à prĂ©sent considĂ©rĂ©e comme de “basse intensitĂ©â€.

Il convient donc de rappeler que mĂȘme si ce conflit armĂ© a pris aujourd’hui des proportions inquiĂ©tantes et s’étend dorĂ©navant Ă  l’ensemble du sol ukrainien, l’état de guerre existe dans le Donbass depuis EuromaĂŻdan et l’annexion de la CrimĂ©e. Certaines zones du sud ont connu des affrontements trĂšs violents Ă  l’exemple de l’incendie criminel attribuĂ© aux nationalistes ukrainiens Ă  Odessa, Ă  l’encontre d’une maison syndicale communiste, qui a fait 42 morts asphyxiĂ©s ou brĂ»lĂ©s vifs.

Les Ă©lections rĂ©gionales du Donbass avaient donnĂ© pour rĂ©sultat une victoire des sĂ©paratistes Ă  plus de 60% mais il est trĂšs difficile d’évaluer la lĂ©gitimitĂ© de ces rĂ©sultats, sous la pression des milices. Cette zone est pratiquement impĂ©nĂ©trable pour les ressortissants Ă©trangers, y compris les journalistes. Nous prĂ©fĂ©rons, par manque de sources fiables, Ă©viter de spĂ©culer sur la situation de ces deux rĂ©gions clĂ©s. Nous retenons que des initiatives pour la paix existeraient de maniĂšre marginale, et que les informations sont difficiles Ă  obtenir.

Un conflit sous fond de concurrence énergétique et militaire

L’Ukraine est un pays qui dispose de beaucoup de ressources agricoles dont le blĂ©. C’est aussi le 7Ăšme producteur de fer au monde, le 8Ăšme de manganĂšse et d’uranium, le 6Ăšme en titane. Elle se situe au milieu d’une zone de transit entre la Russie et l’Europe notamment des gazoducs. La Russie quant Ă  elle est l’un des plus gros fournisseurs d’énergie de l’Europe. MĂȘme si cette tendance est Ă  la baisse : le gaz russe ne reprĂ©sente que 25% de ses importations en 2021 contre 40% il y a peu (source think tank Bruegel).

Jusqu’à prĂ©sent, bien que parfois tendues, les relations russo-europĂ©ennes n’empĂȘchent pas des accords Ă©nergĂ©tiques essentiels pour leurs Ă©conomies respectives. L’Allemagne, qui dĂ©pend Ă  50% de la Russie pour son approvisionnement en charbon dans les centrales Ă©lectriques et largement de son gaz, interrompt les livraisons Ă©nergĂ©tiques du gazoduc North Stream 2 sous la pression amĂ©ricaine qui a dĂ©cidĂ© d’appuyer cette dĂ©cision par des sanctions contre le gĂ©ant russe Gazprom, partenaire de ce projet. Pourtant, les livraisons de North Stream 1 continuent.

Il y a une certaine hypocrisie de l’Europe, la France en tĂȘte : son industrie est la plus prĂ©sente parmi les pays Ă©trangers en Russie. À peu prĂšs toute la classe politique europĂ©enne qui condamne son intervention n’a eu aucun problĂšme Ă  se prendre, auparavant, en photo avec Vladimir Poutine et parfois Ă  le soutenir, notamment en France (Macron, Hidalgo, Les RĂ©publicains, Rassemblement National, ReconquĂȘte..). Cependant, il est Ă©vident que la Russie sera sanctionnĂ©e Ă©conomiquement et que les rĂ©percussions sur le prix de l’énergie et du blĂ© seront consĂ©quentes.

Les AmĂ©ricains y voient probablement une opportunitĂ© pour affaiblir l’état russe de l’intĂ©rieur Ă  moyen et long terme et exporter plus vers l’Union EuropĂ©enne et l’Ukraine. Devenus des (sur)producteurs qui exportent leurs Ă©nergies : pĂ©trole et surtout gaz de schiste. Ce dernier a du mal Ă  se vendre, Ă©tant trĂšs polluant et plus coĂ»teux que le gaz russe. Priver ou diminuer l’influence Ă©nergĂ©tique de la Russie s’avĂšre une option financiĂšre viable. Pour autant, malgrĂ© quelques sanctions symboliques du soft power acquis Ă  l’Occident (sport, eurovision..), la plupart des pays europĂ©ens n’ont rompu aucun contrat Ă©conomique avec la Russie.

Militairement, l’OTAN n’a cessĂ© de repousser ses frontiĂšres en incluant tous les pays membres de l’Union EuropĂ©enne Ă  chaque fois en s’approchant de la zone frontaliĂšre russe depuis la fin du rideau de fer en y posant des bases militaires. Cette stratĂ©gie “dissuasive” amplifie la surenchĂšre belliqueuse de Vladimir Poutine qui a pourtant, par le passĂ©, proposĂ© des accords de coopĂ©ration militaire avec le camp occidental, qui ont toujours Ă©tĂ© refusĂ©s. L’attitude offensive de la Russie fait elle aussi rĂ©flĂ©chir sur les raisons qui poussent ses pays Ă  se positionner vers l’Ouest.

