Mr Roger Didier et une partie de sa famille, personnes propriĂ©taires de la maison “Chez Roger” situĂ© 3 cours du Vieux Moulin Ă  Gap, nous assignent au tribunal dans dix jours : le 13 octobre Ă  10h30. Ils

demandent une expulsion immĂ©diate sans dĂ©lai afin de rĂ©cupĂ©rer des bĂątiments laissĂ©s Ă  l’abandon depuis plusieurs annĂ©es. La question que tout le monde se pose est : que vont-ils en faire ?

Probablement les laisser dépérir comme les années précédentes, aucun projet sur ce

terrain n’est en cours…

Y’a t’il donc nĂ©cessitĂ© Ă  demander une expulsion immĂ©diate et ainsi mettre une cinquantaine de personnes Ă  la rue, en pleine pĂ©riode oĂč les nuits commencent Ă  ĂȘtre rudes et au moment oĂč la deuxiĂšme vague du covid s’intensifie ?

Il est regrettable de voir un maire s’acharner Ă  mener une politique d’exclusion et rĂ©actionnaire lĂ  oĂč l’inclusion et la solidaritĂ© pourraient ĂȘtre une force pour la ville de Gap. A ce petit jeu Mr Roger Didier n’est pas le seul joueur de la partie. L’occupation de cette maison fait suite Ă  l’expulsion illĂ©gale du CĂ©saĂŻ, oĂč la prĂ©fĂšte Mme Martine Clavel et l’huissier Mr Scarcella ont volontairement transgressĂ© la procĂ©dure juridique en toute connaissance de cause. Nous rappelons que ces personnes sont assermentĂ©es et sont des reprĂ©sentants de l’État.

Ce nouveau lieu d’hĂ©bergement d’urgence permet de mettre Ă  l’abri des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes. Il leur offre un toit, un lieu oĂč dormir, un accĂšs Ă  l’eau, Ă  des sanitaires, Ă  une cuisine. C’est un lieu oĂč la solidaritĂ© peut se mettre en place et oĂč de nombreuses

associations peuvent intervenir (RĂ©seau HospitalitĂ©, Restos du Coeur, EmmaĂŒs, MĂ©decins du Monde…), mais aussi des particuliers apportant leur aide : dons de nourriture, de vĂȘtements et de mobilier, permanence mĂ©dicale, aide administrative…

Rappelons encore une fois que “Chez Roger” pallie aux carences d’un État qui ne prend pas entiĂšrement ses responsabilitĂ©s, et d’une ville qui ne le fait pas non plus. En effet, le maire de Gap a refusĂ© la crĂ©ation de structures d’hĂ©bergement, considĂ©rant qu’il y en avait dĂ©jĂ  assez sur la commune alors que celles-ci ne rĂ©pondent pas aux besoins actuels. La rĂ©alitĂ© et l’urgence de la situation dans laquelle se trouvent les habitant-e-s mettent en Ă©vidence une flagrante contradiction entre les paroles du maire de Gap et les fausses bonnes actions de la prĂ©fecture.

A quelques jours de l’hiver, il n’est pas tolĂ©rable que des personnes se retrouvent Ă  la rue. Nous exigeons que les Ă©lus prennent leurs responsabilitĂ©s. A dĂ©faut d’avoir des propositions correctes venant d’eux, nous avons travaillĂ© sur un projet concret pour lequel nous sommes prĂȘts Ă  nous mettre autour d’une table pour en discuter.

Une chose est sûre, expulser ne résoudra pas les problÚmes mais ne fera au contraire que les aggraver.

Reste aux dĂ©cideurs de savoir ce qu’ils veulent : un vrai lieu d’accueil avec un projet carrĂ©, ou voir fleurir des bidonvilles aux quatre coins de la ville.

Faites vos jeux !

Les habitant-e-s de chez Roger

Et l’Amicale Roger’Social


Article publié le 11 Oct 2020 sur Mars-infos.org