Octobre 23, 2021
Par Rebellyon
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Un centaine de « caméra de protections individuelles » en cour de déployement au sein des contrôleurs et agents de sécurité SYTRAL / TCL sur le réseau de transport « en commun » lyonnais. Face à la crise sociale, toujours plus de surveillance et de contrôle.

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“Dès qu’il y aura un problème, on averti l’usager qu’on va déclencher l’enregistrement. Au moment où l’on active la caméra, ça enregistrera 30 secondes avant, puis jusqu’au moment où on désactive l’enregistrement”, explique Pierre-François Héritier, chef de bord du réseau Keolis Lyon. Les nouvelles caméras portatives qui vont équiper les agents de contrôle et de sécurité du réseau TCL filmeront donc en permanence, mais les images ne seront enregistrées uniquement au bon vouloir des agents. Si le débat du bien fondé des caméras-piétons peut être posé, es-ce qu’il protège ou non les populations contre l’arbitraire de l’autorité qui la porte (police, armée, contrôleur) ? Au SYTRAL, la question a été résolue assez simplement en pervertissant totalement le principe. Les caméras seront déclenchées uniquement par les agents, il leur sera donc facile de ne les déclencher uniquement quand les images vont dans leur sens, et d’« oublier » de les déclencher quand ils le souhaitent. Pierre-François Héritier précise que ces caméras seront activés “dans les cas d’agressivité, d’outrage, menaces et violences, lors de risques ou situations particulières ou à la demande de l’usager“, on attend de voir. De plus “une information orale lors du déclenchement doit obligatoirement être faite par les agents aux personnes filmées”, les images quand à elle ne seront accessibles qu’à “certaines personnes habilitées”, entendez là le personnel du Sytral et les forces de police.

Non, ce n’est pas au pouvoir de surveiller, ou non, ces propres exactions !

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« On a constaté une dégradation depuis le confinement. Avec une agressivité plus forte. On essaye de reprendre le contrôle », indique le président écologiste du Sytral et de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard. Tu m’étonnes, le prix des transports ne fait qu’augmenter depuis 30 ans, entre 2000 et 2019. Le prix du ticket est passé de 1.22 euros à 1.90 euros, soit une augmentation de presque 60% en vingt ans. Les salaires ne suivent pas [1] et les transports en commun deviennent, petit à petit, un luxe pour les classes populaires. La crise économique et sociale provoquée par la pandémie du COVID ne fait qu’aggraver une situation déjà prégnante dans la vie de beaucoup. Frauder est devenu une nécessité pour de plus en plus de lyonnais.es. Mais plus les conditions économiques se dégradent, plus les outils de surveillance, de contrôle et de flicage répondent avec force. En vingt ans on a vu s’installer les portiques dans le métro (2006), l’installation de caméra dans les bus/trams/métros, l’augmentation du nombre de contrôleur. La réponse est presque systématiquement répressive. Si l’abonnement « Solidaire Gratuit » est un premier pas, celui-ci reste insuffisant et ne règle pas la question de la surveillance et du fichage. Biper, même gratuitement, pour prendre les transports, non merci ! Au lieu d’augmenter éternellement l’appareil répressif, la solution simple et efficace pour réduire drastiquement les violences dans les transports, ce serait d’arrêter toute politique de chasse aux pauvres et de surveillance de masse en rendant les transports publics « public » justement, en stoppant la privatisation des transports en commun, et en les rendant gratuit pour tous.tes.




Source: Rebellyon.info