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publié
le lundi 15 juin 2020 Ă  21:38 |

https://idcgent.noblogs.org/post/2020/05/28/these-5-impliquer-la-vie/


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thÚse n° 5

Naturellement, nous approuvons la proposition de considĂ©rer notre propre rĂ©alitĂ© comme politique et de nous organiser en son sein. Cependant, une grande partie de la scĂšne radicale de gauche interprĂšte cette proposition exclusivement comme un appel Ă  crĂ©er et Ă  dĂ©velopper “leurs propres” espaces, projets et collectifs auto-organisĂ©s. Il va sans dire que beaucoup d’entre eux/elles sont actifs dans des groupes de logement et de projets.

Cependant, lorsque nous parlons de construction de structures auto-organisĂ©es, nous n’entendons pas en premier lieu la construction d’espaces scĂ©niques ou de projets auto-organisĂ©s de gauche. Nous considĂ©rons les formes collectives auto-organisĂ©es de vie et de travail comme un moyen lĂ©gitime de façonner notre propre vie ensemble au sein du capitalisme. D’une part, cela peut permettre de mieux contrĂŽler sa propre vie et son indĂ©pendance, et d’autre part, cela peut apporter des expĂ©riences importantes d’autonomie. C’est pourquoi les projets radicaux de gauche auto-organisĂ©s existants appartiennent Ă  une tradition que nous devons soutenir et dĂ©fendre et dans laquelle nous pouvons acquĂ©rir beaucoup d’expĂ©rience.

NĂ©anmoins, nous ne sommes pas d’accord sur le fait qu’à travers l’organisation et l’expansion des lieux auto-organisĂ©s de gauche existants, une vĂ©ritable vision sociale se forme. À cette fin, de nombreux projets auto-organisĂ©s de gauche se concentrent trop sur les objectifs et la maniĂšre dont un groupe relativement restreint de personnes radicalisĂ©es de gauche voient leur vie devant eux, et ces projets ne correspondent donc pas nĂ©cessairement aux souhaits et aux besoins de la sociĂ©tĂ© au sens large. En consĂ©quence, ces projets courent automatiquement le risque de rester des Ăźles isolĂ©es au sein d’une sociĂ©tĂ© capitaliste et, au pire, de dĂ©politiser en une Ăźle oĂč l’on peut “vivre plus belle” ou comme expression d’un mode de vie radical de gauche. En mĂȘme temps, la construction et la gestion de ses propres centres, projets de logement, etc. qui sont trĂšs adaptĂ©s Ă  sa propre scĂšne, exigent souvent beaucoup de temps et d’efforts. En consĂ©quence, le travail social et politique reçoit moins d’attention et l’accent n’est plus mis sur une stratĂ©gie sociale plus large.

Nous voyons plutĂŽt le potentiel de changement sociĂ©tal lĂ  oĂč, entre les locataires d’un bloc de logements, les habitants d’une rue ou les employĂ©s d’une entreprise, se forment des structures solidaires d’entraide et d’auto-organisation – des structures ouvertes Ă  la population, telles que les centres politico-culturels-sociaux, etc. Ces structures ne doivent pas ĂȘtre l’expression d’une identitĂ© subculturelle, mais doivent s’orienter vers les besoins et les objectifs premiers des personnes concernĂ©es.

Nous sommes donc d’accord avec le texte “Wie die Welt verĂ€ndern?” (*1) (Comment changer le monde?) du magazine Lower Class. Ce texte affirme la nĂ©cessitĂ© de continuer Ă  remettre en question les structures auto-organisĂ©es que nous avons nous-mĂȘmes mises en place sur leur applicabilitĂ© en tant que “pionniers”. Nous devons dĂ©couvrir quels facteurs font des structures auto-organisĂ©es de puissants piliers (de printemps) du mouvement et chacun d’eux les dĂ©politise.

Note :


*1) Wie die Welt verÀndern, Lower Class Magazine (janvier 2015), http://lowerclassmag.com/2015/01/wie-die-welt-veraendern.


Article publié le 16 Juin 2020 sur Nantes.indymedia.org