Décembre 13, 2020
Par L'envolée
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Emission de l’Envolée du 11 Décembre 2020

Lettre de Kemi qui nous écrit régulièrement et qui est enfermé à Saint Maur d’où il dénonce les traitements de l’AP.

Témoignage et lettre de prisonniers en Italie qui reviennent sur la révolte à la prison de Modène le 8 mars 2020 et qui rappellent les 12 personnes tuées ce jour là et que l’administration essaie de faire oublier.

Appel d’un proche de Taoufik enfermé à la prison de Perpignan et mort le 18 octobre. La famille n’a été prévenu que trois semaines plus tard qu’il serait mort à l’hôpital.

Appel de deux proches de prisonniers de Seysses qui se mobilisent contre les morts suspectes trop nombreuses dans cette taule et son mitard, et sur les conditions inhumaines dans les QD.

Des nouvelles de l’Infâme : l’AP s’acharne toujours et lui a collé 54 jours de QD (demandez nous si vous voulez son contact pour lui écrire) !


Témoignage sur les prisonniers tués dans la prison de Modène en mars :

Je suis allé en prison parce que la police est venue contrôler et m’a trouvé sans papiers, ils m’ont envoyé en prison. Depuis que j’étais en prison, les problèmes ont commencé, une fois il y a eu une bagarre, je n’avais rien à voir avec ça. Ensuite, la police est arrivée et ils sont entrés et nous ont battus et nous ont cassé les os, puis ils nous ont mis en cellule d’isolement pendant 3 jours sans nous emmener à l’hôpital. Finalement, un garçon a été emmené à l’hôpital et s’est évanoui à cause des douleurs. Quand il l’a vu, le médecin l’a laissé entrer de toute urgence. Le médecin a dit à la police qu’il devait rester à l’hôpital au moins 3-4 jours, mais la police ne voulait pas. Le médecin avait demandé qu’il y avait quelqu’un à l’intérieur de la prison pour l’aider à bouger pendant un mois, mais la police n’a rien fait de tout ce que le médecin avait demandé et lui a donné un certificat. Il a fait un rapport à la police à l’hôpital et a pris le dossier avec lui, à la fin ce soir-là, ils l’ont pris et l’ont immédiatement emmené à la prison de Modène où j’avais également été transféré, dans une cellule où se trouvaient également mes amis de ma ville, j’y suis resté jusqu’à ce que le coronavirus arrive et lorsque le corona est arrivé il y avait un homme malade du virus et ils ne voulaient pas le laisser sortir et ils nous ont interdit de voir les membres de nos familles. Après cela, une révolution s’est produite et ils ont incendié la prison et les forces spéciales sont entrées et ont commencé à tirer, 12 personnes sont mortes dont 2 de mes amis, ils sont morts sous mes yeux, je suis toujours sous le choc. Je m’étais échappé sur le toit de la prison pour qu’ils ne me tirent pas dessus après ils nous ont tous pris et emmenés et mis dans une pièce, ils nous ont enlevé tous nos vêtements et ils ont commencé à nous battre, nous gifler et nous donner des coups de pied. Ensuite, ils nous ont rendu nos vêtements et ils nous ont mis en ligne et ils nous ont encore battus avec la matraque, à ce moment-là, j’ai réalisé qu’ils allaient nous emmener dans une autre prison. Tels étaient les coups que nous avons reçus qu’ils m’ont envoyé dans une autre prison sans chaussures. Puis, quand nous sommes arrivés à la prison, ils nous ont battus à nouveau. Au final j’ai purgé ma peine je suis très choqué pour mes amis je n’ai pas pu porter plainte contre les carabiniers parce qu’ils sont trop forts. Et je n’ai ni argent ni documents. Je suis toujours très choqué je n’arrive plus à dormir ni à bien manger. Après tout, je me sens encore très mal, mais malgré tout j’aime l’Italie, grâce à vous qui m’avez fait parler.

