294 visites

Aux premiers jours de la guerre, fin février, il y a eu de nombreuses manifestations partout en Russie. Les féministes russes et ukrainiennes n’ont pas été en reste, contre une guerre dont les femmes sont les premières victimes.

Les collectifs féministes ont lancé un appel, signé Résistance féministe anti-guerre, qui rappelle combien toute guerre est incompatible avec les objectifs féministes : la guerre est synonyme de violence, de pauvreté, de déplacements forcés, de vies brisées, d’insécurité et d’absence d’avenir. Elle est inconciliable avec les valeurs et les objectifs essentiels du mouvement féministe.

Leur appel insiste également sur ce que les guerres font subir aux femmes : la guerre exacerbe les inégalités de genre et fait reculer de nombreuses années les acquis en matière de droits humains. La guerre apporte avec elle, non seulement la violence des bombes et des balles, mais aussi la violence sexuelle : comme l’histoire le montre, pendant la guerre, le risque d’être violée est multiplié pour toutes les femmes. Les valeurs « traditionnelles » défendues par Poutine incluent évidemment le patriarcat, on se souvient que la pénalisation des violences de couple a été supprimée en 2017 si elles n’envoient pas la victime à l’hôpital.

Les signataires appellent les féministes du monde entier à la solidarité : « Nous sommes l’opposition à la guerre, au patriarcat, à l’autoritarisme et au militarisme. Nous sommes l’avenir qui prévaudra. »

Yelena Osipova qui a survécu au siège de Leningrad par la Wehrmacht, au cours de la Seconde guerre mondiale, a été arrêtée deux fois en manifestant avec ses pancartes anti guerre.

La journaliste Marina Ovsyannikova est passée derrière la présentatrice du journal télévisé principal avec une pancarte antiguerre, le monde et la Russie entière l’ont vue. Elle est maintenant bloquée en Russie et sera jugée.

Le 8 mars, les groupes féministes sont allés devant les monuments de la Deuxième Guerre mondiale déposer des fleurs jaunes et bleues.

Une action héroïque de la journaliste Marina Ovsyannikova, sur Pervy Kanal (Canal n°1). Elle risque à présent quinze ans de prison.


Tout le dossier sur l’Ukraine


Une opposition à risque

Mais manifester en Russie est devenu quasiment impossible. L’utilisation du mot « guerre » est interdit et passible de quinze ans de prison et les manifestations sont réprimées. À la mi-mars, au moins 15 000 personnes avaient déjà été arrêtées. La première arrestation conduit à quinze jours de prison, la deuxième à trente jours, ces peines sont décidées administrativement. La troisième conduit devant la justice pénale et est passible de cinq ans de travaux forcés.

Pour les opposant·es à Poutine l’invasion de l’Ukraine n’est que la continuation de la politique de conquête de Poutine, conquête exercée depuis vingt ans contre la Crimée, en Tchétchénie, en Géorgie. Et les mesures de répression prises par les autres pays n’auront peut-être pas les effets escomptés parce que les russes n’ont pas les infos pour les comprendre, parce qu’il est bien tard et aussi parce que toutes les grosses boîtes ne jouent pas le jeu. La solidarité des peuples est vitale.

Christine (UCL Sarthe)




Source: Unioncommunistelibertaire.org