Fondée en 2015 se définissant elle-même comme « souverainiste, profondément gaulliste », la Cocarde étudiante est la nouvelle vitrine, sur certains campus, des tenants d’un rassemblement des droites réactionnaires. Le groupuscule profite des mouvements sociaux pour infiltrer les AG ou faire le coup de poing.

En octobre 2015, le site d’information antifasciste La Horde nous annonçait la naissance de la Cocarde étudiante, énième avatar du « syndicalisme » étudiant d’extrême-droite. Son credo, dans la lignée d’un Zemmour ou d’une Marion Maréchal-Le Pen : le rassemblement des droites à l’extrême-droite.

Comme d’ordinaire, la Cocarde défend des valeurs propres à la droite dite classique : sélection accrue, rejet de l’« égalitarisme », etc., mais assume très directement, ce que ne faisait pas l’UNI (l’Union natio­nale inter-universitaire, syndicat étudiant de la droite dure proche de LR) ses accointances avec l’extrême droite. Plusieurs de ses membres sont également membres ou proches du RN ou de Philippot. C’est donc sans surprise que l’on retrouva dans la manifestation anti-PMA du 6 octobre dernier un cortège de la Cocarde qui regroupait nombre de petits réacs derrière une banderole bleu-blanc-rouge « Les étudiants de France contre la PMA ». Mais ce groupuscule ne se contente pas de paisibles marches dominicales.

Fachos, hors de nos facs !

Lentement ce groupuscule s’implante dans différentes facs. Ainsi, suite aux élections du 17 octobre 2019, la Cocarde étudiante obtient-elle deux élus (et deux suppléants) dans deux instances de l’université de Paris-Nanterre. Le mouvement social en cours contre le projet de réforme des retraites offre malheureusement un nouveau champ d’expression à ces apprentis fascistes. C’est ainsi qu’ils se sont montrés dans plusieurs AG de différentes facs ces dernières semaines profitant du nombre pour tenter de perturber leur bon fonctionnement.

S’ils créent le trouble par leur seule présence, les membres de la Cocarde s’efforcent de présenter une image modérée. Dans un renversement des normes, les actions à leur encontre seraient ainsi même la preuve de leur censure par la « bien-pensance » de gauche.

Mais en bons petits réacs les membres de la Cocarde ne cherchent qu’à en découdre physiquement avec celles et ceux qui s’opposent à leurs valeurs nauséabondes. En mai 2018, des membres de la Cocarde et de l’Action française (groupuscule royaliste) attaquaient les sites Malesherbes et Clignancourt de l’université Paris-IV alors en lutte.

Cette attaque faisait suite à celles perpétrées à Montpellier, Strasbourg et Lille, lesquelles étaient alors directement encouragées par un des cadre du RN, Louis Alliot. Le 12 décembre, c’est encore aux côtés de l’AF qu’ils ont violemment attaqué des étudiant·es mobilisé·es contre le projet de réforme des retraites et la dégradation des conditions de vie des étudiant·es. Restons vigilant·es et mobilisé·es contre toutes les tentatives de l’extrême-droite pour s’implanter et détruire les mouvements sociaux dans nos lieux d’études et nos lieux de travail. Antifascistes tant qu’il le faudra !

Commission antifasciste de L’UCL


Article publié le 21 Jan 2020 sur Unioncommunistelibertaire.org