Juillet 24, 2019
Par Paris Luttes
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Quand le pouvoir contre-attaque

Les images de gens scandant le fameux « Où est Steve ? » sur les Champs-Élysées lors du défilé du 14 juillet (que l’on peut aussi qualifier de vitrine publicitaire des armées françaises) ont suffisamment tourné pour que l’État déploie encore une stratégie de contre-offensive idéologique.

Cette question, on ne veut pas y répondre dans les hautes sphères. Steve L. est tombé dans la Loire à Nantes à l’occasion d’une charge extrêmement violente de la police lors de la répression d’une free party le 21 juin dernier. Et cette question nous amène à nous en poser d’autres.

Qui a tué Zineb Redouane, Adama Traoré ?

Qui tabasse, arrête et déporte des personnes voulant par une action d’occupation du Panthéon avoir des papiers, de la justice et de la dignité ?

Qui éborgne et mutile toutes les semaines une bonne partie de la population ?

Le pouvoir évite cette question pour protéger ses chiens de garde.

Et cette semaine, on a vu un certain nombre de mesures qui montre qu’en plus celui-ci les chouchoute particulièrement.

Médiapart a révélé que pas moins de 9 000 policier·ère·s ont reçu des médailles pour bons et loyaux services. On parle même ouvertement d’une « promotion Gilets jaunes ».

Ainsi on flatte son chien, on le félicite dans la gestion d’un conflit social. Et cela avec un certain cynisme quand on voit les conditions pour recevoir un nonos autour du cou : « La défense des institutions et des intérêts nationaux, le respect des lois, le maintien de la paix et de l’ordre public, la protection des personnes et des biens et la prévention, la médiation, la lutte contre l’exclusion, l’aide aux victimes. » Et on le félicite pour ses faits d’armes.

Parmi ces 9 000 nervis, on trouve par exemple Grégoire Chassaing, commissaire divisionnaire à Nantes, chargé des opérations de sécurité le 21 juin, lors de la Fête de la musique, donc celui qui donna l’ordre de charger une foule de fêtard·e·s au bord d’un canal, ce a qui mené à la disparition de Steve.

Ou sinon le capitaine Bruno Félix qui lui a été auditionné dans le cadre de l’enquête sur le décès de Zineb Redouane.

Enfin pour compléter cette dream team, on trouve aussi le commissaire Rabah Souchi responsable des opérations le 23 mars à Nice où Geneviève Legeay, âgée de 70 ans, a été très gravement blessée lors d’une charge. Quand on voit ce palmarès, on peut se demander combien faut-il avoir éborgné de personnes, combien pété de bras pour recevoir cette médaille ?

On a donc affaire à un dispositif d’offensive idéologique, car l’État transforme par cette décoration une violence contre sa population en quelque chose d’honorable.

Tabasser des manifestant·e·s, des habitant·e·s de quartiers populaires, est en effet quelque chose d’honorable pour un·e policier·ère, mais qu’on l’encourage aussi ouvertement montre donc que maintenant le pouvoir assume totalement sa violence. Et par cette médaille, l’État affirme un signe de fidélité à sa police.




Source: Paris-luttes.info