Novembre 14, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Les conflits se suivent et se ressemblent dans les hĂŽtels, qu’il s’agisse d’établissements Ă©conomiques ou de prestige. C’est le cas actuellement de l’hĂŽtel Le Berri dans le 8Ăšme arrondissement de Paris. La cause ? Toujours la sous-traitance et ses dĂ©rives. Cette fois-ci c’est l’entreprise sous-traitante « Luxe et Traditions » (tout un programme!) qui est en cause.

Petit rappel historique : en 2015 une grĂšve dans plusieurs hĂŽtes de luxe menĂ©e par les femmes de chambre s’était terminĂ©e victorieusement en obtenant notamment pour ces salariĂ©es du nettoyage de nouvelles conditions financiĂšres, entre autres un 13Ăšme mois et une indemnitĂ© nourriture. Aujourd’hui prĂ©textant la fermeture de plusieurs Ă©tablissements du mĂȘme groupe (W OpĂ©ra et Marriot Rive Gauche) due Ă  la crise sanitaire, la sociĂ©tĂ© sous-traitante Luxe et Traditions (tout un programme!) , exige de ses salariĂ©-e-s (la plupart Ă©tant des femmes issues de l’immigration), de signer un avenant Ă  leur contrat de travail, par lequel elles renoncent Ă  ces avantages acquis il y a six ans. Celles qui acceptent de signer peuvent continuer de travailler, les autres, Luxe et Traditions les menace d’ĂȘtre mises « en absence injustifiĂ©e » et d’engager contre elles des procĂ©dures disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement pur et simple. À noter d’ailleurs que certaines de ses salariĂ©-e-s ne lisent pas, ou bien mal le français, et ont signĂ© cet avenant sans comprendre qu’elles renonçaient Ă  leurs acquis.

Les autres ont refusĂ© et ont entamĂ© une grĂšve. C’est pourquoi mardi 9 novembre elles Ă©taient rassemblĂ©es devant l’établissement oĂč elles travaillent habituellement (l’hĂŽtel Le Berri) pour protester et exiger le maintien de leur 13Ăšme mois et des indemnitĂ©s de nourriture.

Rassemblement consĂ©quent avec l’aide de leur syndicat CGT-HPE qui a conduit de nombreuses grĂšves victorieuses ces derniĂšres annĂ©es, et qui exige la fin immĂ©diate du harcĂšlement moral exercĂ© sur certaines salariĂ©es pour les contraindre Ă  quitter la sociĂ©tĂ© sous-traitante qui les emploie.

Le combat ne fait que commencer et les rassemblements vont se poursuivre. La grĂšve de l’hĂŽtel Ibis avait durĂ© 
 23 mois et s’était terminĂ©e par la satisfaction des revendications des femmes de chambre. La grĂšve de l’hĂŽtel Campanile au Bourget avait durĂ© 
 4 jours et s’était Ă©galement terminĂ©e par l’obtention d’avantages pour les salariĂ©es. Cette nouvelle lutte de femmes de chambre se terminera Ă  n’en pas douter par une nouvelle victoire contre la sous-traitance qui les surexploite.

RamĂłn Pino
Groupe anarchiste Salvador SeguĂ­




Source: Monde-libertaire.fr