Comment l’histoire est-elle enseignée dans les écoles publiques ou religieuses en Israël et en Palestine ?
Le film de Tamara Erde, This is my Land, se présente comme une enquête sur les racines de la construction d’une représentation de l’Autre dans l’histoire officielle. Un travail documentaire d’autant plus intéressant que Tamara Erde ne tente à aucun moment de juger telle ou telle méthode d’enseignement, elle entraîne le public sur le terrain, à l’écoute des professeur-es, mais aussi des élèves.

L’influence du milieu social des élèves transparaît dans leurs attitudes et leurs réponses, de même que se dévoilent les conséquences du discours éducatif, officiel ou non, sur le formatage des élèves. L’éducation a des répercussions importantes sur une société, qu’il s’agisse de l’apprentissage du langage, des repères historiques enseignés, des lectures proposées, des images données ou supprimées, des fêtes nationales célébrées en classe, des minutes de silence, enfin plus directement, des cours d’histoire et de géographie. Cela tourne en effet autour de la perception et de la représentation de l’Autre. En découle la construction du discours dominant et d’un imaginaire collectif.

This is my Land ouvre ainsi une réflexion profonde sur l’éducation en adoptant le mode comparatif, en croisant les regards. Le film est passionnant et incite à l’analyse de tout système éducatif, des livres scolaires et de l’histoire officielle telle qu’elle est imposée dans les classes.

This is my Land de Tamara Erde permet de mieux comprendre la situation au Moyen-Orient et les enjeux politiques de la séparation des populations ; le film ne se limite pas à une réflexion sur l’éducation en Israël ou en Palestine mais va bien au-delà.[note]

Tamara Erde y décrit les prémisses de son projet et sa recherche auprès des institutions éducatives, côté israélien et côté palestinien. Un film et une expérience, This is my Land est sur les écrans le 30 mars.