Avril 17, 2016
Par Indymedia Bruxsel
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Terrorisme d’État

Le terrorisme d’État c’est l’exercice illégitime par l’État de son monopole de la violence à partir du moment où cette violence est d’une part en contradiction avec le contrat social décrit par Thomas Hobbes (1588-1679 « philosophe ») selon lequel l’individu accepte d’abdiquer une partie de sa liberté en échange de la protection de l’État et qu’elle ne vise pas au maintien menacé de l’État, mais à un accroissement de ses prérogatives. Le terrorisme d’État est donc un enjeu taxinomique (ou scientifique) puisqu’il met en cause non seulement l’image protectrice de l’État mais aussi la nature des rapports que l’État entretient avec la violence].

Origine :

Le terrorisme d’État est à l’origine une variante du terrorisme. la notion même de « terrorisme » est issue de l’histoire révolutionnaire française et du régime de la Terreur. Il y eut une expérience concrète avant qu’apparaisse le terme. Selon ses mots, il s’agit « d’une vaste machine politique » qui a organisé des assassinats et des exécutions, soutenue par le pouvoir judiciaire puisque le pouvoir politique avait voté des lois d’exception (Voir état français avec La Main Rouge, Les Escadrons de la Mort ou la French Connection- Les Etats-Unis avec l’Opération Condor, Pablo Escobar). Par la suite, l’expression « terrorisme d’État » a été forgée, dans le cadre de la guerre froide, par l’URSS. pour désigner l’opération Condor : une stratégie de répression des mouvements insurrectionnels d’extrême-gauche mise en place par les régimes autoritaires d’Amérique du Sud dans les années 1970. Il s’agissait de dénoncer des pratiques qui consistaient à employer massivement des services secrets ou des groupes paramilitaires pour mener des actions d’assassinat et de torture. La « disparition forcée » fut un des phénomènes marquants de cette période (voir à ce sujet le mouvement de Las madres de la plaza de Mayo en Argentine. Dans La véritable scission, ouvrage cosigné avec Gianfranco Sanguinetti (lui-même par ailleurs auteur de Du terrorisme et de l’état et publié en 1972, il accuse « les services de protection de l’état italien » d’avoir fait, en 1969, exploser les bombes de la Piazza Fontana, principal point de départ des « années de plomb » italiennes. En janvier 1979, dans la Préface à la quatrième édition italienne de « La Société du Spectacle », et à propos de l’assassinat de Aldo Moro, il admet la possibilité d’une couche périphérique de petit terrorisme sincère, mais toléré momentanément, comme un vivier dans lequel on peut toujours pêcher à la commande quelques coupables à montrer sur un plateau. En février-avril 1988, dans Commentaires sur la société du spectacle, il explique qu’il est dans l’ordre de la logique historique que des terroristes sincères en viennent à se faire manipuler par les services secrets.

Terrorisme d’État et secret d’État :

Le terrorisme d’État reste difficile à identifier, par définition, puisqu’il relève du secret et que la difficulté tient à mettre en relation de façon formelle la perpétration des actes relevant du terrorisme et l’État qui en est le commanditaire. Ceci est compliqué par le rideau qui empêche de faire la distinction entre l’autorité qui a donné l’ordre et celui qui n’est pas au courant. Le concept reste souvent totalement tabou dans le cadre des relations diplomatiques entre deux pays. Dans le traitement médiatique, les journalistes évitent également – par manque d’éléments de preuve – de procéder à une attribution en direction d’un État et préfèrent s’en tenir d’abord à la réserve.

Méthodes de terrorisme d’État :

Les tribunaux expéditifs, la torture, les explosions terroristes, le kidnapping et les exécutions hors-procès sont cités comme pratiques courantes de terrorisme d’État, souvent utilisées pour terroriser les populations par les régimes souverains ou mandataires.

 John Rawlings Rees (1890-1969), psychiatre et directeur du Tavistock Institute of Medical Psychology à Londres en 1932, a développé (et a appliqué ) une théorie de contrôle psychologique des masses (et de l’individu) fondée sur la formation délibérée de névroses. Selon lui, il était possible d’imposer à une population adulte un état émotionnel comparable à celui d’enfants névrosés.

 Kurt Lewin (1890-1947 psychologue allemand décoré de la croix de fer, théoricien de la psychologie sociale et du comportementalisme, il est a l’origine des études sur la dynamique de groupe, de la pédagogie scolaire et des tests de recrutement actuels, en Europe et dans le monde) décrit l’impact des stratégies de terreur sur les individus : « L’alternance fréquente entre des mesures disciplinaires sévères et la promesse d’être bien traité, accompagnée d’informations contradictoires, interdit toute compréhension logique de la situation. L’individu ne peut dès lors décider si telle ou telle action va le rapprocher ou au contraire l’éloigner de ses propres objectifs. Dans ces conditions, même les individus les plus déterminés seront démobilisés par des conflits intérieurs qui paralyseront leur capacité d’action »

 Les citoyens des nations occidentales sont, en principe, généralement protégés des procès injustes par des protections constitutionnelles ou législatives et les procédures judiciaires, bien que, par exemple, récemment aux États-Unis, ces protections auraient été écartées dans l’affaire Hamdi v. Rumsfeld ( loi martiale mondiale). Les autres nations peuvent avoir des institutions plus faibles et des régimes instables qui permettent aux gouvernements(lesquels ?) d’avoir une influence plus importante sur le déroulement des procès.

Assassinats : La raison d’Etat ! meurtre légalisé… 

Les assassinats ou meurtres politiques ont lieu quand des agents de l’État tuent des citoyens jugés, par qui ?, comme des menaces, ou pour intimider des communautés. Ils peuvent être réalisés par des militaires, les services de renseignement, les forces de polices ou des milices paramilitaires (type « escadrons de la mort »). Dans ce dernier cas, il peut y avoir des liens étroits entre eux et les forces officielles, avec des participations communes et/ou une absence de poursuites. Il y a un cloisonnement des tâches que même au niveau supérieurs personnes n’est au courant !?.

 Ces escadrons de la mort, agissant dans un cadre national, attaquent souvent les faibles (socialement), les minorités religieuses ou ethniques, ou les citoyens désignés comme subversifs. Leurs cibles incluent typiquement les SDF, les enfants des rues, les leaders de syndicats, les peuples indigènes, les religieux, les activistes, les journalistes et les universitaires. Ces escadrons protègent généralement leurs donneurs d’ordre par l’illusion d’une criminalité spontanée. Souvent, les corps sont dissimulés, augmentant la détresse des familles et des communautés. Ces cas sont connus sous le nom de « disparitions forcées », particulièrement en Amérique du Sud (véritable champs d’expérimentation européen)

 L’élimination d’opposants politiques, s’ils se déroulent à l’étranger, est en règle générale organisée, directement ou indirectement(le plus souvent), par les services secrets de l’État incriminé.

 Le rôle des services secrets commence là ou la loi s’arrête. Tout est permis

Jean-Yves Flament, psychologue clinicien, 28 septembre 2012

Titulaire d’un Master 2 de psychopathologie clinique et Gérontologique, Jean-Yves Flament est diplômé d’Etat de l’Université de Toulouse le Mirail. Il exerce au sein du Cabinet de psychologie de qui est Psychologue clinicien.





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