réponse du collectif SövKiPeu aux autorités locales persistant dans l’inaction et l’inhumanité et justifiant cette position par des propos approximatifs, tendancieux et irresponsables.

Communiqué de Presse

Nous avons pris connaissance du courrier de Monsieur le Maire de Reims adressé aux riverains du terrain de football de la rue Henri Paris, où vivent des demandeurs d’asile dans des conditions précaires et insalubres. Si nous comprenons que cette situation puisse être inconfortable pour les habitants de ce quartier, nous rappelons que les responsables de cette situation ne sont pas les personnes qui survivent mais la Mairie et la Préfecture. Par ailleurs le Sous-Préfet a signifié un refus de dialoguer avec le collectif. Ces représentants avancent un argumentaire populiste susceptible d’attiser des positions et des actes discriminatoires et violents.

Contrairement à ce qu’affirment ces deux autorités, les occupants ne sont pas en « situation irrégulière » sur le territoire français, il n’appartient pas plus au Maire qu’au Sous-Préfet de prononcer des verdicts hasardeux. Des procédures administratives, susceptibles de voies de recours, existent aussi bien en droit européen qu’en droit interne.




Effectivement, le logement des demandeurs d’asile relève de la compétence de l’État, qui en l’espèce a fait le choix de bafouer la Loi en laissant des humains vivre dans des conditions d’une extrême précarité. Néanmoins de nombreuses mairies françaises ont pris l’initiative de s’impliquer dans cet accueil et de pallier la négligence illégale de l’Etat Nous constatons hélas que le sens de l’hospitalité du Maire repose sur une logique d’exclusion, et se résume à saisir la justice dans le seul but de procéder à des expulsions de familles. Ce projet politique relève tout simplement d’un manque d’humanité.

Enfin, en vertu des pouvoirs de police du Maire, le service communal d’hygiène et de santé veille à l’application des règles et dispositions qui permettent de protéger la santé publique sur le territoire de la commune. Il serait aisé d’organiser un cordon sanitaire afin de permettre à ces quatre-vingt occupants de vivre dans des conditions minimales d’hygiène et d’avoir accès à de l’eau en attendant un hébergement digne de ce nom.

Nous regrettons ces propos, tout comme ces pratiques, qui visent à stigmatiser des populations vulnérables et nous rappelons que de nombreux mineurs vivent sur ce campement ainsi que des personnes nécessitant des soins médicaux : cinq refugié(e)s sous dialyse, une jeune femme atteinte d’un cancer, sans évoquer tous ceux qui ont subi des traumatismes graves. Dans ces conditions le collectif Sövkipeu continuera à apporter son soutien. Nous sommes profondément convaincus qu’il ne s’agit pas d’une crise migratoire mais d’une crise de l’hospitalité.


Article publié le 13 Sep 2019 sur Reimsmediaslibres.info