Novembre 16, 2020
Par ZEKA
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Initialement publié sur Indymedia Nantes le 26 octobre 2020, un tract en A5 recto/verso dont voici une libre transcription :

Parce que ce couvre-feu est lĂ©gitimĂ© par la « lutte » contre le virus alors que c’est avant tout un outil de gestion de la population. Quelle est la logique Ă  continuer les activitĂ©s la journĂ©e, mais de les interdire le soir  ? Ou d’interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, mais de garder la main d’Ɠuvre d’aujourd’hui et de demain au travail et Ă  l’école  ? Une logique selon laquelle ce qui n’est pas nĂ©cessaire Ă  l’économie et au maintien de l’ordre peut ĂȘtre supprimé  !

Nous refusons de respecter le couvre-feu parce qu’on ne croit pas une seconde que l’état agit « pour notre bien Â», il est comme toujours lĂ  pour maintenir l’ordre en place, qui profite aux mĂȘmes : les dominants de ce monde. Comme lorsqu’ils utilisent le vernis humanitaire pour leurs guerres nĂ©ocoloniales, ils avancent l’excuse de « sauver des vies Â» pour justifier leurs mesures sĂ©curitaires. Mais nous refusons cette idĂ©e fallacieuse de nous empĂȘcher de vivre, au nom de la « vie Â».

Parce que l’État fait partie du problĂšme, son unique rĂ©ponse est globale, obligatoire et avec la rĂ©pression Ă  l’encontre de celles et ceux qui ne respectent pas les rĂšgles. Comme d’habitude, en se plaçant comme essentiel, alliĂ© aux « scientifiques spĂ©cialistes Â» et aux mĂ©dias, l’État Ɠuvre pour nous empĂȘcher de rĂ©flĂ©chir et de nous organiser de façon autonome : penser Ă  ce que l’on pourrait faire, chacun·e avec les gentes autour de nous, avec cette situation de virus et tant d’autres infamies issues de ce monde. Se poser la question de comment l’on souhaite vivre


Nous refusons de respecter le couvre-feu parce que le monde avant Corona Ă©tait dĂ©jĂ  insupportable et que cette crise est une bonne occasion pour une accĂ©lĂ©ration exacerbĂ©e du contrĂŽle des populations (la moitiĂ© de la planĂšte a Ă©tĂ© confinĂ©e !), de la surveillance de masse, notamment par la technologie, de l’occupation policiĂšre, de la dĂ©lation
 En parallĂšle, cette crise renforce encore les rapports de domination dĂ©jĂ  bien existants (violences de classe, racistes, dans les familles
).

Nous sommes nombreu·ses·x Ă  nous questionner jusqu’oĂč cette situation ira sous le prĂ©texte de lutter contre ce virus. Les dirigeants de ce monde n’ont de cesse de parler de « bon sens Â», mais il nous semble Ă©vident que le seul moteur Ă  respecter le couvre-feu demeure la crainte de la rĂ©pression. Car il est Ă©vident que pour une bonne part d’entre nous, le non-respect des rĂšgles inquiĂšte. Mais nous souhaitons essayer de dĂ©passer cette peur (comme toutes celles qui nous enferment dans leurs rangs). Sortir aprĂšs le couvre-feu, et en journĂ©e se rĂ©unir dehors Ă  plus de dix. Nous voulons en parler autour de nous, se filer des combines face aux flics (avec ou sans attestations, avec ou sans papiers
), se raconter nos expĂ©riences, se donner de la force collectivement !

Comme avant, toutes les rĂ©voltes individuelles et collectives contre ce monde obscĂšne nous donnent de l’oxygĂšne et nous inspirent !

Pour que la vie ne se rĂ©sume pas Ă  de la survie !
Plutît allume-feu que couvre-feu !




Source: Zeka.noblogs.org