Par STPo {JPEG}

Quel meilleur endroit qu’un comptoir de bar pour croquer l’air du temps, les névroses du boulot, les incompréhensions sentimentales, les grands discours politiques sans lendemain ? C’est ce théâtre du bistrot sur fond rouge qu’a choisi STPo (sûrement un pseudo ?) pour dérouler une grosse centaine de strips illustrés de façon minimaliste. Les lecteurs et lectrices de CQFD les connaissent bien : des dizaines ont été publiés dans nos colonnes entre 2016 et 2018. Ils sont désormais disponibles dans un livre [1], qui contient moult inédits.

Dans ces saynètes, la communication du quotidien se révèle un sport aussi délicat que le lever de coude. « Les gens confondent souvent liberté de parler et obligation d’écouter… », commente un limonadier blasé. Contrairement à ce patron de bistrot qui fait semblant de prêter attention aux déboires d’un client qui « a perdu deux orteils dans l’affaire », mais « qui s’en sort bien », rien n’échappe à l’œil sarcastique de STPo : ni les mignonnes hypocrisies, ni les vaines illusions. « La tendresse va-t-elle fissurer le pessimisme cynique de l’époque  ? », se demande l’auteur. Sans oublier l’humour qui, à travers ces sketches, redonne à la banalité ses lettres de noblesse.

Mathieu Léonard

Article publié le 28 Juin 2020 sur Cqfd-journal.org