Soutien aux victimes de harcèlement sexuel, à quoi joue l’université Paul Valéry ?

Ce vendredi 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, plusieurs associations féministes ont décidé de réagir concernant la politique de l’université Paul Valéry Montpellier 3 dans l’accompagnement des victimes d’agression et de harcèlement sexuel.


Soutien aux victimes de harcèlement sexuel, à quoi joue l’université Paul Valéry ?
Ce vendredi 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, plusieurs associations féministes ont décidé de réagir concernant la politique de l’université Paul Valéry Montpellier 3 dans l’accompagnement des victimes d’agression et de harcèlement sexuel. Nous rappelons que ce vendredi soir à 18h, une marche militante et festive partira des marches de l’Opéra Comédie à Montpellier.

Soutien aux victimes de harcèlement sexuel, à quoi joue l’université Paul Valéry ?

« Je trouve malheureux que le Scum [syndicat étudiant] instrumentalise les victimes en les poussant à porter plainte systématiquement. »

« Il faut que les victimes sachent à quoi elles vont s’exposer. Nous vérifions leurs preuves, car c’est là tout le problème. Nous pouvons faire appel aussi à un médiateur académique, pour plus de neutralité. »

C’est en ces termes que s’exprimait la responsable de la Mission Egalité de l’université Paul Valéry dans la presse locale en novembre 2017, en pleine vague de libération de la parole concernant les agressions et harcèlement sexuels dans la société.

Suite à cette déclaration publique, des élus étudiants avaient saisi les instances de l’université Paul Valéry afin de signaler que la tenue de tels propos constitue une infraction à la Loi.
La responsable en question avait alors porté plainte contre l’association étudiante pour « diffamation ». Une plainte classée sans suite par le Procureur le 30 janvier 2019, donnant ainsi raison à l’association étudiante, qui a demandé par la suite que cette responsable, chargée de l’accompagnement des victimes d’agression, soit suspendue. Il apparaissait effectivement que la défense de victimes de harcèlements et agressions sexuelles sur le campus ne pouvait se faire par une personne assumant publiquement le fait d’entraver les démarches visant à sanctionner les agresseurs.

En réponse, la direction de l’Université Paul Valéry Montpellier 3 a proposé, lors du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU), une motion de soutien à la responsable en question. Ainsi, l’université, en tant qu’institution, apporte son soutien à une responsable qui enfreint délibérément la loi en appelant les victimes d’agression sexuelles à ne pas porter plainte.

En cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous nous indignons qu’une institution publique fasse ainsi bloc contre les victimes d’agression et harcèlement, et nous appelons l’université Paul Valéry Montpellier 3 à revoir sa politique.

Les victimes méritent mieux que l’omerta, et les agresseurs ne méritent pas l’impunité !

Les éfFRONTé-e-s (Association féministe & LGBT), CLEF Montpellier (Collectif de Luttes Etudiantes Féministes de Montpellier), CLEF Mirail (Collectif de Luttes Etudiantes Féministes de l’université Toulouse le Mirail), NRJKIR (collectif féministe & queer de l’université Paris 8), SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier)

Soutien aux victimes de harcèlement sexuel, à quoi joue l’université Paul Valéry ? Lire le communiqué sur le site du syndicat étudiant : https://combatuniversitaire.wordpress.com/2019/03/08/soutien-aux-victimes-de-harcelement-sexuel-a-quoi-joue-luniversite-paul-valery/