Habiter dans un bureau ce n’est jamais vraiment le grand luxe mais c’est au moins un espace un peu intime que l’on s’approprie pour y vivre. Des bureaux squattés en grand nombre c’est toujours problématique au niveau des points d’eau, des sanitaires, des cuisines. L’insalubrité s’installe vite quand on a pas les moyens ou les compétences pour y faire face. Au sein de ce bâtiment, les habitant.es gèrent eux même leur espace de vie avec les moyens du bord et le soutien de quelques personnes extérieures.

Celles et ceux qui veulent expulser ce lieux se complaisent à dire que l’insalubrité y est épouvantable, que le risque est trop grand et que les habitant.es doivent immédiatement quitter les lieux. Comme si c’était les personnes en danger qui étaient responsables de cette situation, comme si il y avait un meilleur endroit pour elles et eux.

Les habitant.es n’ont pas besoin des élu.es et des hauts responsables pour venir leur rappeler qu’illes vivent dans des conditions difficiles, les habitant.es ont besoin d’aide concrète !

Nous dénonçons la responsabilité et la complicité des grands propriétaires, des juges, de la mairie de Toulouse, de la préfecture de la Haute Garonne, de l’association France Horizon de maintenir les personnes en exil et/ou en galère dans des conditions déplorables dans un mépris déconcertant.

Pas de trêve ni de délais accordé par le juge face aux plus grand squat de Toulouse, des propriétaires qui laissent des bâtiments vides pendant des années pendant que les campements s’agrandissent, un maire et ses adjoints qui veulent invisibiliser les pauvres pour faire rêver les riches, une préfecture qui veut expulser le plus vite possible les habitant.es et France Horizon, une association dite « solidaire et sociale », qui recense les habitant.es dans le but d’évaluer les moyens policiers à mettre en place le jour de l’expulsion plus que pour trouver des solutions de relogement.

Tout.es celleux là ont les moyens et les compétences pour améliorer les conditions de vie des centaines d’habitant.es de ce bâtiment, mais iels préfèrent plutôt mettre les moyens dans une mission policière pour une expulsion rapide.

La politique actuelle est claire et elle se base sur la répression et un racisme d’État bien ancré pour maintenir à l’écart et dans des situations dramatiques celles et ceux qui ont dû quitter leur pays d’origine. Pour rappel, l’exil est un choix lourd de conséquences et difficile à supporter au quotidien. L’exil de masse est le résultat de situations politiques et économiques pourries et mortelles dont les puissances occidentales sont responsables.

On en a marre de voir des solutions individuelles prônées comme seules issues. Les démarches administratives et chronophages sont bien souvent inutiles : appeler le 115, faire une demande de logement social, le Droit Au Logement Opposable, tout cela n’aboutit pas. Pourquoi continuer de perdre son temps dans des démarches sans résultats ? Tente ta chance, on sait jamais, répètent les services sociaux.

Ras le bol de jouer à la loterie avec la vie des opprimé.es ! D’ailleurs il n’y a qu’à voir comment se passent les expulsions : des gommettes sur les portes pendant le recensement ou des bracelets de couleurs pour la destination du bus (calais, 2016).

A Toulouse mais comme dans beaucoup de villes françaises, de nombreux squats ont été expulsés à quelques jours seulement de la trêve hivernale [1] mettant à la rue des dizaines de personnes, dont des familles avec enfants, alors qu’elles auraient pu garder leurs maisons au moins jusqu’en avril. Que la police fasse usage de la force ou non, ces moments sont toujours violemment vécus et humiliants pour les concerné.es. Heureusement des collectifs d’entraide arrivent à réagir à l’urgence de ces situations. Si la préfecture n’a pas eu de scrupules à expulser en cette période que peut on présager pour l’hiver à venir ?

Il n’y a rien de plus insupportable que de se sentir impuissant.e face à cette situation intolérable. Alors qu’est-ce qu’on fait quand tout ça nous fait violence ? Comment apporter sa pierre à l’édifice en fonction de ses moyens et de son temps ? Comment peut-on soutenir ?

Voici quelques pistes pour soutenir les habitant.es de squats :

-Si il y a expulsion  : besoin de monde rapidement pour soutenir et protéger les habitant.es des forces de l’ordre, mettre la pression pour que les habitant.es récupèrent leurs affaires ou empêcher qu’illes ne soient envoyé.es en CRA. Être réactif.ives et proposer des actions de soutien pour alerter le public.

-visibiliser : distribuez les communiqués [2] des collectifs d’habitant.es, relayez leurs paroles collective dans vos réseaux sociaux (travail, assos, familles….) voir les diffuser dans les boites aux lettres, dans les commerces, les cafés…

Des banderoles aux balcons, des tags sur les murs… lâchez vous !

-interpellez les pouvoirs publics individuellement ou collectivement pour afficher les responsables. Leurs décisions ont des conséquences inacceptables. Participez aux rassemblements [3] des différents collectifs, faisons masse pour dénoncer et visibiliser la situation des personnes concernées.

-repérer :si vous connaissez des locaux ou des habitations vides parlez en aux collectifs qui accompagnent à l’ouverture de squats. Vous pourrez même participez si vous venez aux réunions, et en plus à Toulouse il y a l’embarras du choix !

-partager vos savoirs techniques et pratiques. Il y a toujours de grands besoins en plomberie, en électricité, pour des petits travaux,…

-apporter sur place des choses utiles et fonctionnelles : matelas sains, chauffages à brancher, draps, plaques électriques, machines à laver, consommables…

-et surtout être à l’écoute des concerné.es, ne supposez pas à leur place mais plutôt relayez et permettez l’émergence de leur parole.

Une place pour chacun.es

Par ce qu’il y a de la place pour tous.tes !

Un toit sur la tête ça n’est pas du luxe…


Article publié le 22 Nov 2019 sur Iaata.info