Novembre 5, 2020
Par Cerveaux Non Disponibles
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Nous voilĂ  rendus Ă  la cage dĂ©part. La cage du confinement. Pour la bonne cause, pour sauver des vies. Sauf que dĂ©sormais, on sait que cette crise sanitaire inĂ©dite ne provoquera pas de remise en cause globale du systĂšme. Au printemps, l’intensitĂ© du choc nous a permis de rĂȘver Ă  une prise de conscience massive et Ă  un monde d’aprĂšs diffĂ©rent. Vraiment diffĂ©rent.

Que s’est-il passĂ© depuis ? Pas grand chose. Si ce n’est que la sociĂ©tĂ© est devenue encore plus sĂ©curitaire et encore plus libĂ©rale. Aucun plan massif d’investissement dans la santĂ© et dans l’hĂŽpital public. Ni dans l’éducation. Aucun changement politique majeur concernant le rĂ©chauffement climatique.

Pourtant, il serait faux de dire que rien n’a changĂ©. Les consĂ©quences des mesures liĂ©es au Covid sont Ă©normes. Et nous n’en voyons que les prĂ©mices. Au moins un million de Français-es ont basculĂ© dans la pauvretĂ© cette annĂ©e et des millions de personnes vont ĂȘtre au chĂŽmage. Des centaines de milliers vont tomber dans l’extrĂȘme pauvretĂ©. Des dizaines de milliers de petites entreprises vont fermer. Des personnes vont ĂȘtre expulsĂ©es de leur logement. En fait, l’énorme crise n’est pas encore arrivĂ©e. Mais elle est inĂ©luctable. C’est une question de semaines. De mois tout au plus.

On pourrait se dire que c’est terrible mais qu’on n’y peut rien. Que c’est la faute au virus et qu’il fallait de toute façon prendre des mesures pour Ă©viter des dizaines de milliers de morts supplĂ©mentaires.

En effet. Mais surtout, il ne faut pas oublier que, depuis le dĂ©but de cette crise, les plus riches mettent tout en Ɠuvre pour Ă©viter d’ĂȘtre eux aussi des perdants de cette sĂ©quence. N’oublions pas qu’en mars, l’Etat a pris d’énormes mesures pour faire cesser le krach boursier. Pour rassurer le Cac 40 : baisse des taux d’intĂ©rĂȘts, aides, allĂšgement des charges
 Le gouvernement a donnĂ© des milliards aux plus grands groupes. Officiellement pour sauver de l’emploi. Sauf qu’on connait bien la chanson. Cela n’empĂȘchera pas les licenciements.

Le grand problĂšme, c’est que ces milliards donnĂ©s aux ultras riches, ce sont autant de milliards qui n’ont pas Ă©tĂ© mis dans la santĂ©, dans l’école, dans tous les services publics. Autant d’argent qui ne sera pas disponible pour Ă©viter Ă  des millions de personnes de tomber dans la pauvretĂ©. Il n’y a pas d’argent magique ma petite dame !

Il faut donc le redire : tout est question d’argent. S’il n’y a toujours pas plus de lits Ă  l’hĂŽpital ou de personnel de santĂ©, c’est une question de fric. Si le gouvernement a choisi de laisser les enfants aller en cours Ă  la rentrĂ©e, c’est une question de fric. S’il n’y a pas eu assez de centres de test et que les dĂ©lais de rĂ©sultat ont parfois dĂ©passĂ© deux semaines, c’est une question de fric. S’il n’y a quasiment aucun travaux de ventilation dans les bĂątiments publics, c’est une question de fric.

Jeff Bezos a vu sa fortune augmenter de plus de 80 milliard depuis la crise. Les milliardaires français sont, avec les chinois, ceux qui ont vu leur fortune le plus augmenter ces derniÚres années. Cela ne tient pas du hasard.

Les Ă©meutes actuelles en Espagne et en Italie partent d’un refus des restrictions sanitaires mais s’ancrent dans une colĂšre face Ă  la misĂšre sociale du plus grand nombre. Il y a quelque chose de dĂ©sormais insoutenable Ă  comprendre que les gouvernements occidentaux ne gĂšrent cette crise qu’au prisme des Ă©lections et du profit des plus riches. Leur objectif, c’est que cette crise ne change rien dans le systĂšme actuel, dont ils profitent eux et leurs amis. Mieux, si la crise du Covid peut permettre de renforcer les dispositifs de contrĂŽle pour Ă©viter la contestation sociale tout en cassant le droit du travail
 c’est gagnant/gagnant !

On ne va pas se mettre Ă  rĂȘver d’une prise de conscience gĂ©nĂ©rale qu’un autre monde est possible. Les derniers mois nous ont montrĂ© le contraire. Et l’acceptabilitĂ© par la population des mesures contraignantes du gouvernement dĂ©montrent que sa stratĂ©gie paie. Pour l’instant.Un sondage IFOP dĂ©but novembre, montre que plus de 7 Français sur 10 sont prĂȘts Ă  rester confinĂ©s pendant les fĂȘtes de fin d’annĂ©e.

Par contre, la réalité sociale qui est en train de se mettre en place va forcément aboutir à des colÚres difficilement canalisables par les structures politiques et syndicales. Reste à savoir si ces colÚres sauront se focaliser sur les vrais responsables. Ou si le systÚme réussira, encore une fois, à trouver un bouc émissaire pour canaliser cette colÚre et se maintenir en place





Source: Cerveauxnondisponibles.net