Mars 15, 2021
Par CNT
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Sur nos lieux de travail, dans nos quartiers, nous voyons la sociĂ©tĂ© suffoquer Ă  mesure que le pouvoir politique s’enfonce dans l’arbitraire et le contrĂŽle social. Comme prĂ©vu, le choc Ă©conomique amenĂ© par la crise sanitaire s’avĂšre frontal pour les prĂ©caires, les chĂŽmeurs, les chĂŽmeuses et les salarié·e·s qui basculent dans la pauvretĂ©. Comme prĂ©vu, la politique gestionnaire responsable du naufrage des services publics est reconduit dans ses mĂ©thodes et ses objectifs. AprĂšs la « _deuxiĂšme vague_ Â», comme avant la premiĂšre, l’hĂŽpital, l’école, les services sociaux sont en craquage permanent.

Pendant ce temps-lĂ , au mois de novembre, le CAC 40 rĂ©alise sa plus belle progression depuis 30 ans. La stratĂ©gie du choc nous tĂ©tanise tandis qu’on nous fait les poches.

Macron nous avait pourtant prĂ©venu_ : « _nous sommes en guerre_ Â», et toute guerre a ses profiteurs. Les capitalistes (actionnaires et grands patrons) font payer la facture aux premiers de corvĂ©e tout en annonçant la reprise des rĂ©formes antisociales des retraites et de l’assurance chĂŽmage pour 2021. Cette classe obscĂšne ne fait mĂȘme plus semblant de chercher le consentement de la population, elle prĂ©fĂšre armer, prĂ©ventivement, la rĂ©pression. Pour tenir un ordre Ă©conomique qui ne profite qu’aux dominants, le pouvoir politique a choisi la matraque. En imposant une vĂ©ritable loi martiale baptisĂ©e « _sĂ©curitĂ© globale_ Â», la classe dominante se donne les moyens d’imposer la violence Ă©conomique par la violence physique du contrĂŽle et de la rĂ©pression. Dans le mĂȘme mouvement, cette loi donne tout pouvoir Ă  la police ET confisque tout contre-pouvoir du cĂŽtĂ© des mouvements sociaux et de la population. Quand les drones, la reconnaissance faciale, le fichage gĂ©nĂ©ralisĂ© s’abat sur le peuple, quand les occupations et l’action directe populaire sont criminalisĂ©es, les exactions policiĂšres sont dissimulĂ©es donc, encouragĂ©es. Nous sommes confiné·e·s depuis mars dernier et, aprĂšs 9 mois de gestation, le pouvoir va accoucher de ce « _meilleur des mondes_ Â» qui ressemble Ă  nos pires cauchemars.

RĂ©formes ou 
 rĂ©volution_ ?

Bien sĂ»r, il faut augmenter les salaires, sortir de la prĂ©caritĂ©, rĂ©duire le temps de travail. Bien sĂ»r il va falloir retrouver nos libertĂ©s publiques, nos droits dĂ©mocratiques et soumettre la police Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral plutĂŽt qu’aux ordres des profiteurs. Il est certain, enfin, que les mots du pouvoir sont des manipulations et que lorsqu’on entend « _rĂ©publique_ Â» dans la bouche d’un ministre, il faut comprendre soumission politique.

Toutes les forces du mouvement social s’accordent sur le fait qu’il faut agir, et qu’il faut agir vite. Nous savons d’expĂ©rience que les profiteurs ne lĂącheront que ce que nous aurons Ă©tĂ© capables de leur arracher. Le progrĂšs social et dĂ©mocratique ne peut passer que par le recul de la classe dominante car nos confrontations politiques ne sont pas assises sur des divergences de points de vue mais sur des divergences d’intĂ©rĂȘts. Le dialogue social et la concertation sont des fables et elles n’endorment plus que les bourgeois auxquels profite l’ordre des choses. Les autres savent qu’il faut lutter.

Nous redisons qu’il faut voir les choses en face, le temps du compromis de classe, de l’état providence, de la redistribution d’une partie des profits par le capital sous forme de salaires est derriĂšre nous. Les capitalistes ne veulent plus partager. Leur projet, c’est de tout prendre et de nous faire taire par la force grĂące Ă  la mise en place d’un Ă©tat policier 2.0.

La pĂ©riode est historique, parce que la situation est critique. L’urgence impose de rompre avec les illusions politiques. Ce systĂšme capitaliste n’est pas rĂ©formable, car il porte en lui la logique de profit qui est une logique de mort. En transformant en marchandise tout ce qu’elle touche, la classe dominante nous prive de l’essentiel. Et, pourtant, nous voulons vivre. La survie ne nous suffit pas.
Nous savons aujourd’hui qu’il en va de la question sociale comme des questions environnementales ou sanitaires, il faut dĂ©truire le capitalisme avant qu’il ne nous dĂ©truise.

Nous, rĂ©volutionnaires, voulons changer les structures sociales, car nous savons que nous pouvons vivre, travailler, produire, Ă©changer sans ĂȘtre dominé·e·s ou « _managé·e·s_ Â» par les capitalistes et leurs « _cadres_ Â» gardes-chiourmes. Le mouvement ouvrier rĂ©volutionnaire a crĂ©Ă© les mutuelles, les services publics, les protections des salarié·e·s, les coopĂ©ratives, la sĂ©curitĂ© sociale, la dĂ©mocratisation de la culture et de l’éducation. Nous produisons dĂ©jĂ , par notre travail, l’ensemble des biens et des services nĂ©cessaires Ă  l’existence de toutes et de tous. Nous pouvons gĂ©rer les usines, les chantiers, les services sans les actionnaires parasites, les bureaucrates et les PDG. C’est mĂȘme le seul moyen de produire localement et de façon responsable les biens nĂ©cessaires aux populations.

Si nous voulons des masques et des mĂ©dicaments, de la nourriture saine, des hĂŽpitaux qui soignent sans compter et des Ă©coles qui ne soient pas des casernes, si nous voulons travailler tous, toutes, moins et autrement_ ; si nous voulons dĂ©cider des affaires qui nous concernent, il est cent fois plus raisonnable de rĂ©quisitionner les usines et de les gĂ©rer nous mĂȘme que d’attendre que les capitalistes prĂ©fĂšrent la vie Ă  la rentabilitĂ©.

Notre mĂ©thode est donc toujours la mĂȘme et elle est d’une urgente modernitĂ©_ : l’auto-organisation sur nos lieux de vie et de travail, la grĂšve expropriatrice et la reprise des moyens de productions et d’échanges. C’est nous qui produisons tout, nous devons prendre conscience de notre force car notre tache est de refaire le monde avant que le capitalisme ne nous Ă©touffe. Nous avons tout fait, nous pouvons tout refaire. Seule la bourgeoisie qui possĂšde tout et ne sait rien construire a peur des ruines. Nous n’avons pas peur de dĂ©truire ce monde car nous avons dans le cƓur un monde nouveau.




Source: Cnt-f.org