Nous sommes de jeunes tchadiens, exilés car il y a au Tchad un dictateur, Idriss Deby, soutenu par les militaires français. Nous ne voulons pas de la charité ni être considérés comme des victimes. Nous vivons libres, nous mourrons libres. La France soutient le dictateur et bombarbe les résistants tchadiens et nous n’acceptons pas ce qu’elle fait dans notre pays. Nous ne demandons rien au gouvernement français.

Le 11 novembre 2019 le tyran dictateur tchadien est venu en France et nous avons décidé de manifester contre sa présence et contre celle des bases militaires françaises sur le sol tchadien.

Nous nous sommes confrontés à la violence de la police, qui nous a frappés et arrêtés en nombre. Parmis nous, certains ont été relâchés après un contrôle d’identité et 11 ont été placés en garde-à-vue. Suite à un rassemblement devant le commissariat du XVe arrondissement, 7 sont sortis dont 5 avec des obligations de quitter le territoire français (OQTF).

Quatre autres ont été déférés au tribunal pour violence sur flics et rébellion, où ils ont attendus une décision pendant 10h. Un, gravement blessé par la police, est finalement sorti avec un rappel à la loi et une interdiction du XVe arrondissement jusqu’à 2020. Les trois autres ont une date de procès le 17 décembre 2019 et ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention (JLD) dans trois prisons différentes dans l’attente de l’audience.* Des demandes de mise en liberté ont été déposées et devraient être examinées en audience publique dans les jours qui viennent.

Nous exigeons le départ de l’armée française du Tchad et nous refusons que l’État français intervienne dans les conflits entre les rebelles et le gouvernement tchadien. Nous exigeons la libération de nos camarades.

Libérez nos camarades !

Comme le dit le nom de notre collectif : unité, liberté, courage !

*il s’agit d’une « comparution à délai différé », une nouvelle procédure créée en mars 2019. Elle est décidée par le procureur au même titre qu’une comparution immédiate, dans le cas où des actes de l’enquête sont en attente de résultat. (Ici il s’agit du calcul des ITT pour deux des cinq flics qui se portent partie civile.) Dans ce type de procédure le jugement doit obligatoirement avoir lieu dans les deux mois.


Article publié le 18 Nov 2019 sur Paris-luttes.info