Octobre 26, 2020
Par Sans Nom
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En quête assidue d’ « un équilibre entre responsabilité économique, responsabilité Sociale et responsabilité environnementale», le groupe Agsm de Vérone (Italie) est une entreprise qui affirme avoir quelque scrupule de conscience. Son objectif est évidemment d’obtenir du profit, mais elle veut le faire de manière propre, de manière quasi éthique oserait-on dire. Active dans le secteur de l’énergie, cette société ne veut rien avoir à faire avec le pétrole, le gaz ou le nucléaire. Non Monsieur, « puisque le développement durable est dans l’ADN du Groupe Agsm», sa spécialité sera l’exploitation des prétendues ressources renouvelables. Même le soleil, l’eau et le vent peuvent alimenter la Méga-Machine qui est en train de ravager la planète ! Un de ses derniers projets est ainsi la construction d’un grand champ d’éoliennes sur le mont Giogo, dans la zone du Mugello en Toscane. Agsm a présenté le projet il y a un an, lançant l’envoi des autorisations procédurales menées par la région, auxquelles ont participé 44 organismes, sans oublier un « débat ouvert avec les citoyens» qui s’est conclu le 24 août dernier. Il s’est terminé parce qu’il a mis tout le monde d’accord ? Non, bien sûr, il s’est terminé parce que ce genre de débat n’est qu’une formalité ennuyeuse à expédier en vitesse avant de passer aux choses plus lucratives.

C’est ainsi que le mercredi 21 octobre, les techniciens d’Agsm se sont rendus sur le mont Giogo pour y effectuer un sondage géognostique, en installant une espèce de foreuse mise en route dès la matinée pour perforer le sol. A la fin de leur première journée de travail, ils sont descendus de la montagne épuisés et fatigués, pendant que quelqu’un d’autre y montait plein de colère. Une fois entré sur le chantier, ce dernier a saboté la machinerie en bloquant le câble de l’accélérateur, en tranchant l’un des tubes du circuit aérodynamique de la foreuse, en coupant plusieurs câbles de protection et en perçant les pneus du tracteur utilisé pour transporter la machinerie sur le site. Selon l’avis des mêmes techniciens d’Agsm, ce quelqu’un serait ensuite revenu le lendemain matin (jeudi 22) pour balancer dans un fossé les tubes de carottage et les instruments que les ouvriers avaient laissé un peu plus bas. Le saboteur frappe-t-il toujours deux fois ?

Il n’est plus resté à l’Agsm que de porter plainte contre x à la caserne des carabiniers de Vicchio pour actes de vandalisme et de sabotage. Inutile de dire que le sabotage a été condamné par tous les politiciens, sans exception, des maires des villages alentours (selon lesquels les saboteurs auraient « mis en danger la sécurité des travailleurs» et « Dicomano, Vicchio, le Mugello ne méritent pas ça») aux dirigeants de parti (« Un événement déconcertant… des actes honteux commis par des délinquants»), en passant par les citoyennistes anémiques du Comité pour la protection des crêtes du Mugello (« Dès le premier jour et dès la première réunion nous avons déclaré que nous nous battrions avec tous les moyens de la légalité»). Tous sont là à s’interroger sur qui a bien pu transgresser la si polie confrontation démocratique.

Pourtant, la réponse flotte au vent, mon ennemi, la réponse flotte au vent.

[traduit de l’italien de finimondo, 25/10/20]

 




Source: Sansnom.noblogs.org