Mai 19, 2016
Par Marseille Infos Autonomes
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La tension qui monte entre ceux qui choisissent de rejoindre les manifestations sauvages et ceux qui préfèrent les cortèges syndicaux est lamentable parce que contre-productif, parce que, pendant ce temps, les flics se frottent les mains et nos gouvernants peuvent se féliciter que, ça y est, enfin, l’unité de départ, certes fragile, commence à exploser. Nos ennemis rigolent et trépignent de joie pendant que certains se tape dessus et que les autres les regardent. Pourtant, la répression a bien montré qu’elle concernait tout le monde et qu’elle ne faisait pas la différence entre les manifestants : les cagoulés bouffe le même gaz que les encartés, les camions syndicaux essuye des tirs tendus de grenades.

Ne tombons pas dans le piège une nouvelle fois. N’offrons pas aux flics et aux politiques le plaisir de nous voir saborder le mouvement social, n’offrons pas aux pontes syndicaux qui voudraient tant garder la bride sur les manifestations les raisons d’envoyer leurs services d’ordre cogner sur ceux qui ne veulent pas défiler comme eux. Ne stigmatisons ni ceux qui font le choix de balancer des projectiles sur les flics ni ceux qui préfèrent le « confort » d’un défilé derrière les banderoles et les camions syndicaux. Le mouvement social a besoin de toutes les forces militantes et son unité commence par le respect de la diversité des tactiques.

Pour contredire les médias et l’État qui essaient de nous diviser, pour faire cesser la tension montante au sein des cortèges, commençons par montrer aux flics qui encadrent et provoquent, aux politiciens qui nous pointent du doigt, que, non les manifestations sauvages ne sont pas en marge de la manifestation. Elles traduisent néanmoins l’envie de nombreux manifestants, syndiqués ou non de s’exprimer différemment, en assumant une certaine forme de conflictualité et en refusant de laisser les flics nous impressionner ou nous conduire là où ils veulent.

Alors, syndicalistes déterminés, choisissons de rejoindre les manifestations sauvages, n’hésitons pas à visibiliser notre présence. Non pas pour récupérer quoi que ce soit mais pour donner tord à nos ennemis, ceux-là qui dirigent l’État, les médias bourgeois, les partis politiques, aux intolérants sectaires en tout genre. Lorsque dans nos manifestations sauvages se côtoieront vraiment les capuches noires et les chasubles rouges aux logos syndicaux alors nous leur prouverons, notamment par l’image et le spectacle, mais aussi dans nos pratiques, que nous sommes bel et bien tous et toutes solidaires et que, au-delà des choix que nous avons fait, au-delà des structures au sein desquelles nous avons ou non choisi de nous organiser, nous sommes une masse unie, digne et prête à en découdre.

Groupe Germinal

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