Décembre 2, 2020
Par La Rotative (Tours)
201 visites


La 2ème vague d’épidémie est descendante et l’on se prend à espérer enfin souffler pour reprendre une vie sociale et familiale, sortir du confinement et de ses coercitions insupportables. Mais en même temps, nous nous inquiétons de l’insuffisance de prise en compte des personnes âgées, et des personnes qui les soignent comme si elles étaient quantité négligeable. C’est un phénomène qui date de dizaines d’années et qui apparaît plus évident pendant cette crise.

Dans cette deuxième vague, les patients reçus en rĂ©animation sont plus jeunes, 50 – 60 ans, ce qui n’empĂŞche pas ces services d’être en tension par manque de personnel formĂ©. La pĂ©riode entre les 2 pics n’a pas permis de former des personnels pour la rĂ©animation parce que les effectifs Ă©taient tendus pendant les vacances avec aussi la nĂ©cessitĂ© de rattraper le temps perdu pour les soins qui ont Ă©tĂ© reportĂ©s.

La rĂ©animation n’est pas adaptĂ©e pour les personnes âgĂ©es, nous dit-on, c’est un argument qui peut s’entendre mais alors qu’on donne les moyens Ă  ces lieux de vie de les soigner et non de mettre en difficultĂ© le personnel en lui demandant de faire l’impossible. Que ce soit pour leur donner une chance de passer le cap ou de les accompagner dans leurs derniers moments, il faut du personnel qualifiĂ© et qui ne passe pas son temps Ă  courir !

Dans notre dĂ©partement, de nombreux EHPAD ont Ă©tĂ© touchĂ©s, notamment les plus gros : Puygibault Ă  Loches (144 rĂ©sidents positifs sur 207) a eu 23 dĂ©cès, la rĂ©sidence Debrou Ă  JouĂ© les Tours (32 cas le 16 novembre sur 234 rĂ©sidents) a eu 9 dĂ©cès, la Maison de Beaune Ă  Ballan a eu 65 patients positifs sur 116 rĂ©sidents et 13 dĂ©cès sans compter les soignants dont un certain nombre ont Ă©tĂ© atteints par la maladie, Ă  la Vasselière Ă  Monts 29 rĂ©sidents positifs sur 120 et 5 dĂ©cès . Certains facteurs structurels favorisent l’ampleur de cette crise et de la contamination comme l’augmentation de la taille des Ă©tablissements pour Ă©conomiser sur les coĂ»ts qui favorise la concentration.

Autre facteur favorisant, les quotas de personnel scandaleusement insuffisants par rapport aux patients, dénoncés depuis plusieurs années. Ils sont tels qu’après un gros effort avec la première vague, le personnel n’en peut plus et fuit les métiers du soin, les écoles ont du mal à recruter.

Le manque de personnel pĂ©renne amène un turn-over d’intĂ©rimaires ou de personnels de tous bords et pas forcĂ©ment avec la qualification adĂ©quate. Les agences d’intĂ©rim n’ont jamais Ă©tĂ© autant sollicitĂ©es. Les personnels appelĂ©s Ă  la rescousse viennent de tous les horizons, intĂ©rim, Ă©lèves, autres services et pas forcĂ©ment avec la formation adĂ©quate. Pour y pallier, la DGOS Direction GĂ©nĂ©rale des Soins en octobre a proposĂ© une formation d’aide-soignant « en 15 jours Â» pour toute personne non-soignante qui le dĂ©sirerait pour combler les trous… ce qui a fait bondir les professionnel.les

Avec la pénurie, les personnels positifs asymptomatiques ont pu être encouragés à venir travailler. Les jours de carence pour maladie ont été remis depuis le 18 juillet, encourageant à venir travailler même avec de petits signes.

Que ce soit dans les EHPAD ou à l’hôpital, la vision à court terme empêche de prendre en charge une telle crise sanitaire. Il est impossible de favoriser une politique libérale et de prévoir en même temps des services publics avec des moyens pérennes en lits et en personnel pour les éventuelles crises. Non, il faut toujours éviter les coûts dits superflus pour permettre de rentabiliser et de faire du profit. Les conséquences humaines et économiques ne peuvent être anticipées dans un système qui ne voit qu’en terme de coûts et profits.

La crise de COVID n’a fait qu’accélérer des problèmes qui existaient et les fonds mis pendant la pandémie ne servent pas à inverser la tendance. Les mesures du COVID en termes de revalorisation salariale ne suffisent pas pour empêcher la fuite des professionnels du soin. Nous n’acceptons pas qu’une partie de la population soit délaissée et le personnel avec. Il est urgent de reconsidérer la prise en charge des personnes âgées en mettant des moyens pérennes et de respecter le personnel qui s’en occupe, en EHPAD, à domicile, à l’hôpital. Nous soutenons la demande des personnels pour une revalorisation salariale qui permettrait aussi de faciliter les recrutements.

Un rassemblement aura lieu le jeudi 3 décembre à 15h devant la préfecture pour réclamer les 183 € de revalorisation pour les exclus du Ségur dans le social et médico-social, les soins à domicile.

Nous appelons la population Ă  venir les soutenir.

Ils nous soignent nous ou notre famille, soutenons-les !




Source: Larotative.info