Vendredi soir, environ 350 personnes ont défilé dans les rues du
centre-ville de Montpellier à l’occasion de la Pride de nuit
intitulée « Sous les paillettes la rage », sur un
parcours accessible aux personnes en situation de handicap. Les
collectifs à l’initiative de cette manifestation – Personae of
Color, Support Your Local Girl Gang, les Pavettes, le Pink Bloc 34 et
Baham Prod – ont tenu à organiser cette marche la veille de la
Pride officielle, notamment sponsorisé par Air France et la SNCF,
pour se démarquer de cet événement jugé en voie de
« marchandisation » : « Cette
marche des fiertés est vu comme un divertissement, et elle a perdu
de son caractère originel. Nous ne les considérons plus comme
légitimes et encore moins comme ayant leurs places dans nos luttes.
»
Les Prides sont en effet désormais bien intégrés au
calendrier festif des grandes métropoles, dont l’ambiance est à
mille lieux des origines
émeutières
des premières marches. Les organisateurs dénoncent
le phénomène du « pinkwashing », qui pourrait se
définir comme la tendance, affectant notamment les institutions et
les entreprises, à percevoir le mouvement LGBTQI non pas comme un
terrain de luttes, mais plutôt comme un marché à conquérir. D’où
des slogans tranchants : « Plus de caresses, moins de CRS »
ou bien encore « Il
y en a assez de cette société qui ne respecte
pas les
trans’, les gouines et les pédés ! »

La banderole « stop aux mutilations des intersexes »
ouvrait le cortège, pour rappeler la situation souvent compliquée
de ces personnes nées avec des caractéristiques sexuelles ne
correspondant pas aux définitions binaires typiquement mâle ou
typiquement femelle, que ces caractéristiques soient visibles à la
naissance ou apparaissent plus tard au cours de la vie, notamment à
la puberté. Bien souvent, les intersexes subissent des opérations
chirurgicales et des traitements hormonaux sans leur consentement et
sans nécessité de santé.

Les revendications portent aussi sur la lutte contre le SIDA,
l’accès remboursé aux opérations et aux traitements pour les
personnes trans’ qui les souhaitent, l’ouverture de droit à la
procréation médicalement assisté à toutes ou bien encore le
respect de la dignité des personnes incarcérées et de leurs droits
à avoir un accès aux traitements, y compris hormonaux.

Le Pink Bloc, cortège « féministe, anti-patriarcal, anti-raciste, anti-capitaliste, anti-fasciste et anti-étatique », s’est donné rendez vous à la Pride officielle, qui partira ce samedi à 14h30 du parc du Peyrou.


Article publié le 20 Juil 2019 sur Lepoing.net