Cet interview de Bernard Duterme auteur de “la domination touristique” a Ă©tĂ© publiĂ© initialement sur le site grozeille.co

Le tourisme au temps du corona

G – Qu’est-ce qu’un touriste ? A partir de quand cesse-t-on de voyager, de rendre visite, de se balader, pour « faire du tourisme Â» ?

Bernard Duterme – Le fait de distinguer le « voyage Â», la « visite Â», la « balade Â», etc. du « tourisme Â» semble prĂ©cisĂ©ment ĂȘtre, Ă  mes yeux, un rĂ©flexe distinctif inhĂ©rent aux pratiques touristiques elles-mĂȘmes, Ă  savoir ces pratiques qui consistent Ă  franchir une frontiĂšre Ă  des fins rĂ©crĂ©atives – frontiĂšre nationale dans le cas du « tourisme international Â» que nous traitons dans La domination touristique (CETRI, 2018). De notre cĂŽtĂ©, considĂ©rons donc comme touriste, indistinctement, toute personne qui a le loisir de migrer hors frontiĂšres pour un sĂ©jour, une itinĂ©rance, un minitrip, un pĂ©riple, une immersion, une plongĂ©e ou un « tour Â» d’une journĂ©e, de deux semaines ou de plusieurs mois.

Que ce touriste puisse ensuite se diffĂ©rencier des autres, c’est un fait, mais il n’en reste pas moins un touriste Ă  part entiĂšre, souvent Ă  son grand dam d’ailleurs. C’est que quand l’enjeu revient Ă  se dĂ©marquer, Ă  se singulariser, Ă  « montrer que l’on sait, mieux que d’autres, jouir du spectacle du monde Â» (pour reprendre les mots de l’historien Sylvain Venayre), il n’y a rien de plus blessant que d’ĂȘtre ramenĂ© Ă  son Ă©tat commun. On a lĂ  une tendance de fond : Ă  la massification touristique rĂ©pond la stratification des pratiques : le « bon touriste Â» fuit mĂ©thodiquement le « mauvais Â» (le « touriste moutonnier Â», le « bronzer idiot Â»â€Š) qui finit par l’imiter. Le nanti recherche l’échappĂ©e et la sĂ©rĂ©nitĂ© ; l’aspirant nanti frĂ©quente les pĂ©riodes et les endroits populeux. Le premier valorise ses capitaux sociaux, spatiaux et linguistiques ; le second les bons moments, les clichĂ©s et les extras.

Les diverses appellations mobilisĂ©es ou les « styles de vie Â» correspondants – voyageur vs touriste, vacancier nomade vs vacancier sĂ©dentaire, aventure vs farniente, isolement vs grĂ©garitĂ©, etc. – renvoient Ă  un usage social diffĂ©renciĂ© du mĂȘme phĂ©nomĂšne touristique. PhĂ©nomĂšne qui se dĂ©cline dĂšs lors presque Ă  l’infini, selon la frĂ©quence et les destinations privilĂ©giĂ©es, les attentes Ă©noncĂ©es et les sens attribuĂ©s, la diversitĂ© et la qualitĂ© des formules retenues, la segmentation et la rĂ©partition des types de sĂ©jour ou de circuit, les fonctions et les lĂ©gitimations du voyage
 Dans le tourisme, les pratiques diffĂ©renciatrices et les comportements de classe reproduisent les Ă©carts sociaux et culturels, quand ils ne les creusent pas.

G – Comment le tourisme est-il historiquement devenu un « fait social total Â» [1] ? Pourquoi dĂ©finir aujourd’hui le tourisme comme une « domination Â» ?

