Que leur reproche-t-on ? Soutien aux prisonniers politiques, participation à la fête de l’humanité et au défilé du 1er mai, participation à des concerts militants, le tout sous le drapeau de leur parti, le Front populaire de Turquie, démocratique et légal en France comme en Turquie. Le problème ? La France le lie systématiquement aux activités de l’organisation armée du DHKP-C, considérée comme terroriste par l’Europe et les États-Unis.

Mais c’est pour les mêmes raisons, en toute connaissance de cause, qu’elle les avait acceptés au titre de l’asile auparavant, parce qu’on sait le niveau de répression de la Turquie fasciste contre les militants de gauche ! La participation à des activités terroristes est une clause d’exclusion à l’asile, c’est bien donc qu’une enquête avait été menée et que Zehra KURTAY et Veli YATI ne représentaient pas de menace pour la France. Puisqu’aucune autre donnée sérieuse n’a été ajoutée à leur dossier, comment la France justifie-t-elle ce revirement ?

Zehra et Veli n’en sont pas à leur première déconvenue avec la justice française, et on déjà payé le prix fort pour rester ce qu’ils sont, des militants étrangers en exil. En 2012, un procès de l’absurde, tenu sur la base d’informations données par des indicateurs turcs et de notes blanches de la DGSI, sans aucune preuve formelle, les a condamnés tous les deux à des peines de 4 et 3 ans de prison. Zehra KURTAY avait alors déjà passé 9 ans en prison en Turquie pour ses activités de rédactrice en chef d’un journal de gauche, c’est pour cette raison qu’elle avait cherché protection en France ! Quant à Veli Yati, c’est alors qu’il était incarcéré à la maison d’arrêt de la Santé qu’il a obtenu son statut de réfugié politique ! Une fois sorti, l’État voudrait lui reprendre ? Est-ce que les décisions des juges de la Cour nationale du droit d’asile comptent encore pour quelque chose ?

Depuis une loi de 2015 sur l’antiterrorisme, nous constatons que les militants réfugiés politiques sont victimes d’une répression sans précédent de l’État français qui voudrait les contraindre à arrêter toute activité politique. Mais on n’arrête pas du jour au lendemain d’être militant.

Pour les soutenir, passez les voir à leur table, tous les vendredis, samedis et dimanches après-midi à la porte Saint-Denis, et signez la pétition. La résistance s’organise. Cette fois-ci, nous ne les laisserons pas nos camarades militants seuls et isolés face à l’État, stop au harcèlement contre les militants réfugiés politiques ! Restitution immédiate des titres de séjour !!