DĂ©militarisation et paix rĂ©volutionnaire, l’axe de sortie impossible

L’agression militaire russe est incontestable, indĂ©fendable, mais elle Ă©tait loin d’ĂȘtre imprĂ©visible. On peut se demander Ă  juste titre jusqu’oĂč serait prĂȘt Ă  aller le Kremlin. L’Europe, binĂŽme franco-allemand et Emmanuel Macron en tĂȘte, a encore prouvĂ© ici son incapacitĂ© d’indĂ©pendance vis Ă  vis des États-Unis, et son incompĂ©tence diplomatique totale. La seule chose que l’Europe propose est de fournir quelques armes, Ă  l’image de l’Allemagne qui livre 4000 lance-missiles, comme si c’était une solution durable.

L’UE n’a pas su calmer les ardeurs de Poutine et a abandonnĂ© l’Ukraine. Elle dispose d’une marge de manƓuvre pourtant rĂ©elle vis Ă  vis de l’économie russe. Elle aurait pu s’interposer et tenter d’éviter le pourrissement de cette situation, y compris dans son intĂ©rĂȘt Ă©conomique, et donc Ă©viter que l’Ukraine devienne le paillasson de la concurrence entre Moscou et Washington. La force dissuasive de l’OTAN n’a pas fonctionnĂ©.

Concernant la demande d’adhĂ©sion Ă  l’Union EuropĂ©enne par la prĂ©sident Zelensky “sans dĂ©lai”, il n’existe lĂ©galement aucun moyen de ne pas passer par des milliers des textes, de recours et d’accords Ă©conomiques qui le permettraient. Si elle se rĂ©alisait, cette adhĂ©sion de l’Ukraine Ă  l’Union EuropĂ©enne engagerait de facto le Kremlin dans une guerre contre l’Union EuropĂ©enne, dont l’OTAN ne veut probablement pas. L’OTAN a rejetĂ© l’idĂ©e d’une zone d’exclusion aĂ©rienne en Ukraine.

L’intervention russe, quant Ă  elle, semble actuellement tenue en Ă©chec. Il est impossible de savoir combien de soldats et de civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s pour le moment. MalgrĂ© le poids de l’occupation militaire russe, la rĂ©sistance ukrainienne est solide et a l’air de tenir le coup. C’est un courage et une dĂ©termination sans faille Ă  laquelle est confrontĂ©e l’armĂ©e russe.

Si la Chine soutient discrĂštement Poutine, faute de quoi il n’aurait probablement jamais osĂ© se lancer dans cette guerre, difficile de prĂ©voir comment va se positionner et agir PĂ©kin. Ce conflit semble parti pour s’éterniser, reste que la Russie paraĂźt isolĂ©e sur le plan international. AprĂšs un vote Ă  l’ONU sur une rĂ©solution pour la fin de son intervention Ukraine, la majoritĂ© de ses alliĂ©s traditionnels se sont abstenus et semblent souhaiter que ce conflit s’arrĂȘte.

Concernant la suite, nous lisons beaucoup de spéculations sur :

– Un enlisement et une surenchĂšre qui auront des consĂ©quences humaines et Ă©conomiques dĂ©sastreuses, sauf peut-ĂȘtre pour les marchands d’armes et les oligarques.
– Une amplification de cette situation de guerre froide malgrĂ© un Ă©ventuel cessez-le-feu, peu probable Ă  l’heure actuelle.
– Une paix tactique purement libĂ©rale parce que financiĂšrement cela pourrait ĂȘtre rentable, difficile tant que la Russie refuse de se plier aux exigences de Washington et qu’elle n’obtient pas le Donbass.
– L’adhĂ©sion ukrainienne Ă  l’Union EuropĂ©enne, peu probable, qui engagerait de facto une guerre mondiale.

Nous prĂ©fĂ©rons Ă©viter les pronostics, et soyons francs, la seule solution que nous dĂ©fendons est impossible Ă  l’heure actuelle : la paix rĂ©volutionnaire dans une perspective internationaliste et le droit Ă  l’autodĂ©fense. C’est-Ă -dire, la lutte contre tous l’impĂ©rialisme, les guerres et leurs Ă©tats de guerre dans une logique rĂ©volutionnaire de dĂ©militarisation globale. Nous devons ainsi nous attaquer aux causes de ces conflits, Ă  l’image du mouvement contre la guerre au Vietnam en 1968.

Ces mouvements anti-guerre doivent trouver un renouveau : depuis la guerre en Irak de 2003, ils n’existent plus que de façon marginale. L’Ukraine nous en rappelle pourtant la nĂ©cessitĂ©. Cependant, cet eurocentrisme qui traduit un racisme inconscient doit aussi ĂȘtre dĂ©passĂ©. Nous ne devrions pas attendre qu’un conflit se rapproche de nous ou le « risque d’une guerre mondiale Â» pour nous sentir touchĂ©s, ni nous rĂ©signer aux indignations sĂ©lectives uniquement contre l’État russe.

D’autres peuples subissent ou ont connu rĂ©cemment des situations de guerre, comprenant des occupations militaires, des massacres, des dĂ©placements de population, des bombardements, des famines et nombre d’horreurs : Libye, Syrie, YĂ©men, Palestine, TigrĂ©, Sud Soudan, Darfour, une partie importante du Sahel, Somalie, Syrie, Afghanistan, Est du Congo
 Le Sud global n’attire jamais cette attention alors que bien souvent l’Occident participe Ă  ces ingĂ©rences catastrophiques, ce qui ne lui donne aucun droit de donner des leçons.

Nos pensĂ©es vont vers toutes les victimes de ces conflits : nous sommes donc de tout cƓur avec le peuple ukrainien, pour le retrait immĂ©diat des troupes russes et le dĂ©mantĂšlement de l’OTAN !




Source: Cerveauxnondisponibles.net