B.D – Le dĂ©veloppement de l’accĂšs au tourisme et la montĂ©e en puissance de la dĂ©marche touristique comme « fait social total Â», c’est d’abord l’histoire des social-dĂ©mocraties occidentales du 20e siĂšcle. L’histoire des luttes et des politiques sociales, des congĂ©s payĂ©s, de la croissance de l’économie et du niveau de vie, de l’explosion des temps libres, de la sociĂ©tĂ© de consommation et du spectacle. L’histoire du dĂ©veloppement des technologies, de l’accĂ©lĂ©ration des communications, du rĂ©trĂ©cissement des distances rĂ©elles et virtuelles. Celle aussi de la libĂ©ralisation du marchĂ© aĂ©rien et des Ă©changes. L’histoire du « tourisme social Â», associatif et militant, « pour le divertissement et l’émancipation des classes populaires Â» (Unat.asso.fr), puis celle du « low cost Â», agressif et marchand, « pour toutes les occasions et de super Ă©conomies Â» (Ryanair.com).

Le tourisme comme « fait social total Â» – en ce sens que l’ensemble des dimensions du social s’y donne Ă  voir : l’économique, le politique, le symbolique, etc. – met en prĂ©sence tour-opĂ©rateurs, visiteurs et visitĂ©s. En prĂ©sence asymĂ©trique. Les premiers se concurrencent ou se conglomĂšrent, les deuxiĂšmes s’imitent ou se distinguent, les derniers se prĂ©cipitent ou se retirent. Le tout, dans un environnement que les uns et les autres dĂ©gradent ou remodĂšlent. En cela, le tourisme, apprĂ©hendĂ© comme un marchĂ© oĂč se croisent des offres et des demandes, traduit bien un rapport social de domination. Il s’agit de rappeler les formes de domination inhĂ©rentes au phĂ©nomĂšne, d’observer les rĂ©alitĂ©s du tourisme mondialisĂ©, sans passer Ă  cĂŽtĂ© des schĂ©mas inĂ©galitaires et des polarisations qui le constituent, des disparitĂ©s d’accĂšs et des usages du travail et de l’environnement qui le sous-tendent.

G – Que signifie, concrĂštement, la « mise en tourisme Â», la « touristification Â» d’un lieu, d’une ville, d’un littoral ? Aujourd’hui, la moindre ville a un office du tourisme. Le monde entier est-il « mis en tourisme Â» ou en voie de l’ĂȘtre ?

B.D – Un endroit « mis en tourisme Â», « touristifiĂ© Â» est un lieu lambda devenu « destination Â», rĂ©ceptacle potentiel de voyages d’agrĂ©ment et de visiteurs de plaisance. Un cadre accueillant prĂȘt Ă  ĂȘtre photographiĂ©, consommĂ©, voire consumĂ©. C’est une localitĂ©, une rĂ©gion, une riviera, une montagne qui s’est adaptĂ©e – matĂ©riellement, esthĂ©tiquement, organiquement – pour attirer le touriste, qui a Ă©tĂ© convertie en « merveilleuse terre de vacances Â», promue et vendue comme telle sur le marchĂ© hautement concurrentiel du dĂ©paysement
 oĂč l’emportent les stations et sites les plus beaux, les plus sĂ»rs et confortables, les plus ensoleillĂ©s ou enneigĂ©s, les plus typiques, authentiques et exotiques mais pas trop, les plus « dĂ©mocratiques Â» ou haut de gamme, les plus Ă©phĂ©mĂšres ou Ă©ternels, etc.

Pour exister sur ce marchĂ© des destinations idĂ©ales, il s’agit de gagner en « touristicitĂ© Â». Comment ? En collant au maximum aux critĂšres utilisĂ©s pour classer les plus accueillants des lieux « mis en tourisme Â». Ces critĂšres – constitutifs du « Travel & Tourism Competitiveness Index Â» Ă©ditĂ© par le Forum Ă©conomique de Davos – renvoient pour l’essentiel aux responsabilitĂ©s publiques en matiĂšre de qualitĂ© des infrastructures (Air Transport Infrastructure, Tourist Service Infrastructure
), de facilitĂ© d’accĂšs (International Openness, Information and Communication Technologies Readiness
), de sĂ©curitĂ© du cadre (Safety and Security, Health and Hygiene
) et, bien sĂ»r, de force concurrentielle (Price Competitiveness, Business Environment, Labour Market
). En clair, l’« Indice de compĂ©titivitĂ© touristique Â» encourage explicitement le nivellement par le bas de toute forme de rĂ©gulation sociale, fiscale et environnementale, auquel s’emploient de fait les pays de destination lointains pour crĂ©er, en fonction de leurs « avantages comparatifs Â», les conditions nĂ©cessaires Ă  une augmentation de leur part de marchĂ©.