Lettre envoyée à la mi-octobre 2020 à OLGa (journal anticarcéral national de lettres de prisonnier-e-s)

Nous sommes maintenant au milieu de la soi-disant deuxième vague de la pandémie. Dans toute l’Italie, le nombre d’infections et de décès augmente et, ainsi que pour les soins de santé et les écoles, le gouvernement n’a rien mis en œuvre pour les prisons pour empêcher la propagation du virus. Les données sont catastrophiques: plus de 2000 détenus et gardiens sont infectés. Avec le surpeuplement des prisons, il est clair que nous sommes confrontés à une bombe prête à éclater. De plus, aujourd’hui comme au printemps dernier, des mesures sanitaires adéquates ne sont même pas prises à l’intérieur des taules: les masques et autres équipements de protection individuelle manquent, les tampons sont effectués avec difficulté, les soins médicaux, déjà difficiles d’accès, sont maintenant encore plus remis en question. Outre les différentes administrations pénitentiaires, les autorités sanitaires locales chargées de la santé en prison sont également responsables de ces carences. Les détenus, épuisés par la répression de ce printemps, cependant n’abandonnent pas les actions de protestation: battages, refus de revenir des promenades, refus du chariot, grèves de la faim sont les outils avec lesquels ils essaient de se faire entendre car ils savent que pour l’État et les administrations publiques et pénitentiaires ils sont chair à canon. Les dispositions prises par la Dap (département d’administration pénitentiaire) et le ministre de la Justice sont une photocopie de celles de mars: blocage des entretiens pour les détenus dans les zones rouges et ouvertures ridicules pour réduire la surpopulation. Alors que les gardiens, principaux vecteurs de l’infection, entrent et sortent des pénitenciers et que les magistrats de surveillance continuent de refuser la liberté aux nombreux candidats, démontrant qu’ils ne veulent pas surmonter le problème sécuritaire malgré le risque de carnage dans les prisons. Il nous semble plus que jamais important de briser le mur du silence et de l’isolement qui entoure les prisons, de donner la parole aux protestations de ceux qui sont enfermés et de soutenir leur lutte pour qu’il soit clair qu’aujourd’hui comme en mars la seule sécurité est la liberté.


L’Envolée, l’émission pour en finir avec toutes les prisons, donne la parole aux prisonniers, prisonnières et à leurs proches. Émission de radio chaque vendredi de 19 à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, sur RKB 106.5 en centre Bretagne les lundis à 22h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes de podcast.

Notre numéro de téléphone : 07.52.40.22.48 (whatsapp, telegram, signal, appels et textos). Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée, 1 rue de la solidarité, 75019 Paris, ou encore à lenvolee.net et sur instagram, twitter, facebook & snapchat.

Emission de l’Envolée du 11 Décembre 2020

Lettre de Kemi qui nous écrit régulièrement et qui est enfermé à Saint Maur d’où il dénonce les traitements de l’AP.

Témoignage et lettre de prisonniers en Italie qui reviennent sur la révolte à la prison de Modène le 8 mars 2020 et qui rappellent les 12 personnes tuées ce jour là et que l’administration essaie de faire oublier.

Appel d’un proche de Taoufik enfermé à la prison de Perpignan et mort le 18 octobre. La famille n’a été prévenu que trois semaines plus tard qu’il serait mort à l’hôpital.

Appel de deux proches de prisonniers de Seysses qui se mobilisent contre les morts suspectes trop nombreuses dans cette taule et son mitard, et sur les conditions inhumaines dans les QD.

Des nouvelles de l’Infâme : l’AP s’acharne toujours et lui a collé 54 jours de QD (demandez nous si vous voulez son contact pour lui écrire) !


Témoignage sur les prisonniers tués dans la prison de Modène en mars :

