Octobre 27, 2022
Par Collectif Emma Goldman
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Comme Chicoutimi ou Roberval, la ville de Trois-Rivières a connu une augmentation très importante de l’itinérance dans les dernières années. L’embourgeoisement avec les condos qui poussent comme des champignons et la fermeture ou la conversion de maisons de chambres du centre-ville en logements privés a jeté à la rue bien du monde, en plus des logements convertis en AirBnB pour les touristes. Les promoteurs privés ont toute l’écoute de la ville même s’ils nuisent au bien-être du locataire moyen. Le logement social est délaissé pour faire place à de soi-disant logements abordables (avec du financement public pour les promoteurs). Les ressources communautaires en place pour aider les personnes en situation d’itinérance, aux prises avec une pénurie de main d’oeuvre, peinent à répondre aux besoins croissants et mettent de côté certaines personnes. Sans logement ou service qui répondent à leurs besoins, les personnes itinérantes s’organisent comme elles peuvent pour survivre : les campements de fortune sont de plus en plus visibles dans la ville, des lieux chauffés comme les guichets automatiques servent de refuge et l’église Sainte-Marguerite a été squattée l’an dernier. Le squat a été évincé depuis, mais, signe que les dirigeants ne comprennent rien, tout ce qui a changé c’est la démolition de l’église et la construction de développements immobiliers coûteux sur son emplacement.

Une personne militante de la ville a été témoin du démantèlement hier matin du campement de fortune d’une personne itinérante sur les berges du site “Trois-Rivières sur Saint-Laurent”. Une scène hideuse d’injustice sociale, des employé-e-s des Travaux publics de la ville accompagnaient deux policiers pour porter ce coup violent : retirer à une personne son seul domicile improvisé pendant son absence et mettre ses choses dans des sacs de poubelle. Une employée affairée à cette sale besogne a expliqué agir ainsi à la suite d’une requête d’une habitante du quartier. Rien ne peut justifier d’écraser dans la misère des gens déjà vulnérables. Cette scène que l’on a également vu au Saguenay est tout simplement déshumanisante ; évincer du monde dans la rue. Mais on sait bien que ce que la ville défend à travers cela est la propriété privée et le porte-feuille des embourgeoiseurs de nos quartiers.

À cette chasse aux pauvres, on peut riposter. Les camarades de Trois-Rivières ont à ce titre lancé quelques initiatives. Le Collectif Matente Aloue, un projet artistique et revendicateur, est passé à l’action pour dénoncer la crise du logement et parler d’itinérance. Il a également soutenu les locataires d’une maison de chambres dans leur refus d’une hausse de loyer et de l’éviction de leur logement. Il y a aussi un collectif Food not bombs qui a été mis sur pied et qui fait la distribution de repas gratuits. Tant qu’il y a de la résistance, il y a de l’espoir!




Source: Ucl-saguenay.blogspot.com