L’ami K est convoqué en audition libre mercredi 9 août à 9h00 à la gendarmerie de Briançon, suite au flagrant bienfait d’aide aux exilé·es voulant vivre en France. Nous vous demandons de venir le soutenir et de soutenir ainsi la cause de chaque exilé·e.

L’ami (K) est convoqué pour un flagrant délit de transport d’exilé·es et refus d’obtempérer à un contrôle routier. C’est d’une audition libre qu’il s’agit, mais le cas n’est pas anodin. Elle fait suite à une garde à vue de 6 heures, pour laquelle le dossier n’a visiblement pas été refermé. L’arrestation avait eu lieu le week-end d’ouverture du squat Chez Jésus (dans la nuit du 24 au 25 avril), dans une nuit particulièrement tendue avec des dizaines de personnes parties en désordre sur les pistes de Montgenèvre. Après quelques tergiversations, il a accepté/demandé du soutien, sans gloriole inutile pour les maraudeur·ses et parce que ce sont les exilé·es qui sont les véritables condamné·es.

Chaque jour, des milliers de personnes sont forcé·es à l’exil, confronté·es à la guerre, à la famine ou à la misère dans leurs pays d’origine. À leur arrivée, ici ou ailleurs, ielles sont enfermé·es dans des camps, harcelé·es et/ou victimes d’attaques xénophobes de la police et d’habitant·es de la vallée de Briançon.

Le passage d’une frontière n’est pas la fin du périple pour une personne exilée. Si dans les montagnes, les exilé·es sont traqué·es, violenté·es et refoulé·es jour après jour. Si la police ne se prive pas non plus de les dépouiller de leurs biens, de vider leurs téléphones des contacts essentiels, de voler leur argent. Une fois la frontière entre l’Italie et la France passée, la frontière entre elleux, avec ou sans papiers, mais toujours avec les mauvais papiers, la frontière entre elleux et nous avec nos bons papiers ne disparaît jamais et se transmet à leurs enfants. Ne l’oublions pas, que nous soyons à Clavières, Montgenèvre, Briançon ou Paris, les exilé·es subissent un régime d’exception qui ne leur laisse pas de répit : iels seront toujours traitées en indésirables par les politiques ; iels subissent, même après avoir obtenu un titre de séjour, le harcèlement des procédures administratives spéciales, de la police, et de chaque personne qui leur parle comme à une personne irrémédiablement différente, même en étant bien intentionnée. Ils et elles seront toujours du mauvais côté de la frontière.

Face à cette réalité, certain·es agissent car il est impensable de rester sans rien faire dans la région de Briançon comme sur les autres routes migratoires où les morts et les blessé·es se multiplient. Si chaque geste compte, un simple visage bienveillant à l’arrivée, une aide matérielle, si chaque geste est un moyen de mettre en échec la politique raciste et xénophobe des gouvernements européens, c’est d’abord chaque exilé·e qui combat dans son quotidien sans avoir le choix d’arrêter ou d’esquiver le combat. Chaque garde-à-vue, chaque audition, chaque procédure contre un soutien est un moyen de faire reculer l’aide reçue par les exilé·es, de faire peur et de gagner des points dans la bataille médiatique.

Notre réponse reste la solidarité avec ces personnes poursuivies, mais plus encore avec celles et ceux qui ont déjà tant perdu et subissent les conséquences des politiques gouvernementales, économiques, écologicides et militaires pilotées par les gouvernements occidentaux dans leurs pays.

C’est pour les exilé·es que nous sommes rassemblé·es devant la gendarmerie de Briançon.



Collectif Chez Marcel

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Source: http://mars-infos.org/soutien-aux-maraudeur-euse-s-et-3294 -