Il est beau le monde touristisé.

Il est beau le monde touristisé

Le monde entier est-il « mis en tourisme Â» ou en voie de l’ĂȘtre, pour autant. Oui et non. Oui, parce que l’expansion et la diversification tous azimuts – thĂ©matique et gĂ©ographique – de l’offre touristique semblent ne pas avoir de limites (tourismes ethnique, extrĂȘme, polaire, spatial
). Et parce que prĂ©vaut aux quatre coins de la planĂšte, cette soif de bĂ©nĂ©ficier, mĂȘme marginalement, de la manne touristique, considĂ©rĂ©e comme panacĂ©e universelle. Non, parce qu’en matiĂšre de valorisation marchande des dĂ©cors naturels, patrimoniaux, humains
 dont le tourisme est friand, tous les lieux ne recĂšlent pas le mĂȘme pouvoir attractif. Au Guatemala, pour ne prendre qu’un seul exemple parlant, les rĂ©gions oĂč les peuples indigĂšnes mayas ne portent pas au quotidien leurs magnifiques vĂȘtements « traditionnels Â» restent terra incognita des catalogues et flux touristiques.

G- Comment expliquer que le tourisme soit une activitĂ© si prisĂ©e et pratiquĂ©e, alors qu’il rend les lieux de plus en plus uniformes, artificiels, et confortables – c’est-Ă -dire ennuyeux ?

B.D – On pourrait Ă©galement se demander pourquoi les galeries commerçantes sont si courues, alors qu’elles participent de facto d’une standardisation de la consommation et du divertissement. La mĂ©taphore filĂ©e par Rodolphe Christin dans Critique de la dĂ©raison touristique (2014) apporte quelques Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse. Il y assimile « lieu touristique Â» et « centre commercial Â» et analyse comment s’y combinent « fonctions de dĂ©ambulation et de consommation Â» pour « hĂ©donistes rentiers Â» qui ont « accumulĂ© suffisamment de ressources Â» durant leurs pĂ©riodes de travail « pour faire ce qui leur plaĂźt Â» durant ces parenthĂšses de libertĂ©. « Comme le touriste, le passant, seul ou en groupe, professionnel ou affinitaire, flĂąne au milieu de tentations multiples ; il observe, frĂŽle, croise furtivement ses semblables sans les rencontrer, sauf lors d’un contact commercial. Â» Comme la galerie marchande, la mise en marchĂ© touristique offre des espaces de restauration, de rĂ©crĂ©ation, de souci de soi, de regard sur les autres, version superficielle et rĂ©enchantĂ©e du monde rĂ©el, oĂč « le conso-flĂąneur Â» peut aller et venir, « idĂ©alement anonyme, dĂ©gagĂ© de toute appartenance et responsabilitĂ© Â», en s’adonnant Ă  « la petite jouissance d’une dĂ©ambulation de lĂšche-vitrine Â». Le mĂȘme auteur explique plus loin : « Le capitalisme a fait du loisir un commerce et la puissance d’enchantement de l’industrie touristique repose sur sa capacitĂ© Ă  faire oublier son caractĂšre prĂ©cisĂ©ment industriel, (
) soumis aux rĂšgles d’un productivisme et d’un consumĂ©risme sans frontiĂšres, faisant peu de cas de l’idiosyncrasie des accueillants et des accueillis. Â»

