DĂ©noncer les violences sexistes touchant plusieurs femmes au sein de H&M GBC Logistics, l’entreprise qui assure le flux entre les entrepĂŽts et les magasins H&M, peut coĂ»ter cher. La reprĂ©sentante de la section syndicale (RSS) SUD est en train d’en faire l’amer constat. Depuis 3 ans maintenant, notre reprĂ©sentante lutte pied Ă  pied pour mettre fin aux agissements sexistes dans l’entreprise.

Jeudi 08 octobre, elle a Ă©tĂ© convoquĂ©e pour un entretien prĂ©alable Ă  licenciement. Ce qui lui est reprochĂ© ? Avoir transfĂ©rĂ© un mail du CSE sur sa boĂźte mail personnelle. Ce transfert mettrait en danger H&M en divulguant ses projets stratĂ©giques


Cette accusation est un simple prĂ©texte pour se dĂ©barrasser d’une lanceuse d’alerte.

Des insultes courantes et répétées

En 2018, la section SUD de H&M rapportait un Ă©chantillon des propos qu’avaient eu Ă  subir certaines femmes, dont nous reprenons une partie ici :

Des insultes, proférées publiquement contre des salariées, parfois en présence de responsable.

Pute ! Karba !

Des remarques sur les physiques des femmes, sur leur tenue, une fois en prĂ©sence de la Responsable RH lors d’une rĂ©union.

« C’est le moulin rouge ici, on se croirait au moulin rouge Â»

« Une femme ne vaut pas un homme. Avec vos nichons, vous vous prenez pour qui ? Â»

« On aimerait bien avoir de la chair fraĂźche, on en marre des vieilles peaux Â»

Des gestes sexuels, comme cet homme qui met ses mains dans son caleçon et fait mime de se masturber devant une femme de l’entreprise (sous les camĂ©ras de surveillance).



Une direction qui punit les victimes et protĂšgent les agresseurs !

Non contente de ne pas rĂ©agir, l’entreprise a tentĂ© de licencier notre RSS, ce Ă  quoi l’Inspection du Travail puis MinistĂšre se sont opposĂ©s aprĂšs enquĂȘte. SalariĂ©e protĂ©gĂ©e par son statut de RSS, l’entreprise a alors contestĂ© son droit Ă  reprĂ©senter le personnel : le Tribunal d’instance de Bobigny a dĂ©boutĂ© l’action de contestation de la qualitĂ© de reprĂ©sentante de section syndicale. Deux ans d’acharnement juridique contre notre camarade qui n’ont pas suffi. Cela continue avec la convocation Ă  un nouvel entretien prĂ©alable Ă  sanction disciplinaire. Et tout cela mĂȘme au moment oĂč l’Inspection du Travail diligente une enquĂȘte au sujet des agissements sexistes au sein de l’entreprise.

Notre combat : en finir avec les agissements sexistes !

Notre camarade est une lanceuse d’alerte ! C’est la premiĂšre femme de l’entreprise Ă  avoir dĂ©noncĂ© ouvertement les attitudes sexistes de plusieurs personnes au sein de H&M GBC Logistics. Nous savons aujourd’hui que plusieurs femmes sont concernĂ©es et ont tĂ©moignĂ©.

Une Direction qui couvre les auteurs et s’acharne sur les victimes en utilisant le moindre prĂ©texte pour les rĂ©duire au silence, c’est une Direction complice !

Nous ne lĂącherons rien et prĂ©voyons dĂ©sormais d’organiser dans les prochains jours des mobilisations devant les magasins H&M pour faire connaitre la situation ! L’union syndicale Solidaires appelle les camarades de H&M dans le monde entier Ă  dĂ©noncer les pratiques sexistes et la rĂ©pression syndicale de H&M Logistics au Bourget.

Pour soutenir notre camarade, Ă©crire Ă  [email protected]es93.org


STOP SEXISM in H&M Logistics !

Denouncing gender-based violence against several women within H&M GBC Logistics, the company that transports clothes between warehouses and H&M stores, can cost a lot. The representative of the local branch for trade union SUD-Solidaires is making the bitter observation. For 3 years now, our representative has been fighting to put an end to sexist acts in the company.

On Thursday, 08 October, she was summoned for an interview before forced dismissal. What is she accused of ? To have transferred an email of the joint consultative committee to her personal email inbox. This transfer would endanger H&M by disclosing its strategic plans according to the company. But this accusation is a simple pretext to get rid of the whistleblower.

Repeated insults on a common basis.

In 2018, the SUD section of H&M reported a sample of the comments that some women had had to endure, some of which weinlude here.

Insults, publicly uttered against female employees, sometimes in the presence of managers, such as “bitch”. Remarks about women’s appearance, about their outfit, once when the HR manager was present at a meeting. « it’s the moulin rouge here Â» (referring to a famous parisian cabaret) « A woman isn’t worth a man, with you titties who do you think you are ? Â» « we want fresh meat, we are tired of you old cunts Â» Sexual gestures like this man who puts his hands in his underwear and pretends to be masturbating (under CCTV)

A management team who punishes victims and protects perpetrators.

Not only did the corporation not do anything, but it also tried to fire our representative. The Work Ministry opposed it after investigation. Protected by her status of representative, the firm tried then to oppose her right to represent the workers. The firm’s complaint was dissmissed by a tribunal.

Two years of juridical persecution against our comrade were apparently not enough. The company keeps going, summoning her to a interview before forced dismissal interview. This, when at the same time labour law enforcement authorities are conducting an investigation about sexist behaviorsin the company.

Our fight : the end of sexism !

Our comrade is a whistleblower. She is the first woman of the company to have openly denounced the sexist behavior of several people inside H&M GBC Logistics. We know today that several other women have testified.

A management team that covers up for the perpetrators and keeps attacking the victims, using every single pretext at hand to silence them is a complicit management team !

We will not give up and we plan now to organize gatherings in front of H&M’s stores in the coming days to shed light on this situation.

Trade Union Sud/Solidaires is calling comrades around the world to denounce the sexist actions and the repression against our trade union representative inside H&M Logistics in Le Bourget (near Paris). To support our comrade you can write to [email protected]


Article publié le 13 Oct 2020 sur Solidaires.org