Solidaire avec l’ensemble des travailleurs et travailleuses, la Confédération paysanne de Touraine continue de soutenir le mouvement social en cours. Pour être solidaire et équitable, le futur système de retraite doit corriger les inégalités de la vie active et garantir l’égalité entre les femmes et les hommes. Une revalorisation immédiate des pensions les plus basses, une retraite plancher quel que soit le parcours professionnel et un plafonnement des plus grosses pensions sont indispensables. Pour préserver notre protection sociale, il faut mettre un terme à l’évasion sociale et fiscale qui affaiblit son financement.

Opposée à la logique d’optimisation sociale et fiscale largement à l’œuvre dans le monde agricole, la Confédération paysanne se positionne au contraire clairement pour une protection sociale forte, équitable et solidaire, basé sur la solidarité : un vrai système par répartition. Ce qui se joue ici ce n’est pas une question de solidarité inter-générationnelle, c’est la question de la maîtrise de la valeur, et de la rémunération du travail plutôt que du capital. Sans un réel système par répartition, les paysan·nes se retrouvent dans la nécessité absolue de réaliser ce capital en fin carrière, en vendant leur ferme à prix fort pour compenser des montants de retraites misérables. Et cela se transforme bien souvent en impasse à l’heure de la transmission de la ferme, quand celle-ci est trop chère pour être reprise.

Pour une véritable transition énergétique, agricole et industrielle

La convergence entre la Confédération paysanne et les autres syndicats mobilisés vise une lutte globale contre le modèle de société qu’installent les gouvernements libéraux depuis des décennies. Cette convergence dépasse largement la question des retraites et s’inscrit dans la lignée de l’appel commun à « une véritable transition énergétique, agricole et industrielle », lancé le 19 janvier dans le Journal du dimanche par la Confédération paysanne, des ONG environnementales et sociales (Greenpeace France, Attac, Oxfam), ainsi que la CGT, Solidaires et la FSU. Ces organisations appellent ensemble à « barrer la route, collectivement » aux projets du gouvernement qui ne protègent pas l’environnement et ne vont pas dans le sens d’une plus grande justice sociale.

Au-delà du soutien politique, la Confédération paysanne avait invité les paysan·nes à soutenir concrètement la lutte en livrant des produits paysans en don ou à prix coûtant. Ces dernières semaines, cet approvisionnement solidaire a ravitaillé des piquets de grèves et un banquet populaire le 27 décembre dernier à Tours où des centaines de repas ont été servis. Cet appel sera renouvelé à l’avenir, car ces moments de solidarité et de convivialité sont autant d’occasions pour tisser des liens entre les revendications urbaines/rurales, production/alimentation. C’est grâce aux ponts entre mangeurs et paysans que nous pourrons défendre collectivement une nouvelle politique agricole et alimentaire qui réponde enfin aux enjeux sociaux, environnementaux et climatiques. Il faut travailler ensemble à un changement de modèle agricole et de société, pour la Confédération paysanne l’un ne va pas sans l’autre.


Article publié le 24 Jan 2020 sur Larotative.info