Je suis allé en prison parce que la police est venue contrôler et m’a trouvé sans papiers, ils m’ont envoyé en prison. Depuis que j’étais en prison, les problèmes ont commencé, une fois il y a eu une bagarre, je n’avais rien à voir avec ça. Ensuite, la police est arrivée et ils sont entrés et nous ont battus et nous ont cassé les os, puis ils nous ont mis en cellule d’isolement pendant 3 jours sans nous emmener à l’hôpital. Finalement, un garçon a été emmené à l’hôpital et s’est évanoui à cause des douleurs. Quand il l’a vu, le médecin l’a laissé entrer de toute urgence. Le médecin a dit à la police qu’il devait rester à l’hôpital au moins 3-4 jours, mais la police ne voulait pas. Le médecin avait demandé qu’il y avait quelqu’un à l’intérieur de la prison pour l’aider à bouger pendant un mois, mais la police n’a rien fait de tout ce que le médecin avait demandé et lui a donné un certificat. Il a fait un rapport à la police à l’hôpital et a pris le dossier avec lui, à la fin ce soir-là, ils l’ont pris et l’ont immédiatement emmené à la prison de Modène où j’avais également été transféré, dans une cellule où se trouvaient également mes amis de ma ville, j’y suis resté jusqu’à ce que le coronavirus arrive et lorsque le corona est arrivé il y avait un homme malade du virus et ils ne voulaient pas le laisser sortir et ils nous ont interdit de voir les membres de nos familles. Après cela, une révolution s’est produite et ils ont incendié la prison et les forces spéciales sont entrées et ont commencé à tirer, 12 personnes sont mortes dont 2 de mes amis, ils sont morts sous mes yeux, je suis toujours sous le choc. Je m’étais échappé sur le toit de la prison pour qu’ils ne me tirent pas dessus après ils nous ont tous pris et emmenés et mis dans une pièce, ils nous ont enlevé tous nos vêtements et ils ont commencé à nous battre, nous gifler et nous donner des coups de pied. Ensuite, ils nous ont rendu nos vêtements et ils nous ont mis en ligne et ils nous ont encore battus avec la matraque, à ce moment-là, j’ai réalisé qu’ils allaient nous emmener dans une autre prison. Tels étaient les coups que nous avons reçus qu’ils m’ont envoyé dans une autre prison sans chaussures. Puis, quand nous sommes arrivés à la prison, ils nous ont battus à nouveau. Au final j’ai purgé ma peine je suis très choqué pour mes amis je n’ai pas pu porter plainte contre les carabiniers parce qu’ils sont trop forts. Et je n’ai ni argent ni documents. Je suis toujours très choqué je n’arrive plus à dormir ni à bien manger. Après tout, je me sens encore très mal, mais malgré tout j’aime l’Italie, grâce à vous qui m’avez fait parler.

Lettre envoyée à la mi-octobre 2020 à OLGa (journal anticarcéral national de lettres de prisonnier-e-s)

Nous sommes maintenant au milieu de la soi-disant deuxième vague de la pandémie. Dans toute l’Italie, le nombre d’infections et de décès augmente et, ainsi que pour les soins de santé et les écoles, le gouvernement n’a rien mis en œuvre pour les prisons pour empêcher la propagation du virus. Les données sont catastrophiques: plus de 2000 détenus et gardiens sont infectés. Avec le surpeuplement des prisons, il est clair que nous sommes confrontés à une bombe prête à éclater. De plus, aujourd’hui comme au printemps dernier, des mesures sanitaires adéquates ne sont même pas prises à l’intérieur des taules: les masques et autres équipements de protection individuelle manquent, les tampons sont effectués avec difficulté, les soins médicaux, déjà difficiles d’accès, sont maintenant encore plus remis en question. Outre les différentes administrations pénitentiaires, les autorités sanitaires locales chargées de la santé en prison sont également responsables de ces carences. Les détenus, épuisés par la répression de ce printemps, cependant n’abandonnent pas les actions de protestation: battages, refus de revenir des promenades, refus du chariot, grèves de la faim sont les outils avec lesquels ils essaient de se faire entendre car ils savent que pour l’État et les administrations publiques et pénitentiaires ils sont chair à canon. Les dispositions prises par la Dap (département d’administration pénitentiaire) et le ministre de la Justice sont une photocopie de celles de mars: blocage des entretiens pour les détenus dans les zones rouges et ouvertures ridicules pour réduire la surpopulation. Alors que les gardiens, principaux vecteurs de l’infection, entrent et sortent des pénitenciers et que les magistrats de surveillance continuent de refuser la liberté aux nombreux candidats, démontrant qu’ils ne veulent pas surmonter le problème sécuritaire malgré le risque de carnage dans les prisons. Il nous semble plus que jamais important de briser le mur du silence et de l’isolement qui entoure les prisons, de donner la parole aux protestations de ceux qui sont enfermés et de soutenir leur lutte pour qu’il soit clair qu’aujourd’hui comme en mars la seule sécurité est la liberté.


L’Envolée, l’émission pour en finir avec toutes les prisons, donne la parole aux prisonniers, prisonnières et à leurs proches. Émission de radio chaque vendredi de 19 à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, sur RKB 106.5 en centre Bretagne les lundis à 22h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes de podcast.

Notre numéro de téléphone : 07.52.40.22.48 (whatsapp, telegram, signal, appels et textos). Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée, 1 rue de la solidarité, 75019 Paris, ou encore à lenvolee.net et sur instagram, twitter, facebook & snapchat.




Source: Lenvolee.net