Absence totale de regrets ou d’empathie, diffamations dĂ©lirantes contre les victimes, propos de nature fasciste


Les images avaient fait le tour du monde, et prouvĂ© la fĂ©rocitĂ© de la rĂ©pression contre les Gilets Jaunes. Le 1er dĂ©cembre 2018, une bande de CRS entrait dans une enseigne Burger King au cƓur de Paris, aprĂšs avoir inondĂ© la rue de lacrymogĂšnes, et avaient passĂ© Ă  tabac, pendant de longues minutes, les Gilets Jaunes qui s’y Ă©taient rĂ©fugiĂ©s. Une scĂšne de violence gratuite d’une brutalitĂ© inouĂŻe. PrĂšs de 2 ans aprĂšs, 4 CRS ont finalement Ă©tĂ© identifiĂ©s. Selon la presse, ils sont « tous trĂšs bien notĂ©s, dĂ©corĂ©s et fĂ©licitĂ©s Ă  plusieurs reprises, et ont la confiance de leur hiĂ©rarchie ». Cela en dit long. Le chef de section a par ailleurs Ă©tĂ© mis en cause en 2015 pour « violences aggravĂ©es » contre un migrant de Calais.

Ce chef est « soupçonnĂ© d’avoir portĂ© quatorze coups de matraque sur quatre victimes diffĂ©rentes ». Un brigadier est « l’auteur prĂ©sumĂ© de 23 coups de matraque environ et de coups de pieds sur 7 personnes ». Un CRS, montĂ© Ă  l’étage, a mis 5 coups de matraque et un coup de pied sur une personne au sol. Mais le plus effrayant, ce sont les justifications que ces CRS donnent pour justifier ce tabassage. Aucun remord, aucune excuse, aucune pensĂ©e pour les victimes, pour certaines encore traumatisĂ©es. Empathie totalement absente. Des attitudes que le dernier des malfaiteurs n’oserait pas tenir face Ă  la justice.

AprĂšs avoir tentĂ© de se victimiser en prĂ©tendant qu’ils ont cru « mourir » le 1er dĂ©cembre, ce qui, vu les faits et les images, prĂȘte Ă  rire jaune ou Ă  hurler de rage, voici les justifications des CRS aux enquĂȘteurs :

– «Je suppose qu’il s’agit lĂ  d’une maniĂšre de marquer les esprits. J’agis ainsi Ă  cause de ma formation de maitre-chien. Il faut que les ordres soient clairs et ça doit claquer pour montrer que c’est sĂ©rieux »

– « J’ai fait mon boulot, j’ai obĂ©i aux ordres et je n’ai pas pu faire autrement que de donner des coups de gomme»

Trop facile : personne n’a obligĂ© ces individus Ă  frapper des gens au sol, encore et encore et encore.

Pire :

– « C’est Ă©trange que cet individu qui est frappĂ© ne se lĂšve pas pour sortir. Il a une technique zadiste et il attendait les coups, la rĂ©sistance passive. (
) On crie sans arrĂȘt « dĂ©gagez, dĂ©gagez, debout, dĂ©gagez ». Les manifestants restent au sol. »

-« Je pense qu’il s’agit d’une sorte de rĂ©sistance passive type altermondialiste, Il fallait faire vite pour les disperser, il n’y avait pas d’autre choix. (
) Je donne ces coups car les personnes prĂ©sentes dans le Burger King n’ont pas obĂ©i Ă  nos injonctions initiales et rĂ©itĂ©rĂ©es. »

Comme si les manifestants tabassĂ©s souhaitaient se faire frapper, et avaient dĂ©libĂ©rĂ©ment choisi de recevoir des coups. Comme si, sous une pluie de coups de matraques et dans une atmosphĂšre irrespirable, quelqu’un pouvait avoir des rĂ©actions rationnelles. Comme si le fait d’ĂȘtre “ZADiste” ou apparentĂ© justifiait un tabassage en rĂšgle.

Ces propos tenus dans un cadre judiciaire par des CRS dont les actes sont intĂ©gralement filmĂ©s en disent long, trĂšs long sur la fascisation du corps policier tout entier, et du sentiment d’impunitĂ© des agents.


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Article publié le 14 Juil 2020 sur Nantes-revoltee.com