Janvier 31, 2020
Par Rebellyon
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Le 29 janvier 2019, suite à une demande de soutien des élèves du lycée Herriot, de nombreux élèves d’autres établissements sont venus prêter main forte pour maintenir le blocus malgré une volonté de fer de l’administration. Dès 6h45, le proviseur et la BAC étaient sur le pied de guerre pour empêcher toute action, même symbolique : le 6e arrondissent doit garder sa réputation de ghetto de riches coûte que coûte… La réputation d’un lycée justifie-t-elle qu’un prof jette un élève au sol et qu’un proviseur menace de Conseil de discipline des élèves qui veulent simplement être acteurs de leur avenir ? Retour sur cette journée agitée par les élèves en luttes.

Communiqué des élèves du lycée Herriot en lutte, suite à l’échec du blocus du 29 janvier 2019

Nous avions décidé, lycéens et étudiants lors d’une AG lundi soir, et lors d’une autre AG le mardi midi, de bloquer le lycée Édouard Herriot pour perturber / annuler les E3C des Premières qui devaient les passer à 9h en ce Mercredi 29 janvier 2019. Étant donné le caractère inégalitaire de cette réforme du bac, nous avons considéré qu’il était urgent de faire preuve de solidarité entre lycéens et étudiants d’Herriot et d’ailleurs.

6h45 quelques lycéens et étudiants se rendent devant la porte principale du lycée avec des poubelles pour effectuer le blocage prévu. Le proviseur est déjà sur le pied de guerre, raccroche et range son téléphone, la police municipale arrive quelques minutes après, accompagnée de deux unités de la BAC, dont les membres au départ, ne portaient pas leurs brassards.

L’agitation monte, une policière s’adresse à quelques-uns d’entre nous et sur ces mots :

« les rebelles, ça ne marche pas ici, vous n’êtes pas crédibles, laisser vos petits copains copines rentrer sinon on dégage les poubelles et vous avec ».

Face à cette menace infantilisante, nous décidons d’en parler ensemble, la même policière nous laisse 5 minutes pour réfléchir… mais avant même que nous ayons annoncer quoi que ce soit, quelques minutes plus tard la BAC et les agents de la police municipale retirent les poubelles et nous empêchent de les récupérer.

Un moment de flottement suit, des lycéens d’Ampère et de Saint-Exupéry sont là en soutien à notre lycée qui subit depuis le début du mouvement de la grève générale, une répression forte : lettres envoyés aux parents d’étudiants et de lycéens de manière arbitraire, menaces au sein de conseils de classe, convocations et décrochages par l’administration des affiches communicatives du comité de lutte d’Herriot.

Il est 7:30, la BAC est toujours là, un acte symbolique se prépare au vue de l’échec de ce blocus : les lycéens nous invitent à s’assoir par terre devant les marches de l’établissement.

Nous mettons des baillons blancs sur nos bouches, « E3C jeunesse sacrifiée, jeunesse bâillonnée », nous chantons, nous crions nos slogans contre les policiers, contre cette réforme et la répression que subit le mouvement contestataire.

Quelques membres de l’administration ainsi que le Proviseur et les policiers municipaux forment un couloir étroit pour laisser rentrer les élèves en cour.

Le proviseur fait appeler le père d’un des lycéens présents au blocage pour ajouter à la pression et à la répression en cours, élève qui d’ailleurs n’avait pas participé à la mise en place du blocage et qui n’avait touché aucune poubelle…

Un Première se fait jeter par terre par un des professeurs présents, nous nous indignons mais rien n’y fait.

L’élève dont le père a été appelé reçoit la menace suivante de la part du chef de l’établissement « tes jours sont comptés dans cet établissement »  quand ce dernier part relever son camarade.

Il semble que tous les fonctionnaires présents aient décidé de fermer les yeux, que ce soit sur cette étrange présence devant un lycée de la BAC (qu’on connaît bien pour sa violence indifférente) ou sur cette action violente d’un professeur contre un lycéen. Quelques policiers restent devant la porte principale jusqu’à 9 heure, heure où débutent les E3C.

Nous regrettons ce manque de soutien de la part de nos professeurs et de l’administration qui nous laissent seuls face aux policiers alors même que tous savent que la relation actuelle entre militants et policiers est plus tendue/ ambigüe que jamais.

Néanmoins nous ne baisserons jamais les bras face à ces injustices accumulées.




Source: Rebellyon.info