Octobre 3, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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Mi-aoĂ»t, alors que les Taliban venaient de reprendre le pouvoir en Afghanistan, le SNJ, membre fondateur de l’Union syndicale Solidaires, a Ă©tĂ© sollicitĂ© pour aider les journalistes afghans. Il a relayĂ© ces demandes d’évacuation auprĂšs de la cellule de crise du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres.

A ce jour, plus de 3 000 messages d’appels Ă  l’aide ont Ă©tĂ© reçus. Le SNJ a recensĂ© un peu plus de 800 noms de journalistes, dont 200 sont ceux de femmes, plus menacĂ©es encore et interdites de travailler par les Taliban depuis leur prise de pouvoir.

Sur place, le moral des journalistes afghans se dĂ©tĂ©riore de jour en jour. Une jeune journaliste a tentĂ© de se suicider il y a dix jours Ă  Kaboul. D’autres se demandent s’ils doivent encore espĂ©rer ou s’il vaut mieux en finir dĂšs maintenant. « Les tĂ©nĂšbres sont retombĂ©es sur l’Afghanistan Â», a dit l’un d’eux. Un photo-reporter a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© lors d’une manifestation Ă  Herat il y a deux semaines. Les Taliban menaceraient maintenant de l’exĂ©cuter.

Les Taliban viennent cogner aux portes des journalistes. Ces derniers changent de maison jour aprĂšs jour ou se terrent chez des amis. Aujourd’hui, certains parmi eux qui n’ont plus de travail depuis juillet ou aoĂ»t n’ont mĂȘme plus de quoi vivre.

Ces 800 journalistes sont jeunes pour la plupart, nĂ©s dans les annĂ©es 90. Ils ont grandi et vĂ©cu sous un rĂ©gime de libertĂ© et d’espoir. Ils pouvaient exercer leur mĂ©tier sans crainte. Ils ont utilisĂ© cette libertĂ© pour parler des Taliban, des menaces que leur progression faisait peser sur le pays tout entier. Les Taliban sont dĂ©sormais au pouvoir et font rĂ©gner un rĂ©gime de terreur, en muselant les journalistes.

RĂ©uni en congrĂšs du 27 septembre au 1er octobre Ă  Saint-Jean-de-Monts (VendĂ©e), l’Union syndicale Solidaires demande au prĂ©sident de la RĂ©publique d’honorer l’engagement qu’il a exprimĂ© lors de la prise de pouvoir des Taliban et par lequel il a affirmĂ© que la France protĂ©

gerait les Afghans les plus en danger, et notamment les journalistes.

Six semaines aprĂšs ces dĂ©clarations pleines d’espoir, l’Union syndicale Solidaires demande que les Ă©vacuations promises soient enfin organisĂ©es. Tous les journalistes afghans comptent sur la France pour les « sortir de l’enfer Â». C’est une question de survie.

L’Union syndicale Solidaires appelle ses structures, fĂ©dĂ©rations et Solidaires locaux qui le souhaitent Ă  verser leurs dons au Safety fund de la FIJ (www.ifj.org) pour leur venir en aide.

https://www.ifj.org/fr/faire-un-don.html





Source: Solidaires.org