Voici le tract de SUD ptt

C’est ça votre “modèle social postal” M. Wahl ?

Le 13 mai, La Poste passait devant le tribunal correctionnel de Nanterre. C’est l’aboutissement de 6 ans de procédures suite au décès de Seydou Bagaga, un collègue employé par un sous-traitant de Coliposte, qui s’était noyé dans la Seine en tentant de récupérer un colis. La Poste comparaît pour prêt illicite de main-d’œuvre. Mais d’autres pratiques scandaleuses ont cours au sein du groupe La Poste. Ainsi, via un système de sous-traitance en cascade, Chronopost emploie des sans-papiers maintenus volontairement dans une situation précaire.

Dumping social interne

Loin d’être utilisé de manière exceptionnelle, par exemple dans le cadre d’un surcroît temporaire d’activité, ou en- core pour assurer des activités n’entrant pas dans le champs de compétences des salarié·e·s de l’entreprise, le recours à la sous-traitance est érigé en système par La Poste, dans le secteur du colis.

Récemment interviewé par Les Echos, Philippe Wahl, PDG du groupe, assume tranquillement “la diversité des formes d’emploi”. Mais, alors qu’il fait référence aux fonctionnaires, CDI, CDI intérimaires, autoentrepreneurs, etc., il oublie étrangement de mentionner les sous-traitants. Pourtant, à Coliposte par ex, 4 colis sur 5 sont distribués par la sous-traitance.

On comprend que, soucieux de préserver l’image d’une poste déjà bien écornée par la médiatisation de la souffrance eu travail, Wahl ne souhaite pas mettre en avant la mise en place d’un véritable dumping social interne. La bible des dirigeants, c’est le CUP, le “coût unitaire du paquet”, qui doit être le plus bas possible. Pour cela il faut faire baisser le “coût” de la main d’œuvre. La sous-traitance est une véritable aubaine, puisque les salarié·e·s ne bénéficient pas des mêmes droits, ni des mêmes conditions de travail.

Du coup, tout les moyens sont bons, le prêt illicite de main d’œuvre comme le délit de marchandage, comme c’est le cas à Coliposte. C’est jusqu’aux plans de prévention, pourtant obligatoires, qui n’avaient pas été mis en place pour les sous-traitants. 146 infractions ont ainsi été notifiées dans un PV de l’inspection du travail adressé à la direction Colis Île-de-France.



A Chronopost, l’utilisation cynique des travailleurs sans-papiers

Chronopost, quant à elle, fait appel, pour le tri et la manutention, à des sociétés qui elles-mêmes utilisent des sociétés d’intérim… qu’elles ont le plus souvent créées. Une sous-traitance en cascade qui permet le cynisme le plus complet. Ainsi ces sociétés emploient des travailleurs sans-papiers, en veillant à ce que le turn-over soit le plus rapide possible. Ces travailleurs ne restent donc pas assez longtemps pour pouvoir être régularisés. Ils font face à un système bien organisé, qui vise à les maintenir dans une situation de fragilité, tout simple- ment pour leur faire accepter l’inacceptable, comme des horaires indignes par exemple. Cela, ça existe au sein d’un groupe qui est le 2e plus grand employeur après l’Etat, et dont ce dernier est l’actionnaire principal !



La Poste doit prendre ses responsabilités

Des salariés organisés au sein du Collectif des Travail- leurs Sans-Papiers de Vitry ont décidé de se révolter face à la situation qui leur est imposée. SUD PTT, avec d’autres, les soutient (voir le tract unitaire au verso). Nous revendiquons, avec eux, la ré-internalisation de la sous-traitance et la fin de l’utilisation de l’intérim. Dans l’immédiat, nous exigeons que l’employeur véritable, c’est à dire le groupe La Poste, remplissent les documents pour leur régularisation. Nous exigeons égale- ment que La Poste prenne pleinement ses responsabilités, et embauche ces travailleurs en son sein.


Article publié le 22 Mai 2019 sur Solidaires.org