Alors que l’Action française s’est une fois de plus illustrée samedi au Mans (nous y reviendrons sous peu), on a lu sur le FB de D’ailleurs Nous sommes d’Ici 67 un compte rendu d’une attaque la semaine dernière à Strasbourg :

Le jeudi 12 décembre vers 12h15, un groupe d’une quinzaine de militantEs d’extrême droite, principalement des membres du groupuscule de l’Action française, mais aussi de la Cocarde étudiante, ont violemment attaqué les étudiantEs de Strasbourg mobiliséEs contre la réforme des retraites et la destruction de leurs conditions d’étude et de vie.

Strasbourg : attaque fasciste sur le campus, les étudiante·s ne sont pas seule·e·s !

Crédit photo: Jeune Garde Strasbourg et captures d’écran fb

Malgré la violence de l’attaque et son caractère clairement prémédité, les étudiantEs ont tenu bon pour tenir le blocage alors en cours et l’opération de cette milice s’est heureusement soldée par un échec. Beaucoup ont reçu des coups, notamment à la tête. Une camarade étudiante et syndicaliste à Solidaires, élue étudiante au conseil d’administration de l’université de Strasbourg, s’en sort avec 7 jours d’arrêt de travail après avoir reçu des coups de chaise !

L’Action française Strasbourg publiait peu après un communiqué risible et mensonger dans lequel Guillaume Staub, étudiant en histoire et en théologie, prétend avoir « brisé le blocage » et revendique fièrement sa participation à cette sinistre expédition. Nous ne pouvons pas croire que l’université de Strasbourg et son président Michel Deneken ne réagisse pas fermement en instruisant des procédures disciplinaires contre les agresseurs et pour exclure cet individu violent et dangereux.

Strasbourg : attaque fasciste sur le campus, les étudiante·s ne sont pas seule·e·s !

Crédit photo: Jeune Garde Strasbourg et captures d’écran fb

Depuis plusieurs mois, les attaques de l’extrême droite se multiplient sur le campus : tags nazis devant la fac de droit le 1er novembre, multiples agressions notamment au Palais universitaire contre des étudiantEs identifiéEs comme antifascistes. Mais ce n’est pas tout. En 2019, deux cimetières juifs ont été profanés dans le bas-Rhin, des dizaines de tags nazis, antisémites et antimigrantEs ont été découverts sur des centres d’accueil de réfugiéEs, des écoles, des mairies, domiciles d’élus, l’Hôtel de la rue à Koenigshoffen. Au soir du second tour des élections présidentielles de 2017, une manifestation contre Macron et le Pen était attaquée par un commando d’une vingtaine de fascistes du Bastion social. Quelques mois plus tard, ce même groupe ouvrait un local dans le quartier de l’Esplanade, entraînant un regain de violence dans le quartier. Des étudiantEs avaient notamment été passéEs à tabac sur le campus en mars 2018 après avoir décollé des affiches nationalistes et racistes du Bastion social.

L’aggravation des contre-réformes néolibérales et de l’offensive islamophobe, le renforcement de l’État autoritaire et policier et l’existence d’un parti fasciste électoral qui a fait plus de 10 millions de voix en 2017 sont des éléments centraux de la période que nous vivons. À mesure que les principaux arguments de l’extrême-droite sont validés et repris par la classe dominante, les fascistes trouvent la confiance de passer de la parole aux actes. C’est pourquoi nous assistons aujourd’hui à un regain de la violence de l’extrême-droite, non seulement contre les blocages étudiants et lycéens, mais également contre les musulmanEs, les migrantEs, les personnes LGBTIQ, les militantEs de gauche etc.

Le poison du fascisme, du racisme, du nationalisme et de la division doivent être activement combattues par la classe ouvrière organisée, à commencer par les syndicats, mais aussi par toutes les forces indépendantes et démocratiques que comptent notre société. Les fascistes doivent trouver en face d’eux un mur infranchissable.

Le fascisme est le pire ennemis des étudiantEs et des travailleurEs organiséEs. Les étudiantEs agresséEs doivent savoir qu’ils ne seront jamais seulEs, qu’iels trouveront toujours parmi nous un soutien sans faille et que l’extrême-droite ne sera jamais la bienvenue, ni à l’université, ni dans nos manifs, ni dans nos grèves, ni dans nos quartiers.

Le combat continue, dès à présent dans la grève et la mobilisation, le mardi 17 décembre aux côtés des syndicats et des travailleuses et travailleurs en lutte, des gilets jaunes, et le mercredi 18 décembre à 18h place de la Gare pour la journée internationale des migrantEs.

D’Ailleurs nous sommes d’Ici 67


Article publié le 16 Déc 2019 sur Lahorde.samizdat.net