En filigrane de ce tour de force, opĂšre ce que j’appelle dans La domination touristique (CETRI, 2018) « l’illusion de l’exotisme Â», ce supposĂ© goĂ»t pour l’étrangetĂ© de l’autre qu’exploite le tourisme, cette fascination pour l’altĂ©ritĂ© lointaine, pour la diffĂ©rence fantasmĂ©e qui serait inscrite au cƓur des ressorts du voyage (ou pour le moins de sa promotion). D’une part, la plupart des partants, mĂȘme s’ils affichent volontiers « l’évasion Â» et le « dĂ©paysement Â» parmi leurs motivations, n’aspirent pas Ă  l’altĂ©ritĂ© ni au dĂ©centrement culturel, des notions trĂšs situĂ©es socialement et Ă  vocation distinctive. D’autre part, lorsque ces notions opĂšrent effectivement comme objets de quĂȘte touristique, elles renvoient moins Ă  une population ou Ă  un endroit rĂ©el qu’à un point de vue sur ceux-ci, Ă  une maniĂšre de les concevoir
 produite par l’« exotisation Â» mĂȘme des destinations Ă  laquelle s’adonne le marchĂ© publicitaire. « Le tourisme fabrique de l’authentique en toc Â», rĂ©sume Sylvie Brunel. À l’étranger lambda, on prĂ©fĂ©rera sa reprĂ©sentation idĂ©alisĂ©e, sa « staged authenticity Â», son « authenticitĂ© mise en scĂšne Â», rĂ©sultat d’un processus de construction de l’ailleurs – figure simplifiĂ©e, enjolivĂ©e, folklorisĂ©e de l’indigĂšne accueillant –, tel qu’il doit apparaĂźtre pour gagner l’égard amusĂ© du visiteur.

G – Des publications, outre la vĂŽtre, sont venues gĂącher les rĂ©crĂ©ations estivales en signalant que le tourisme Ă©tait aussi un problĂšme Ă©cologique sous-estimĂ©. Cela confirme-t-il vos analyses ?

B.D – Oui, le passif environnemental de l’industrie touristique tranche avec les bilans et perspectives idylliques qu’en dressent ses promoteurs. En l’état, la dĂ©mocratisation rĂ©elle du secteur dĂ©borderait de facto les capacitĂ©s d’absorption Ă©cologique du globe. Que ce soit en raison de la croissance continue des dĂ©placements aĂ©riens (majoritaires dans les dĂ©placements touristiques) ou de l’« empreinte Â» en hausse que reprĂ©sentent tant les pressions du secteur sur des ressources naturelles en voie de rarĂ©faction (arrosage de golfs en rĂ©gions arides, canons Ă  neige artificielle en altitude, accaparements privatifs de terres fertiles ou de « milieux prĂ©servĂ©s Â»â€Š), que la dĂ©gradation des littoraux, la pollution des eaux, la saturation des « capacitĂ©s de charge Â» de sites en pĂ©ril, les impasses dans le traitement des montagnes de dĂ©chets produites par les stations insulaires et l’envolĂ©e des croisiĂšres, l’expansion du tourisme met au grand jour son insoutenable
 amplification. Sauf Ă  considĂ©rer que l’aggravation de la vulnĂ©rabilitĂ© de centaines de millions de personnes affectĂ©es, et demain d’autant de rĂ©fugiĂ©s climatiques, n’est pas une prioritĂ©.

G – Les dĂ©placements de masse prennent aujourd’hui deux formes principales : tourisme et migration. L’un est-il le revers de l’autre ? Comment s’effectue la distinction entre ces deux formes de « flux Â» ?

