Décembre 8, 2021
Par Rennes Info
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La famille de Mariam et Ekaterine Silagadze est arrivée en France en 2018. Mariam, 18 ans, et Ekaterine, 8 ans, sont toutes les deux scolarisées à Rennes, respectivement en première au lycée Bréquigny et en CE2 à l’école du Colombier. Tandis que Mariam bénéficie d’un titre de séjour « Étudiant », sa petite sœur Ekaterine et ses parents ont reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français. Déboutée du droit d’asile, la famille est menacée d’expulsion.

Les conséquences d’une expulsion seraient désastreuses pour toute la famille. Le père de Mariam et Ekaterine a subi une greffe du foie qui nécessite un traitement médical introuvable dans son pays d’origine. Et pour Mariam, il est inenvisageable de rester en France, isolée de sa famille et sans ressources suffisantes pour y vivre et poursuivre ses études.

Un recours a été déposé au Tribunal administratif pour contester l’Obligation de Quitter de le Territoire Français.

SUD Éducation 35 dénonce cette décision inhumaine. Inhumaine au regard de la situation médicale du père. Inhumaine car l’État français n’a pas à imposer une séparation des membres d’une même famille même si l’enfant est un·e jeune majeur·e.

Nous défendons le respect de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant qui stipule que ’dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.’

L’intérêt de Mariam et de sa petite sœur Ekaterine est de pouvoir poursuivre leur scolarité et leurs projets d’étude en France et d’avoir des parents en bonne santé qui puissent leur garantir protection et stabilité.

SUD Éducation 35 exige l’annulation de l’obligation de quitter le territoire français et la délivrance d’un titre de séjour pour toute la famille.

Plus largement, SUD Éducation 35 revendique la régularisation de toutes les personnes sans-papiers et le droit à l’école pour tou·te·s, indépendamment du statut.

Lien vers la pétition mise en ligne par un collectif d’enseignant·es du lycée Bréquigny et RESF 35 :

https://reseau-resf.fr/Mariam-doit-rester-a-Rennes-avec-sa-famille-annulation-de-l-OQTF-de-la-famille?var_confirm=urpXLboq#sp2040

SUD Éducation 35 Solidaires

Témoignages de violences sur les lycéen·nes à Bréquigny le vendredi 21 mai

Témoignage 1 :

« Vendredi 21 mai, blocage du lycée Bréquigny organisé par les lycéens militants de ce dernier. Les grilles principales du lycée étant ouvertes et impossibles à condamner (mesures mises en place par l’administration de Bréquigny), nous avons décidé de bloquer à l’aide de poubelles. Nous avons remonté et nous en avons collectés une demi-douzaine. Nous sommes ensuite descendus par la grande route qui mène à l’entrée principale du lycée. Nous nous sommes retrouvés face à deux camions de police, qui ont accéléré. De peur de se faire écraser, on a lâché les poubelles. Des policiers sont aussitôt descendus des camions en hurlant et en frappant les poubelles avec leur matraques télescopiques. Ils nous ont couru après. Voyant un.e camarade en difficulté, j’ai foncé vers lui.elle pour lui porter soutien et éviter l’embarcation.

Je me suis fait.e maîtrisé.e par deux policiers, dont mon agresseur. Je n’obtempère pas de suite, et je leur crie de me lâcher. Là, le policier à l’origine des abus me dit ’bouge pas, j’vais te défoncer’. Il me le répète plusieurs fois. Il se contrôle à peine, il est très violent. Les deux policiers me traînent de force derrière un arbre et me disent que de cette façon ’ils (les autres militants) ne prendront pas de photos’. Le policier qui m’avait menacé m’attrape par le col et presse son bras sur ma gorge. Je suis coincé.e contre l’arbre. Le policier m’attrape violemment l’entre-jambe et commence à me toucher. Ça a duré un moment qui m’a semblé extrêmement long, il m’a dit ’t’aime ça p’tite salope’. Sa haine est palpable. Je suis tétanisé.e, je lui dis d’arrêter de me toucher, il continue. Il me dit ’au moindre geste, j’te pète les dents’. Il n’arrête pas de me répéter qu’il va me ’tringler’ et qu’au moindre geste il me ’démonte’. J’ai laissé tomber l’idée de me défendre, il est visiblement en colère. Il ne le cache pas. Pendant ce temps, son collègue fouille mon sac. J’entends des remarques sur le genre associé au prénom présent sur ma carte d’identité. Jusqu’au moment où j’ai eu le droit de ramasser mes affaires éparpillées sur le sol, le policier n’a pas cessé de me coincer contre l’arbre avec son bras en me répétant : ’juste un geste et j’te pète les dents’. Quand il a enfin dû lâcher prise, il m’a fait savoir que si il me revoyait il me violerait, ’si j’te revois, j’te tringle, j’te démonte’. Pendant toute l’interpellation, il n’a pas cessé de me rabaisser, de me faire comprendre que je n’étais rien et que je méritais chaque chose qu’il a fait, et me menaçait de faire. Tout cela en insultant ma ’famille de connards’ au passage. J’insiste sur l’omniprésence de la vulgarité de ses propos, de la violence dans chacun de ses gestes. En particulier l’attouchement qu’il m’a fait subir. Je suis mineure et je m’en souviendrai. Ma colère est légitime, la sienne ainsi que ses gestes sont injustifiables. »

Témoignage 2 :

« Avec une amie, on est arrivé vers 7h20 à l’arrêt Félix Eboué et en descendant du bus on a vu d’autres élèves avec des barrières. On est allé les voir pour savoir s’ils avaient besoin d’aide et on a vu une voiture de police arriver. Arrivé à notre niveau, les portières se sont ouvertes alors que la voiture n’était même pas complètement arrêtée et 4 policiers sont sortis et ont directement dégainé leur matraque, alors que nous étions loin du lycée et que nous n’avions rien fait qui méritait une intervention. Les autres élèves sont partis en courant et mon amie n’a pas bougé. Je l’ai attrapée et on a marché entre les policiers. Nous avons eu extrêmement peur de nous faire taper alors que cela ne faisait même pas 5 minutes que nous étions là. En passant, on les a entendu dire « Alors, ça court les petites putes » et rigoler, en parlant des autres élèves. On a eu de la chance et c’est triste de le dire. Je ne sais pas ce qui est arrivé aux autres élèves. »

SUD Éducation 35 soutient la mobilisation lycéenne et exige l’arrêt des violences et menaces à l’encontre des élèves mobilisé.es.

Notre syndicat exige qu’aucune répression, policière ou administrative, ne s’exerce sur les élèves qui défendent à raison leurs droits et leurs revendications.

Nous demandons la suppression de la plainte à l’encontre de l’élève arrêtée vendredi dernier.

SUD Éducation 35 Solidaires




Source: Rennes-info.org