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Le capitalisme de surveillance ne se limite pas au monde numérique. Partout autour de nous, des caméras de surveillance de plus en plus sophistiquées font leur apparition. Une initiative citoyenne européenne propose leur interdiction.

Les nouveaux outils de surveillance de la population sont aujourd’hui capables de reconnaissance faciale, d’analyses de «  démarche suspecte  », ou encore de vous suivre à la trace. Les dérives sont de plus en plus nombreuses.

Pour ne citer qu’un exemple récent  : le 10 mars 2021, en plein débat sur le projet de loi «  sécurité globale  », en profitant de la crise sanitaire, le gouvernement français a autorisé par décret (c’est-à-dire sans passer par l’Assemblée nationale) le recours à la reconnaissance d’image automatisée dans les transports publics pour surveiller le port du masque chez les usagers et usagères. En faisant de chacun·e d’entre nous un suspect, cette banalisation de la surveillance biométrique  [1] de masse dans les espaces publics, au moyen de technologies sécuritaires, est dangereuse pour nos libertés individuelles et collectives.

Des graffs anti-Technopolice dans les rues de Marseille…
Source : Technopolice Twitter

L’Union communiste libertaire est partie prenante de la campagne Technopolice [2], au côté d’autres organisations comme La Quadrature du Net.

À ce titre, la commission Librisme de notre organisation appelle à signer la pétition «  Reclaim your face  » [3]. Tout comme la récente pétition concernant l’Allocation adulte handicapé  [4], il ne s’agit pas d’une simple collection de signatures. Cette pétition prend la forme d’une initiative citoyenne européenne  [5], c’est-à-dire qu’elle forcera la Commission européenne à se saisir du sujet si elle recueille en un an au moins un million de signatures dans au moins sept États membres de l’­Union européenne.

Bien sûr, nous ne sommes pas dupes. Même dans le cas où la pétition rassemblerait le million de signatures nécessaires, il y a peu de chance que les institutions ordolibérales européennes prennent position con­tre le capitalisme, qu’il soit «  de surveillance  » ou non. Mais nous voyons dans cette campagne l’occasion de visibiliser plus largement, et dans un cadre unitaire international, d’une part les problèmes posés par la surveillance de masse, et d’autre part la prolifération et la banalisation progressive de ce type de surveillance. Nous œuvrons d’ailleurs en parallèle dans ce sens avec notre campagne «  Contre le capitalisme de surveillance et la technopolice, le logiciel libre  »  [6], qui s’attaque à nos aliénations dans le monde numérique.

Pablo (UCL Saint-Denis)




Source: Unioncommunistelibertaire.org