B.D.– Les communiquĂ©s euphoriques de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) annonce environ 1,4 milliard de sĂ©jours Ă  l’étranger en 2018, pour 675 millions en 2000. Doublement du volume des flux touristiques en moins de vingt ans ! Pour autant, paradoxalement, l’accĂšs Ă  la mobilitĂ© de plaisance demeure un luxe inabordable pour l’essentiel de l’humanitĂ©. L’apanage de moins de 500 millions de personnes (dont une part croissante prend des vacances hors des frontiĂšres nationales plusieurs fois par an). Aujourd’hui, en rĂ©alitĂ©, moins d’une personne sur quinze Ă  l’échelle mondiale est en position politique, culturelle ou Ă©conomique de visiter les quatorze restantes. Rien de plus facile pour un Français ou un Belge aisĂ© de se balader aux confins du monde, rien de plus difficile pour un Tchadien ou un NigĂ©rien pauvre de sortir de son pays. En cela, les flux touristiques constituent un reflet assez fidĂšle de l’organisation de la planĂšte et de ses disparitĂ©s : migrations d’agrĂ©ment et de dĂ©sagrĂ©ment se croisent aux frontiĂšres, bĂ©antes pour les uns, grillagĂ©es pour les autres, des rĂ©gions Ă©mettrices et rĂ©ceptrices. Comme si l’exercice mĂȘme du droit Ă  la mobilitĂ© – universalisĂ© par la DĂ©claration des droits de l’homme – paraphrasait la cĂ©lĂšbre fable de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable, les douanes vous rendront citoyen du monde ou assignĂ© Ă  rĂ©sidence. Â»

G – Enfin, puisque, selon vous, l’écotourisme, le « volontourisme Â», le tourisme alternatif, le tourisme solidaire – entre autres niaiseries « responsables, durables et Ă©quitables Â» -, ne sont pas en mesure d’arrĂȘter la transformation du monde et des comportements en marchandises : que faire ? Croyez-vous qu’il y ait vraiment quelque chose Ă  attendre d’une « rĂ©gulation Â» par le haut, alors que prĂ©cisĂ©ment, les instances internationales (comme l’OMT) tiennent Ă  l’ordre Ă©conomique du monde ?

B.D – De nombreux acteurs – l’OMT en tĂȘte ! –, conscients de l’inĂ©gale rĂ©partition des coĂ»ts et bĂ©nĂ©fices (Ă©conomiques, sociaux, culturels, environnementaux
) produits par le tourisme, plaident pour l’adoption de pratiques « Ă©thiques Â» et « durables Â». TrĂšs bien, mais comment l’adjonction d’un supplĂ©ment d’ñme Ă  une logique dĂ©lĂ©tĂšre pourrait-elle renverser l’ordre des choses ? Entre les « projets d’impulsion Â» du secteur (« efficience Ă©nergĂ©tique Â» des stations balnĂ©aires, « Ă©coperformance Â» de l’irrigation des gazons en zones sĂšches, « compensation carbone Â» des dĂ©placements aĂ©riens
), l’autolabellisation dĂ©bridĂ©e et le filon des « tourismes de niches Â» – marchand ou associatif, de facto Ă©litiste – pour pĂšlerins bobos en quĂȘte de voyages lĂ©gitimes « au bout du monde Â», on peine Ă  discerner les prĂ©mices d’un vĂ©ritable et indispensable changement de perspective.

Selon les auteurs de La domination touristique, il n’y aura pas de tourisme durable possible sans remise en cause des mĂ©canismes mĂȘme de l’intrusion touristique, Ă  savoir les politiques de libĂ©ralisation, de dĂ©rĂ©gulation, de marchandisation des lieux et des comportements, de folklorisation des populations locales, d’appropriation des espaces et des ressources sur lesquelles elle repose. DĂšs lors, les leviers du changement se situent bien dans les marges de manƓuvre publiques, dans les possibilitĂ©s de rĂ©gulation des investissements et de limitation des flux, dans la fixation des termes de l’échange, l’implication des populations concernĂ©es, les capacitĂ©s de canalisation des États, la dĂ©finition de politiques coordonnĂ©es et l’agir d’appareils de rĂ©glementation internationaux. En douter, ce serait abandonner tout espoir de dĂ©mocratiser le droit Ă  la mobilitĂ© et de rendre son exercice viable. Ne pas en douter en revanche, je vous l’accorde, c’est se bercer d’illusions, tant manquent la volontĂ© et les conditions politiques d’un renversement de tendance.


Article publié le 16 Juil 2020 sur Renverse.co